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ARGENTINE - 4ème et dernière partie 

ARG P4

Trajet + El Calafate JOUR 119 :

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La Patagonie c’est fantastique mais c’est surtout un nid à pognon. Après un réveil bien matinal, nous grimpons dans le bus de 7h. Nous ne tentons pas d’auberge, les prix sont hallucinants. Nous trouvons un camping pas trop mal et louons une voiture. Cela revient moins cher pour nous tous afin de faire la route pour le glacier. Voici un petit topo des dépenses histoire que vous compreniez bien le business ici : Camping 12€ + trajet aller retour pour le parc et glacier 40€ + entrée du parc 40€ et il faut manger un peu 16€. 108€ pour deux jours à deux ! Autant dire que cela ne nous rassure pas. Le Perito Moreno est à une heure et demie environ de la ville, c’est pourquoi les navettes existent. Nous réfléchissons à faire du stop mais louons finalement la voiture, tout le monde est gagnant. Nous préparons des sandwichs pour le lendemain et filons nous coucher.

El Calafate JOUR 120 :

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Nous décidons de partir tôt afin d’éviter les bus touristiques devant le glacier. La route est assez longue surtout quand on rentre dans le domaine du parc. Nous l’apercevons au loin, un monstre de glace gigantesque. Mais nous ne sommes qu’à des années lumières de voir tous les secrets cachés du Perito Moreno. Après s’être garés, nous commençons la visite par le haut du site, au loin nous distinguons les premières formes et les premières couleurs. Les sons incroyables dégagés par le glacier nous surprennent aussi. Nous nous rapprochons en utilisant les passerelles aménagées ! C’est bien conçu mais il y a déjà du monde présent sur le site.

Au fur et à mesure de l’avancée nous constatons que cette épaisse couche blanche est véritablement immense. 170 mètres de hauteur dont seulement 74 sont visibles ! Une largeur de cinq milles mètres et une longueur de 30 km, bref nous sommes émerveillés par ce spectacle hors du commun. Lorsque un craquement retenti c’est la stupéfaction espérant voir de la glace tomber dans l’eau ! Et oui, cette montagne de glace perd de nombreux blocs, laissant la neige durcit plonger dans l’eau limpide du lac. Cela n’empêche pas ce monstre de progresser, c’est l’un des rares à le faire, sur l’étendue d’eau. Lorsque Sam constate qu’il manque juste la chute d’une énorme plaque, celle-ci tombe juste devant nos yeux avec le vacarme qui va avec !

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Nous restons trois heures environs, empruntant les différents chemins, sur le site. Les jeunes veulent partir sur El Chalten en stop et nous profitons donc de la voiture pour les déposer à un endroit stratégique. Avant nous mangeons sur un mirador profitant une dernière fois d’un point de vue lointain du Perito Moreno.

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Une fois que nous nous retrouvons tous les deux, nous allons visiter le musée des glaciers. Une manière d’en savoir plus sur ces formations naturelles. La visite n’est pas donnée mais très intéressante et ludique. Une manière d’apprendre donc mais aussi de prévenir sur les différents risques qu’encourt la planète. Nous rentrons au camping ravis, mangeons et nous couchons pour partir tôt demain.

El Calafate + Trajet + El Chalten JOUR 121 :

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Le réveil sonne à 6h00 mais après un rapide échange nous repoussons et prendrons le bus de 13h00. Le stop est difficile pour rallier El Chalten puisqu’il y a beaucoup de clients sur la route et que les voitures ne s’arrêtent pas des masses. Nous nous levons du coup vers dix heures trente et préparons tranquillement nos affaires. Pour atteindre la gare routière nous grimpons des escaliers interminables pour Morgane qui arrive au sommet d’une petite colline toute rouge et essoufflée. Il serait temps d’arrêter de fumer ! Nous prenons le bus pour deux heures et débarquons dans le village de la randonnée en Patagonie Argentine.

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L’atmosphère nous plaît à contrario de notre arrivée à Puerto Natales au Chili. De suite, le bus fait une étape au centre d’information afin de nous prévenir des risques mais aussi des possibilités autour de la localité. En gare routière, un point d’info est au centre de la salle principale où nous récupérons la carte des différents chemins. Maintenant il nous faut trouver une auberge. Nous en tentons deux qui sont trop chères, une troisième est « full », mais nous trouvons notre bonheur au nord de la ville, loin de la gare routière.

