BRÉSIL - Première partie
Rio JOUR 1 :
Arrivés aux alentours de 8h à l’aéroport de Rio, nos priorités sont simples : récupérer nos sacs de randos filmés, faire du change, trouver un taxi peu cher qui nous déposera devant la porte de notre auberge. Au loin, nous apercevons, sur les tapis roulants, un des deux sac. Le deuxième est juste derrière ; un bonne chose de réglée. Les deux autres objectifs sont atteints après une heure et demi de demande, de négoce et de réponses négatives aux racoleurs ambulants. (nous n’aurions pas du changer notre monnaie à l’aéroport ! ). Sur la route, nous observons les premiers détails d’une ville qui est gigantesque ! Conduite très sportive voire dangereuse, favelas reculées, jeunes hommes aguichants les conducteurs sur le périphérique, grandes tribunes du carnaval restaurées et chantiers non terminés : le changement est radical ! Bem-vindo [« baïvindou »]
Lorsque nous arrivons à « l’auberge-hôtel » (ils appellent ça « guest-house ») la chute de tension est cruelle. Nous prenons le temps pour se poser après cette nuit de voyage : nous sommes à Rio !

Nos affaires sont déposées en lieu sûr mais nous repartons de plus belle visiter le quartier de Botafogo ! Nous descendons jusqu’à Copacabana et sa plage mythique ou de beaux rouleaux nous attendent. Ces quartiers sont assez tranquilles au niveau sécuritaire mais il y a toujours du bruit et une circulation importante. Des petits vendeurs au coin de rue, des deux roues déambulant sans prévenir passant même au feu rouge de temps en temps, un nombre incalculable de taxis jaunes... Traverser la route est une petite aventure ! Notre énergie domptée par notre spontanéité nous permettra de réfléchir avant d’agir : Ne pas se balader quelques heures en claquettes au risque d’avoir des ampoules !
Rio JOUR 2 :
Après une très bonne nuit bien méritée, nous mangeons un bon petit déjeuner à base de jambon, fromage, fruits et café. La température est déjà de 26°, il est 10h. Nous avons décidé pour cette journée de visiter les quartiers du Centro, le boulevard Olympique, Santa Teresa et Lapa : une bonne rando nous attend. Nous chaussons nos souliers et on s’empresse de descendre vers la station de métro de Botafogo.
Une forte odeur de nourriture se fait sentir, l’air est pesant, les nuages s’effacent pour laisser place au ciel bleu. L’achat du ticket est une petite blague puisque la caissière parle portugais uniquement. Nous comprenons vite que nous n’avons pas le sésame escompté puisqu’il est à usage unique. Lorsque nous rentrons dans le wagon, la clim est puissante, le changement de température est hallucinant, la prochaine fois nous prendrons une petite laine.
En sortant du métro, nous nous dirigeons vers le boulevard olympique. Le quartier est différent de tout ce que l’on a pu voir jusqu’à présent. Des buildings immenses nous entourent, des routes géantes face à nous et toujours autant de circulation. Arrivés près du museum of tomorow l’air est de plus en plus chaud, fort heureusement nous avons pensé à prendre de l’eau. La vue est magnifique de l’arrière du musée où nous contemplons la baie de « Guanabara » et le pont « Rio-Niterói » qui mesure 13,3 kms de long. Nous prenons quelques photos et avançons vers les graffitis du boulevard. Ce large espace moderne de Rio est une belle réussite. Les graffs’ permettent au lieu de rester nostalgique alors que les grands halls ocres s’étendent à perte de vue. Nous marchons un bon bout de temps sous ce soleil de plomb.
Quelques heures plus tard nous changeons de cap : direction le quartier de Santa Teresa et ses hauteurs. Pour atteindre cette colline remplie de battisses colorées nous prenons l’ancien tramway de Rio : Le Bonde ! Ce véhicule archaïque jaune nous emmène dans les hauteurs de la ville en passant par les Arcos de Lapa (que nous verrons après, en descendant). La vue est surprenante pleine de contraste. Le coté des affaires et le coté du peuple. Le train monte à fier allure et s’arrête de temps à autre pour déposer ou récupérer des passagers locaux. Arrivé au centre du quarter de Santa Teresa, on se regarde étrangement.

Comment va-t-on faire pour se repérer ? Notre carte ne dévoile aucun nom de rue et c’est un véritable labyrinthe ! On monte, on redescend. Au passage on croise une petite mamie devant sa maison et ses sculptures en métal représentant deux silhouettes humaines. Finalement, on s’en sort bien puisque nous arrivons à l’Escadaria Selaron que nous voulions absolument voir. C’est une œuvre d’art de 215 marches dont chacune est recouverte de mosaïques colorées dédiées aux brésiliens. SPLENDIDE ! On ne se rend pas tout de suite compte de l’ampleur de cet escalier car nous le descendons. Le spectacle n’en est que plus grand au fur et à mesure. Nous arrivons finalement dans le quartier de Lapa. En sortant d’une petite rue nous voyons au loin un immense viaduc : Les Arcos de Lapa ! Cette œuvre est de toute beauté tant par sa couleur blanche que par sa démesure. Nous ne restons que peu de temps dans les envions. On décide de partir à Flamengo en métro, c’est tout près de notre auberge. Flamengo est tranquille, nous profitons d’une passerelle pour aller sur la plage. La vue est aux petits oignons : cette gigantesque baie de Guanabara et le mythique Pao de Acucar ! On ne demandait pas mieux pour finir la journée.
Rio JOUR 3 :
« Une belle habitude de se réveiller sous une température appréciable » : c’est la réflexion que l’on se fait après avoir descendu les escaliers pour prendre notre p’tit dej ! Les réponses négatives du couchsurfing nous ont plombé un peu le moral et il faut absolument que nous achetions une carte sim locale. En voila une bien belle idée ! Surtout qu’il est difficile de s’en procurer puisque les commerçants sont réticents à l’idée de vendre à des étrangers (selon le Routard ou le Lonely Planet). Mais que nenni ! En deux heures de temps après avoir visité deux boutiques de téléphonie, parlé franglais, portugnol, portuglais et rencontré de jeunes guides, fan de l’ingénierie française (Jeux Vidéo;) ), en plein Rio : nous avons notre récompense. Nous pourrons communiquer avec un numéro brésilien (très pratique pour plein de choses : les taxis notamment ! ). L’heure tourne puisque, au préalable, nous avons testé nos vestes coupe-vent ! En sortant retirer de l’argent des chutes d’eaux torrentielles se sont abattues sur nous. Nous étions les seuls en kaway, les touristes sont repérés à des kilomètres.
Une pause s’est alors imposée. Durant de longues minutes nous avons repris notre souffle alors qu’en même temps le soleil chassait les nuages épais installés depuis la matinée dans le ciel de Rio.
Une fois l’énergie retrouvée, la motivation décuplée nous avons décidé d’aller au firmament : El Corcovado!

Le Christ Rédempteur nous ouvrait les bras comme à tous les individus présents dans la mégalopole brésilienne. Nous avons pris note auprès de Eïo : En bus c’est très pratique ou en métro c’est facile aussi, les deux c’est génial, banco ! Nous voilà tout heureux en partance vers un nouveau vestige de Rio de Janeiro. Mais alors que les portes du métro se referme Sam a oublié toute les notes avec les numéros de bus, les arrêts et les rues à prendre. Impossible de faire demi-tour. On se regarde et on se dit que ça va être compliqué ! Et bien en fait pas du tout. Il faut savoir que la ville est énorme et qu’il est très difficile de s’y repérer mais la gentillesse des brésiliennes et des brésiliens fait la différence. Nous étions perdu à Santa Teresa, pas de soucis on nous a indiqué le chemin. Nous ne savons plus où nous sommes, aucun problème l’aide est toujours la bienvenue.
Nous sortons donc au bon arrêt -mémorisé par Mo- on avance sur la place où l’on nous saute dessus pour nous emmener sur le site. Nos réponses ne sont pas appréciées par nos interlocuteurs mais nous voulons prendre le bus. Nous réussissons à prendre la bonne ligne et le chauffeur nous dépose devant le trem. En effet nous avons opté pour le train plutôt que de le faire à pied. La rando est sympathique sauf quand vous croisez des gens armés qui vous dépouillent. On n’a pas réfléchi longtemps.
Le Trem est une grosse carcasse rouge qui rumine d’une force assez impressionnante. En même temps nous comprenons mieux pourquoi quand nous voyons le chemin que nous empruntons. Un truc de malade. En quelques seconde nous voici au-dessus de la ville tirés par cette machine infernale. Grace aux conseils de Mo ( encore oui ! ) nous sommes idéalement placés : à droite quand il monte. Exceptionnel ! ! ! Tout est une question de montée en puissance. Les préliminaires du train qui grimpe pour nous offrir petit à petit nos premiers émois, et tout cela est crescendo jusqu’à l’orgasme final quand nous arrivons en haut à plus de 700 m d’altitude. Le tour est vite fait mais c’est tellement beau que l’on grappille chaque minute, chaque seconde, afin de comprendre et voir l’impensable. Moment mythique où une maman française dira à son enfant : « Prends le temps d’observer et garde ça en mémoire, tu es à Rio et tu n’y retourneras peut-être jamais ! »
Merci madame, nous sommes conquis !