Nous sommes heureux de trouver un lieu où nous pourrons laisser nos affaires pendant la durée du trek et où nous dégottons une chambre pour nous deux. Le soir, nous nous asseyons à une table dans un chalet à l’ambiance chaleureuse et la bière artisanale émerveille nos papilles. Mo craque, à juste titre, sur les fajitas pendant que Sam se jette sur la pièce de bœuf !Oui les viandes argentines sont délicieuses.

 

En rentrant, nous passons trois heures à trier nos affaires pour le trek de deux nuits et trois jours. L’idée est de ne prendre qu’un « gros » sacs et un petit pour compléter. Reste à savoir lequel sera le plus simple à utiliser pour nous deux. Nous testons les deux mais celui de Mo est trop petit, nous choisissons donc celui de Sam même si ce sera compliqué pour Morgane de le porter car il est grand pour elle. Après moultes changements de configuration nous validons et partons nous ressourcer.

El Chalten JOUR 122, Trek JOUR 1 :

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Nous partons vers 11h00 après avoir loué des bâtons. Nous en entendons parler depuis pas mal de temps et c’est l’occasion de tester, de plus, avec le vent présent dans cette région et le poids nous sommes convaincus. Le départ se fait sous une pluie fine mais dense, nous testons donc au mieux le matériel adapté. La première côte nous permet de surplomber la ville, enfin nous partons en rando, enfin nous profiterons de la nature. Nous avons tant attendu.

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La pluie redouble mais en marchant, nous prenons chaud. Voici le temps pour nous de se jauger, de s’arrêter pour enlever une couche au premier rayon de soleil et d’en remettre une lorsqu’il se cache et que la pluie reprend. Lors des deux premiers kilomètres, nous perdons un peu de temps. Ensuite, la pluie ne s’invite plus, elle est là avec nous. Pantalon de pluie et coupe vent, bâtons en main, nous avançons vers le Laguna Torre et le pic du même nom. Nous poserons notre nouvelle tente au camping « Carpi » non loin de là. Même si le temps n’est pas de la partie nous prenons plaisir à randonner dans ces chemins magnifiques et très bien entretenus. Nous espérons que les tendances climatiques seront au beau temps comme on nous l’a signalé auparavant.

 

Après une pente au départ, le terrain est plutôt simple et varié entre chemin de plaine et de forêt, cailloux et terre et en longeant la rivière « Fitz Roy » entre bleu, vert et blanc. Nous arrivons vers 15h au camping. Près de la rivière, enfoncés dans les arbres, les randonneurs posent leurs tentes ici dans ce lieu à l’abri du vent où des toilettes peuvent être utilisés mais où il n’y a pas de douche. Nous sommes contents d’arriver dans ce lieu calme lorsque Mo s’exclame : « Mais c’est pas la tente de Théo ? » Sam acquiesce et nous retrouvons nos jeunes étudiants, qui font la boucle dans le sens inverse de nous, pour passer un moment ensemble, le hasard fait bien les choses. Nous montons la tente, buvons un petit maté et allons près du lac tous ensemble admirer le « Cerro Torre » ! Le soleil a fait son apparition et lorsque le vent s’estompe, la chaleur est tout simplement délicieuse.

 

Nous restons là, à observer ce spectacle naturel et à jouer avec les morceaux de glaces qui surgissent au bord de l’eau. Après ces minutes de repos méritées, nous grimpons vers le mirador du glacier. Nous nous arrêtons un peu avant, notre éclaireur nous disant que la vue est sensiblement la même et nous nous posons à regarder ces pics et cette montagne de glace. Sam en profite pour (re)faire chauffer l’appareil photo pendant que les deux filles surprennent un curieux invité : un beau renard est tout près. Il nous voit mais ne déguerpi pas pour autant. Il avance en nous évitant mais il n’est pas non plus apeuré, comme habitué de la présence humaine. Après cet épisode animalier et le vent reprenant, nous décidons de rentrer, il faut bien manger et recharger les batteries pour demain. Nous descendons vers le campement pendant que le froid arrive. Nous mangeons ensemble et partons nous coucher tôt. Un premier jour riche en événement mais tellement magnifique, vivement demain.