Le retour est aussi palpitant que l’aller mais nous optons pour le bus seulement. Les conducteurs sont de vrais pilotes : il doublent à droite, s’insèrent sans demander la permission, s’arrêtent au milieu de la route, font une pause- bus bondé- pour s’acheter à manger mais ils voient qu’on est en galère alors quand c’est le bon arrêt il le crie dans tout le bus ! Pas discret mais tellement adorable ! C’est comme à l’aller, trop drôle ! Lorsque nous rentrons, nous savourons notre première Caïpirinha soigneusement préparée par Eïo de l’auberge. Notre direction est trouvée pour les jours à venir : Ipanema, le Pao des Açucar, ses plages et ses restos brésiliens.
Rio JOUR 4 :
C’est notre dernier réveil dans notre première auberge. Nous avons décidé d’y rester une nuit de plus car l’ambiance, l’atmosphère et l’accueil nous ont convaincu de rester. Nous préparons nos affaires, tapotons deux trois lignes sur le site et demandons un taxi. Changement de cap donc : Direction le quartier d’Ipanema. Changement aussi d’auberge où nous explorons notre dortoir de 12 lits pour 15 m² ! Plusieurs nationalités sont présentes : Brésilienne, péruviennes, américaine, uruguayenne, et donc nous français. Ce n’est pas simple pour communiquer mais on se débrouille tant bien que mal : « PSG is mierda ! We loves Cavani and el meillor team frances es FC Nantes ! ! ! » les amateurs de foot apprécieront ! Crise de rire assurée et quiproquos garantis mais un beau moment vécu. L’ambiance de l’auberge est totalement différente de l’autre que nous regrettons déjà. Mais le voyage sera long : nous devons nous adapter et faire des concessions.
Rio JOUR 5 :
Le réveil est difficile. Nous avons mal dormi avec les vas-et-viens continus de nos « colocs ». Il y a du vent dehors, les feuilles tourbillonnent en pleine rue. Huit heures du matin, le temps est venu pour nous de partir prendre un petit dej’ made in Brazil : Un beignet de poulet pour Sam et un pain jambon fromage pour Mo, nous finirons par quelques raisins et une banane chacun.
Nous nous dirigeons alors vers le Pao de Açucar en métro. A l’arrivée nous constatons ce que nous avions deviné de loin : deux montagnes de granits élevées à quelques 400 mètres de haut reliées par deux téléphériques pouvant porter 270 tonnes. Un véritable mastodonte.

Le trajet est rapide, il suffit d’une minute en téléphérique. Mo n’est pas très rassurée par l’apesanteur alors que Sam se moque gentiment d’elle. Ce monument terrestre est apparu après la dislocation des plaques que sont maintenant l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Asie, lorsqu’un ingénieur brésilien eu l’idée de rejoindre ses deux collines naturelles par téléphérique. Il fut pris pour un imbécile mais, visionnaire, il eu la faculté intellectuelle et technique de mettre en œuvre son plan grâce à sa pertinence et sa force de persuasion. Le projet fut financé, le Pao de Açucar allait devenir une fierté brésilienne et une image planétaire.
Lors de ces deux étapes il y a des points de vue sur 360°. Tout bonnement exceptionnel ! Sur le pain, au plus haut, il y a un chemin qui s’infiltre dans une végétation très dense, verte et silencieuse. Un moment de zénitude parfait.