El Chalten JOUR 123, Trek jour 2 :

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10h30 ! C’est incroyable, nous avons dormi presque douze heures sans rien voir… Sam s’est levé dans la nuit profitant du froid glacial de celle-ci mais c’est tout, une nuit plus que complète ! La bonne humeur est de mise puisque le soleil est présent ainsi que le ciel bleu, splendide. Nous prenons notre petit déjeuner au soleil, démontons notre tente et préparons nos affaires : en avant pour une douzaine de kilomètres afin de pouvoir s’émerveiller du mont Fitz Roy ! En sortant du camping et de la forêt, nous constatons ce que nous avions du mal à apercevoir hier : les pics de Torre et le glacier entier… Superbe ! Alors que nous n’avons pas commencé, une séance photo est déjà au programme ! Quelques instants plus tard, nous partons vers notre nouvel objectif en utilisant le même chemin qu’hier le temps d’en rallier un nouveau dans les bois et changer de vallée. La première partie se fait sans souci, derrière nous les montagnes, sans bouger d’un iota, nous offrent de paysages différents à chaque virage. Nous débarquons au « carrefour » où nous allons emprunter le nouveau sentier et faisons une pause. En repartant, nous nous engouffrons dans la forêt et entamons une pente. Au départ c’est facile mais la pente se transforme en montée puis en côte assez difficile. Les bâtons sont très pratiques dans ce cas. Après une bonne demi-heure de grimpette, nous nous disons que nous sommes chaud pour la montée du mirador du Fitz Roy et ses 400 mètres de dénivelé !

La suite est plus tranquille physiquement mais pas pour nos yeux qui s’illuminent à chaque minute du parcours. Le temps ensoleillé ajoute une lumière se reflétant dans l’eau des lacs et entourant les montagnes d’un bleu magnifique. Plus nous avançons, plus le pic se montre. Avec son ami Piedras Blancas que nous découvrons nous voulons nous arrêter à chaque pas mais restons déterminés à arriver au campement afin de monter au mirador. A quelques minutes de la fin, Sam tombe comme une merde sur le sol caillouteux du chemin. Une chute à deux l’heure, il a bêtement coincé son lacet dans le cran de sa chaussure et comme par hasard, il tenait ses bâtons à la main. Il peine à se relever mais y arrive grâce à l’aide de Mo.

 

Quelques minutes après, nous repartons nous changer les idées et nous faire un bon maté. Nous verrons si Sam peut enchaîner l’ascension finale. A l’arrivée au camping, il y a plus de monde, ce sentier étant plus pratiqué au vue de sa renommée. En se posant nous recroisons le couple vu à Puerto Natales et vivant au Canada. Il sont tout près de nous, c’est cool. Nous leur laissons la fin de notre maté et nous nous dirigeons vers le point de vue, mieux vaut en profiter maintenant tant que c’est dégagé. Après avoir passé la rivière, un panneau nous alerte : pour emprunter ce layon bonne condition physique requise !

 

Nous sommes prévenus ! Nous nous lançons donc à l’assaut de cette montée : 1h, 1km, 400 m de dénivelé. Dès le commencement, c’est dur, les marches naturelles en pierres taillées sont hautes et nombreuses. Malgré le chemin en S, la pente est sévère et nous n’en sommes qu’au premier tiers. En continuant, nous voyons le soleil s’échapper et se cacher derrière des nuages d’altitude. Nous sommes frustrés d’avoir vu le Cerro devant le ciel bleu toute la journée et de ne pas le voir en haut. Mais nous ne nous décourageons pas. Les cuisses chauffent, le souffle est plus dur à retrouver au fur et à mesure de l’élévation. Nous sentons que les efforts payent quand nous nous arrêtons et admirons la vue.

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Sam n’a pas voulu prendre ses bâtons, qu’il a laissé au campement, pendant que Mo les utilise pour gravir ce sentier. Mais à un moment, Mo se sent en perdition, elle sent ses jambes surchauffer. Elle se demande si elle pourra aller au bout ! Sam essaie de la motiver, nous y arriverons coûte que coûte en prenant notre temps.

Finalement, nous réussissons et le spectacle est magnifique. Ces pics sortant de terre et dominant le lac sont à couper le souffle que l’on retrouve progressivement. L’air frais nous dit de nous couvrir mais nous restons là, à apprécier ce moment en prenant des photos et en contemplant enfin le cerro Fitz Roy !