Une fois revenu à taille humaine, nous voulons goûter l’eau. En effet on ne s’est pas baigné depuis notre arrivée. Au bas des pics, existe une petite crique du nom de Praia de Vermelho. Nous prenons place au milieu d’une population variée mais calme et en nombre restreint, l’inverse des grandes plages de renoms. Ce moment est des plus agréables, l’eau par contre est assez froide mais nous l’avons fait… En attendant de se bagarrer avec les rouleaux d’Ipanema et de Copacabana.
C’est alors que nous décidons de marcher jusqu’à notre auberge. Un petit échauffement de quelques heures en plein cagnard longeant les plages mythiques au milieu
de surfeurs, chanteurs et musiciens de samba, de danseurs, de jongleurs, de bars mais aussi d’odeurs parfumées, d’exposants et autres artistes. Un régal d’être immergés de la sorte, vivants, au milieu des autochtones.
Notre journée est bien remplie mais pas aussi bien que notre caïpirinha offerte par notre auberge. Samuel, fin négociateur en aura deux à l’œil, merci à Brent, coloc américain d’une soixantaine d’années bien sympathique. Nous terminons par un bon repas chez un asiatique brésilien défiant toutes concurrences . Il sera fermé demain matin, dommage ! Le ventre plein, nous sommes prêts à bien dormir, enfin on l’espère...
Rio JOUR 6 :
Notre matinée de ce sixième jour est consacrée au site et à la page Facebook. Nous publions nos récits et nos photos, nous le précisons, prisent avec un appareil photo numérique vieillissant. Notre soucis, en cette journée dominicale est de trouver un transport pour Paraty, notre prochaine étape. Nous étudions plusieurs pistes, la plus simple étant le bus. Notre « coloc » brésilienne Natasha nous propose ses services mais ce sera sans succès alors que nous sommes allés sur les plages demander aux différents guides s’ils accepteraient de nous déposer.

Au retour, elle s’arrête afin de se désaltérer avec une noix de coco ! Nous n’avons pas encore goûté pensant être écœurés. Natasha, ouvre alors ses grand yeux bleus clairs, se moque de nous spontanément en nous disant que c’est obligatoire d’essayer. Nous buvons donc dans sa noix et nous aimons : Deux minutes plus tard nous voici attablés avec notre découverte. La « coconut » est complétement différente de ce que l’on connaît en France et c’est très hydratant ! Mo a moyennement apprécié alors que Sam a adoré. Les vendeurs sont de véritables artistes pour préparer tout cela, ils coupent la noix de coco avec une énorme couteau afin de créer un trou et d’y insérer une paille. Une fois que l’eau est bue à l’intérieur, ils peuvent la recouper pour manger les restes qui se logent dans le fruit.
Nous partons ensuite, et oui, nous avons un bus à prendre demain matin ! En rentrant, avant de partir manger notre repas du soir, nous sommes repassés par l’auberge. Mo est montée seule à l’étage, déposer quelques affaires lorsqu’un brésilien interpelle Sam dans la rue : « regarde dans l’arbre, dit-il en portugais ! » Après quelques secondes d’hésitation Samuel constate l’impensable : un petit singe dans l’arbre ! Assez improbable en pleine ville, le petit mammifère gris et marron s’est baladé d’arbre en arbre, de branches en feuilles passant même sur les rebords de fenêtres ! Même les locaux étaient subjugués. Un moment hors du temps lorsque Mo revient : « Quoi j’ai raté ça ! Mince c’est pas possible en plus je viens de bloquer le cadenas !!! »(il nous sert à sécuriser nos affaires en dortoir).
Nous avons finalement trahi notre petit asiat’ brésilien, fermé pour cause de Sainteté en ce dimanche, pour une autre adresse dans le quartier. La nourriture n’est pas aussi mais bonne mais bon marché. Le pourboire de trois réals brésiliens que nous leurs laissons entraîne une euphorie jusqu’en cuisine que nous n’attendions pas ( 3 R$ = 0, 78€ pour rappel). Notre mission de la journée est réglée, on partira de l’auberge en Uber et on prendra le bus pour l’instant... sans ticket !

Trajet + Paraty JOUR 7 :
Dès 8h00 nous voila au taquet, prêts, avec nos backpacks sur le dos dans l’entrée de l’auberge à attendre notre taxi. Traces de coussin encore sur le visage, nous voulons prendre l’autocar de 9h00 en gare routière de Rio, à l’autre bout de la ville. Nous débarquons à 9h… on sautera dans celui de 10h. Pas grave mais nous avons quand même quatres heures de route. En repartant du guichet deux nouvelles : une bonne, une mauvaise. Nous partons finalement à 11h00 mais nous avons payé deux tiers du prix initial. L’attente fut rapide, mais en rentrant dans le car, le conducteur nous interpelle : « non, vous n’allez pas à Paraty avec ce billet ! » Ce à quoi non répondons « Si si c’est ce que nous avons demandé au guichet ! ! » Il appelle son collègue, ils ronchonnent entre eux, traitent de noms d’oiseaux les guichetiers et nous autorisent à monter dans le bus vers notre destination. Voilà pourquoi nous n’avions pas payé le prix imaginé, peut-être est-ce d’avoir parlé portugais en achetant nos billets… On ne saura jamais !
Le car qu’on prend est assez grand avec de larges sièges et un confort certain, bref, c’est la méga classe. A contrario, la clim est d’une puissance… Le moteur de celle-ci a chantée au-dessus de nos têtes pendant la totalité du trajet !
Le pied posé à Paraty le constat est cinglant : le Brésil est pauvre, le dépaysement est radical. Rio nous a paru pauvre pour des tas de raisons mais c’est une grande mégalopole et le tourisme est développé si bien que beaucoup d’arbres cachent cette forêt de la pauvreté. Dans la petite ville balnéaire de Paraty, rien ne masque la vérité. Les infrastructures, tout d’abord, qui sont archaïques, les habitations, en second lieu, qui sont en construction ou non achevées, et l’importance de l’apparence physique, finalement, semble disparue en comparaison avec la surenchère de Rio.
Le contraste avec la recherche de notre nouvelle auberge est géniale : les brésilien(ne)s sont super cool : en dix minutes à peine nous sommes « chez nous « » pour deux nuits. L’endroit est très sympa, avec des hamacs, une cuisine, un coin bar avec billard et baby-foot. A l’étage il y a des canapés recouverts de draps rouges qui rappellent les murs colorées.

Nous nous installons tranquillement et nous découvrons le village avec l’appareil photo. Le centre historique est d’une beauté à couper le souffle : vieux galets enfoncés dans le sol entourés de belle maisons blanches aux ouvertures de couleurs multiples. C’est très chouette mais le temps est menaçant. Nous sentons deux, trois gouttes et décrétons de rentrer pour manger un plat typique. Ce sera finalement un plat cuisiné par nos soins puisqu’un orage puissant retenti nous coupant l’envie de nous déplacer. On attend le soleil pour demain matin, les plages et îlots ont l’air paradisiaque.
Paraty JOUR 8 :
Huit jours que nous sommes au Brésil, le temps passe à une vitesse c’est assez dingue. Au réveil Mo se précipite à la fenêtre voir le temps. Sa figure décomposée donne à Samuel la réponse : le ciel est nuageux et nous ne pourrons explorer l’océan aujourd’hui. On se dit alors que s’il fait beau demain on restera une journée de plus !
Mais nous brûlons d’envie de voir davantage de cette mini citée. Dans un premier temps, nous pénétrons dans un musée gratuit pour admirer une exposition sur les indigènes, c’est très intéressant. De plus la vue offerte à l’étage est magnifique. Nous continuons ensuite vers les plages et escaladons une petite colline qui nous offre un point de vue admirable : la baie et ses petites îles posées sur la mer sur lesquelles dominent plateaux et montagnes dans le brouillard. Nous positivons de suite, on a de la chance de voir ça et d’être là.

Nous rentrons après quelques heures de balade en ayant ratissé la ville. Nous avons décidé de manger au restaurant et nous irons coûte que coûte : nous optons pour un resto au menu écrit en français (mais ce n’est pas pour cela qu’on le choisit, voir plus loin) : Arpoador !
Nous nous engouffrons alors dans la maison blanche aux ouvertures de couleurs. A l’intérieur, nous pénétrons dans un couloir ouvert par de grandes arches turquoises, formées de poutres poncées délibérément de manière discontinue. Le plafond haut en bois blanc domine cette pièce où un chanteur brésilien, avec sa guitare et sa voix aiguë, fredonne des mélodies locales en tapant du pied sur un vieux parquet marron. Le climat est parfait lorsque le patron nous demande où l’on veut se placer !
Surpris, nous tergiversons et choisissons une table au plus loin des clients déjà présents. Nous avons jeté notre dévolu sur ce restaurant pour ses « Moquecas », plat typique brésilien ! C’est une sorte de ragoût de poissons, crevettes, crabes et calamars, cuit dans un bouillon à base de lait de coco, accompagné de purée de manioc aux poivrons et de riz. Le tout est cuit dans un poêlon d’argile directement posé sur la table. Le dîner est délicieux, les saveurs sont incroyables et l’argile maintient le ragoût chaud tout au long du repas. Nous prenons chaud et nous resservons plusieurs fois. On se délecte d’un bon vin brésilien pour sublimer notre repas. Pour cette occasion nous sommes sur notre 31 : un ensemble de la tête au pied made in Décathlon ! ! ! Une très belle découverte pour un prix abordable.
Finalement, à la demande de Sam, nous décidons de boire un dernier verre et découvrons un bar ou les caïpirinhas sont à moitié prix !
Paraty JOUR 9 :
Nous persévérons et changeons d’auberge. Nous fonçons vers la plage où un dortoir nous attend pour notre dernière nuit dans la bourgade balnéaire. Le soleil pointe le bout de son nez et l’euphorie nous gagne. On descend manger, on remonte, un brin de toilette et nos sacs sont bouclés. Nous atteignons la nouvelle pension avec un brin de déception, les nuages ont refait leur apparition.
La suite de la journée est plutôt calme, la météo ne nous fait pas de cadeau. Après un moment tranquille sur la plage, en esquivant les gouttes sud-américaines, nous validons notre arrivée à Sao Paulo : Le frère de David, un ami, va nous accueillir ! Le réveil sera tôt demain nous partons à 9h40 pour 6h d’autocar.