El Chalten Jour 124, Trek jour 3 :

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Réveil en pleine nuit, 5h30. Après quelques échanges, nous décidons de ne pas refaire l’énorme montée du Fitz Roy. Nous irons voir le levé du soleil de la plaine. Nous prenons donc le temps de prendre un super petit-déjeuner et d’admirer le défilé de lumière des personnes ayant eu plus de courages que nous pour effectuer la fameuse ascension. Après avoir trouver un bon spot nous attendons le soleil en se réchauffant avec un maté. L’attente sera longue et vaine. Les merveilleuses couleurs attendues, rouge et orange, sur le sommet ne viendront pas. A défaut nous partons faire une petite marche matinale pour admirer Piedras Blancas, le voisin du Fitz Roy. Nous retournons ensuite ranger notre tente avant de commencer notre descente vers la ville. Sam n’est pas en pleine forme mais est quand même rassuré sur son bras. Nous ne nous pressons pas et prenons le temps de manger avec une vue imprenable sur la vallée. A notre arrivée à l’auberge, une belle surprise nous attend, un lit double ! Quelle chance.

Camping en forêt, tranquille, dans les espaces gratuits sur le parcours.

El Chalten Jour 125 :

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Lendemain de trek, pas plus de courbatures que ça mais Sam a mal à son épaule et au bras. Le moral en prend un coup puisqu’il a du mal à bouger tout ça. Grâce à l'aide de Mo, qui apaise la situation, nous décidons d'attendre trois quatre jours pour voir l'évolution. Nous resterons une nuit de plus afin d'arpenter les autres sentiers autour du village. Aujourd'hui c'est repos et réservation du billet de bus pour Los Antigos à la frontière chilienne. Nous avons changé nos plans coup sur coup puisque nous allons remonter la “carretera austral” côté chilien, sa renommée est énorme, de plus cela nous tente de s'immerger dans ces immensités naturelles et sauvages. Vu l'état physique de Sam, nous ne ferons pas le trek permettant de passer la frontière en bateau, nous irons en bus afin de rallier Puerto Rio Tranquilo et ses magnifiques grottes de marbre. Nous profitons de cette journée pour transférer les photos et vidéos, écrire un peu, filons à la gare et mangeons de succulents empanadas sur la route.

El Chalten JOUR 126 :

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Ça va un peu mieux pour Sam et nous testons d'aller à la petite cascade à trois kilomètres du centre. Cela permet de voir nos sensations, surtout pour Samuel, après un jour de repos. Le soleil est de la partie c'est toujours bon pour le moral ! La balade est facile, nous quittons El Chalten par la route et empruntons un sentier dans les bois et les plaines suivant le Rio Blanco. En arrivant à la chute d'eau, nous sommes surpris, elle est plutôt grande et l'endroit est très sympa. Nous nous posons et préparons un bon maté. Nous aimerions un peu plus de calme, en effet c'est un terrain de jeu idéal pour les familles et notamment les enfants qui sautent de pierre en pierre. Mais c'est beau, la montagne se reflète dans l'eau et les rayons du soleil percutent gentiment notre peau redevenue blanche avec les semaines passées loin de lui. Nous quittons ce lieu enjoués.

 

Mo veut continuer alors que Sam préfère tempérer. Nous nous séparons donc après un rapide passage à l'auberge. Mo court admirer les miradors au sud de la ville pendant que Sam écrit le carnet de voyage. Deux heures et demies après nous nous retrouvons : Mo a adoré son parcours où la vue était à couper le souffle, Sam lui fût “dérangé” par du foot lors de son écriture. Finalement, nous boulons nos gros sacs et filons manger avant les dix heures de bus qui nous attendent. Nous dégotons une tranquille petite auberge très chaleureuse où nous sommes seuls pendant un moment. La bière n'est pas chère et les plats commandés son plus que copieux et super bons. Nous rencontrons deux français en périple et échangeons un poil mais nous ne devons pas rater notre véhicule de 20h. Nous roulons un bon moment sur la Ruta 40 Argentine qui est plus un chemin qu'autre chose. Le bus animé se calme petit à petit et nous réussissons à fermer les yeux.

Los Antigos JOUR 127 :

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Les lumières du bus s'allument. Le message est passé, nous arrivons à Los Antigos. Il nous faut maintenant foncer vers la frontière car notre timing est serré, l'idée est de rallier Rio Puerto Tranquilo dans la journée, pas une mince affaire puisqu'il y a cent soixante dix huit kilomètres pour trois heures vingt six minutes de route en voiture. Sac sur le dos, notre motivation surpuissante nous voulons réussir cet objectif ! Nous marchons jusqu’à la frontière et attendons l'ouverture de celle-ci. Nos passeports tamponnés, nous demandons rapidement à un couple de soixantenaire de nous embarquer. Ils acceptent, nous sommes heureux car les backpackers arrivent en nombre et c'est la mode ici de traverser la frontière en stop ! Un peu méfiant et plutôt timides les deux anciens nous déposent à Chile Chico au Chili, finalement ils ont été adorables. 