Trajet + São Paulo JOUR 10 :
Le bus est un poil en retard mais nous prenons la route. Toujours autant de clim à l’intérieur sauf que cette fois-ci il y a moins de place pour les jambes surtout pour Samuel. Lorsque nous arrivons à São Paulo, nous vivons de nouveau un grand contraste : entre Paraty et cette cité gigantesque, il y a une différence d’environ 20 millions d’habitants ! ! !
Manu, le frère de David, un ami, a gentiment accepté de nous recevoir chez lui. Il nous a donné les indications afin de grimper dans les bons métros et choisir les bonnes lignes. 30 minutes après nous voilà ! Il nous ouvre les portes de chez lui où nous rencontrons sa femme Maïrana. Tous les deux vivent à São Paulo depuis 3 ans. Leur petite maison dans le quartier des artistes est très sympathique. Nous échangeons tous les quatre puis nous allons voir un coucher de soleil dans un parc fait de plateaux. C’est saisissant et la foule présente nous surprend ! Comme nous dit Manu : « Quand t’as une bonne idée dans une ville de plus de 20 millions d’habitants, beaucoup ont la même que toi ! »
En rentrant ils nous proposent une pizza paulista ! En effet São Paulo est une ville réputée pour les bonnes pizzas et plus de 4 millions sont englouties chaque jour ! On a compris pourquoi après avoir goutté trois pizzas différentes. Ce n’est pas comme en France où vous choisissez votre pizza. Ici on en sélectionne une pour tout le monde que l’on partage avant d’en commander une autre. La soirée s’achève chez nos hôtes, nous partons visiter le centre et l’avenue principale demain.
Sao Paulo JOUR 11 :
Nous avons un peu de mal à émerger ce matin et partons tard arpenter une des 10 villes les plus peuplées au monde. Bien aidés par les conseils avisés de Marie et Manu, nous partons vers le centre. A la sortie nous pensons être aux Etats-Unis ! !! Des grattes-ciels vraiment partout. Nous suivons notre plan, telles des ouvrières dans cette fourmilière géante !
C’est très impressionnant, il y a du monde dans tous les recoins et les bâtiments s’élèvent à chaque coin de rue. Nous espérons pouvoir monter dans un building afin d’admirer le panorama. Malheureusement, ils sont tous fermés alors que nous avons galoper pendant un long moment. Ici, marcher sur trois quatre rues peut prendre une vingtaine de minute, des fois plus ! Notre dernier recours est l’Italia Building : nous y arrivons et prenons même un verre au 41ème étage à plus de cent soixante mètres de hauteur. Nous prenons quelques clichés où la vue se résume ainsi : Des building à perte de vue. C’est surprenant et complètement dingue.


Nous descendons et voulons rejoindre l’avenue Paulista : Les Champs-Élysée de São Paulo. Rien de surprenant pour cette infrastructure renommée mais toujours cette impression de sur-dimension pour cette cité spectaculaire. En rentrant, après s’être perdu dans le quartier de nos hôtes, nous partons faire des courses. La soirée se poursuit autour d’une bonne caïpirinha préparée par Manu (avec sa recette secrète !) et un bon plat. Nous ne tardons pas, le départ sera tôt demain.
Sao Paulo JOUR 12 :
Deuxième réveil sur Sao Paulo, il est 7h15. Aujourd’hui nous partons tous les quatre en direction d’une petite maison perdue dans la forêt atlantique (et non tropicale mais ça y ressemble). On a hâte de découvrir ça, de plus, le temps nous est plutôt favorable. Après quelques minutes de retard nous partons en direction du marché, afin d’acheter de quoi préparer un moqueca. C’est une ligne droite dans la rue où les exposants se suivent, où les saveurs, les odeurs et les couleurs se mélangent.
Nous reprenons la route en direction de la forêt, où nous retrouvons le père de Marie qui nous attend au début d’un chemin en 4x4. Nous garons la voiture sur le côté et embarquons avec lui puisqu’il est impossible d’accéder à la maison avec un autre véhicule. Nous faisons une première halte au bord d’un lac artificiel. C’est alors que des guêpes énormes nous tournent autour : elles sont noires, jaunes ou oranges, nous suivent à la trace et sont agressives. Rien à voir avec celle de chez nous.

Ensuite nous arrivons à la maison, boisée, aux couleurs vives. Nous sommes conquis! On dépose nos affaires dans notre chambre, le parquet craque de partout, certaines planches se soulèvent. C’est assez original. Certaines poutres ou planches du plafond sont attaquées par les termites. Sandra (propriétaire des lieux) nous explique que c’est une maison qui a plus de 50 ans. La décoration est géniale, pleine de couleurs et atypique ! L’accueil est des plus chaleureux.
C’est l’heure de l’apéro : une caïpi-vodka avec ananas et citron faite par le père de Marie. C’est très bon mais très corsé. Nous mangeons l’entrée puis partons faire une balade à la découverte d’un autre lac et d’une cascade, en pleine nature. Le beau temps est encore de la partie mais ça risque de ne pas durer.
Arrivés à la cascade, Sandra s’est déjà baignée et nous montre le chemin pour pouvoir aller se faire masser. Sam ne tarde pas, se met en condition et rentre dans l’eau. De son côté, Mo hésite grandement mais décide finalement à en faire de même. L’eau est assez fraîche mais c’est exceptionnel. Nous en profitons pour se faire masser quelques minutes sous les chutes avant de retourner manger.

De retour à la grande « cabane », nous mangeons le fameux moqueca brésilien. Il est excellent et raffiné mais rien à voir avec celui dégusté à Paraty. Accompagné d’un vin rouge chilien divin, le plat est tout aussi bon, si ce n’est meilleur, un régal !
Après cela, nous allons, tous, nous reposer. Au réveil un violent orage retenti, on ne voit plus rien à 200 mètres. Nous sommes heureux d’en avoir autant profité dans l’après-midi.
Sao Paulo JOUR 13 :
Encore dans les bois, nous mangeons un très bon petit déjeuner humide sous la bruine locale, préparé par nos hôtes, nous nous régalons. Nous partons, et oui toute bonne chose à une fin, vers la mégalopole brésilienne.
Toujours sous l’influence de la forêt silencieuse, tranquille et paisible, les deux couples s’effondrent en cette après-midi dominicale. Mo regarde les bus et les avions pour les Chutes d’Iguaçu au Brésil pendant que Sam s’endort. Une fois réveillé, nous décollons vers la gare routière afin de réserver nos billets : ce sera finalement le bus et 15 heures de routes!
Billets achetés, nous filons rejoindre Marie et Manu, à côté du quartier de « Butanta », pour une fête locale de l’état de Sao Paulo : la festa do boi. L’ambiance est géniale, le quartier est possédé par cette réjouissance où ils se retrouvent plusieurs fois par an ! L’atmosphère est particulière, c’est comme si chaque participant vivait profondément le moment. Nous gouttons à des spécialités locales, regardons le spectacle et participons à la fête. Unique.
Sao Paulo, Trajet + Foz de Iguaçu JOURS 14 et 15 :
Nous descendons la rue pour faire un dernier tour du quartier avec l'appareil photo. Nous prenons plaisir à capter plusieurs clichés sympathiques des graffs' et des environs. La route va être longue, très longue. Nous migrons après un très bon moment passé chez Marie et Manu. Nous avons été merveilleusement reçus et nous les remercions encore pour leur accueil. Sao Paulo et ce moment en forêt hors du temps, nous n’oublierons pas ! Marie nous dépose aimablement au métro et nous voilà de nouveau « en la carretera » ! Le trajet prévu est de 16h00 à 7h25 le lendemain. Nous mangeons avant de grimper dans le bus et nous installons pour ce périple ! Pour être honnête , nous n’avons pas grand-chose à raconter de ce voyage dans le voyage, le premier d’une longue série. C’est interminable mais ça se fait et on a tous les deux réussi à dormir un peu donc malgré le retard on est plutôt enthousiaste !
La suite est plus intéressante, nous pensions à tors, que la ville était petite mais pas du tout ! Nous voici embarqués dans un bus pour rejoindre le centre de la cité. Quelques minutes auparavant, nous refusions un taxi qui était hors de prix ! Le bus nous dépose dans une autre gare, au centre, qui est réservée aux véhicules de la localité. Nous devons en intercepter un autre afin de rejoindre notre auberge. Chose faite en une poignée de secondes.
Le bus se remplit de manière importante. On observe, on analyse, c’est une navette qui va du centre en passant par l’aéroport pour se rendre aux Carataras (les chutes). L’appareil se bourre de monde gonflant à chaque arrêt, prêt à exploser. Nous sommes tous serrés dans cette boite de sardines qui roule à fière allure et… Nous ne savons pas où nous arrêter ! ! ! De plus nos backpacks prennent une place conséquente : Mo a placé son sac au sol et Sam le garde sur son dos.


Bref, la situation est cocasse et nous sommes un peu paumés ! Nous demandons à une salariée de la compagnie des bus de nous aider. En effet une précision s’impose : au Brésil, dans certaines villes, une fois entré dans le bus vous payez à un(e) guichetier(e)e votre ticket et elle/il vous laisse passer en déverrouillant le tourniquet situé dans le premier tiers du véhicule.
Revenons à nos moutons, elle ne comprend pas trop ce qu’on lui demande, tout comme nous avons du mal à traduire ses dires. Mais nous lui montrons l’adresse et le nom de l’hotel. Elle comprend et nous fait signe que c’est plus loin. Finalement le bus se vide un peu à
l’aéroport et lorsque notre arrêt approche la dame tire la corde, le bus s’arrête en freinant brutalement, et elle nous désigne le panneau de notre résidence. Au bout du chemin nous serons arrivés !
L’endroit est magnifique, perdu, en bordure de forêt et très calme. Par ailleurs nous sommes à quelques centaines de mètres de Parc National d’Iguaçu ! Parfait.
Nous surgissons au comptoir afin de préserver nos sacs et partir voir les chutes tant que le beau temps et la chaleur sont présents !
L’entrée du parc se situe à une dizaine de kilomètre des cascades, on y accède en bus et sur la route plusieurs options, non comprises dans le prix de base, sont proposées.
Arrivés aux chutes, notre vision est chamboulée, notre audition aussi, le spectacle naturel devant nos yeux est plus qu’impressionnant. Pourtant nous sommes encore loin mais elles sont nombreuses à droite et à gauche. C’est fou, notre premier mot doit être « WAHOU ! » et ce ne sera pas le dernier de l’après-midi ! Le second, enfin c’est une question, est : mais pourquoi l’eau est de cette couleur ? Sûrement à cause des précipitations se dit-on.

Après le spot uno, nous courons vers le secundo ! Encore plus près, encore plus de bruit, encore plus grand ! C’est incroyable. La suite est encore plus difficile à décrire. Le côté brésilien est moins beau que l’argentin... Et bien, nous attendons de voir ! Au fur et à mesure nous en prenons plein la vue et nous sommes aspergés d’eau aussi ! Trois heures d’émerveillement à n’en plus finir, il n’y a pas de mots. Un conseil : Allez voir ce spectacle grandiose si vous le pouvez.
L’instant magique maintenant terminé, nous fonçons vers le parc des oiseaux. Cet endroit fut créé dans les années cinquante pour sauver les espèces en voie de disparition et soigner les volatiles. Une très belle visite où l’appareil photo a (encore) chauffé. Nous aurons épuisé les trois batteries aujourd’hui !
En rentrant à l’auberge, on profite de la fin d’après-midi pour chasser. Des criquets géants ont investi notre chambre. Puis nous plongeons dans la piscine avant de manger et se coucher.
Quelle journée mémorable !

Foz de Iguaçu + trajet + Puerto Iguazu JOUR 16 :
Réveil en fanfare juste avant la fin du petit dej ! Nous bouclons nos sacs pour passer du coté argentin où 15 kms séparent les deux pays avec une heure de décalage ! La veille nous avions demandé les prix des transports qui nous avaient refroidi. C’est décidé, on tente le stop ! Cela fait quinze jours qu’on est en road-trip, on a envie d’essayer !
Nous voila positionnés, prêts à passer la frontière et retrouver une nouvelle « maison » pour deux nuits. Pouces en l’air sous une petite chaleur printanière nous avons confiance. 5 minutes d’attente, oui, pas plus, même peut-être un petit peu moins et une voiture s’arrête ! On est fou, on entre dans la voiture, il faut se faire comprendre, nous on veut aller à la frontière ! Chose faite puisque notre conducteur nous dépose devant. On est verni, le stop c’est génial.
On passe sans soucis le côté brésilien quand on tergiverse et que l’on retend le pouce de plus belle
On y croit. Deux minutes plus tard, nous voila embarqués dans un taxi argentin et il a bien compris, c’est gratuit ! ! ! On a du mal à y croire mais on cache un peu notre joie en essayant de parler et en le remerciant.
La suite sur la page Argentine !