Ça se passe ici pour la suite ! ! !

San Carlos de Bariloche JOUR 141 :

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Nous prenons le temps de visiter le centre et de nous organiser pour notre séjour ici dans la ville la plus suissesse d’Argentine. Le tour de la bourgade est vite fait et nous avons nos idées pour les jours à venir. Nous espérons que les sentiers seront ouverts car il y a beaucoup de vent. Nous avons prévu 25 bornes demain. Il faudra être en forme.

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San Carlos de Bariloche JOUR 142 :

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Le réveil sonne et nous finissons de préparer nos sacs. Direction un hôtel, une fois n’est pas coutume, déniché à bon prix, pour ce soir. Mais avant cela, nous laissons nos « mochilas » ici et grimpons dans un bus pour notre randonnée. Une vingtaine de minutes après nous voici devant le lac Gutiérrez et sa transparence entouré de montagnes verdoyantes et enneigées. Nous nous échauffons le long du lac et sommes rattrapés par deux allemands. Julia et David veulent eux aussi monter jusqu’au refuge Frey ! Nous faisons donc l’ascension ensemble. Au préalable et après avoir intégrés le sentier, nous arpentons un chemin varié entre forêt, plaine, cailloux et terre. Puis nous commençons à nous élever. Le chemins est assez pentu et parfois difficile. Mais nous avançons à fière allure. Lors de ce tronçon, nous constatons que les arbres ont souffert du feu qui s’est propagé sur plusieurs hectares. En grimpant, nous apercevons le lac et sa taille démesurée d’un bleu splendide. Ensuite nous débarquons à la croisée des chemins : celui que l’on empruntera au retour. Nous continuons de progresser sur une corniche mais nous sommes toujours dans les bois.

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Nous arrivons finalement au refuge de pierre, il reste une heure avant d’atteindre le refuge Frey. Cette dernière partie est la plus dure, la plus pentue. Surtout que nous avons déjà les trois premières heures dans les pattes. Mais nous gardons notre motivation et notre envie de découvrir cet endroit niché à 1700 mètres d’altitude. Après avoir utilisés nos forces enfouies nous voyons la bâtisse en pierre. Nous nous enregistrons et profitons de l’espace où le vent nous rappelle qu’il faut vite se couvrir sur les sommets. Nous restons une bonne heure tranquille assis sur des pierres ou des petits fauteuils en bois à l’inclinaison parfaite. Nous mangeons nos bons sandwichs complets avec guacamole et buvons un maté bien chaud qui nous ragaillardi pour le retour.

Il faut, pour rallier la Villa Cathédrale, trois heures environ. Nous mettons 2h40 et sommes surpris par ce chemin tout bonnement exceptionnel. Pas trop de dénivelé mais de grosses pierres à passer en escaladant, des ponts suspendus aussi impressionnants les uns des autres et une vue digne de carte postale où nous pouvons apercevoir le lac et ses montagnes.

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En rentrant, nous nous jetons sur une bonne fondue de fromage accompagnée de vin rouge au nom français. Nous nous régalons et partons nous coucher en pensant à cette belle journée où nous avons réussi nos vingt-cinq kilomètres de rando !

San Carlos de Bariloche JOUR 143 :

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Matinée calme, nous avons de petites courbatures mais rien de méchant, nous sommes surpris. Dans l’après midi, nous nous dirigeons vers le Cerro Campanario, un site renommé ici puisqu’il offre une vue à 360° sur les environs. Après une vingtaine de minutes de bus nous nous stoppons devant la pancarte. Il y a possibilité de monter en télésiège mais nous optons pour le sentier. Cela réveil tout de suite nos muscles puisque la pente est sévère. Pas un moment de répit et ce pendant une petite demie-heure. En arrivant au sommet, nous constatons que nous sommes entourés d’eau ! Des lacs aux couleurs vives nous entourent c’est très beau. Ils sont accompagnés des pics avoisinant, une merveille à porter de main de tous.

Le soir nous nous posons et préparons le départ vers un autre lieu pour visiter le parc de Llao Llao.

San Carlos de Bariloche JOUR 144 :


 

Jeudi 15 mars. Réveil difficile pour Sam qui a mal au bide. La journée sera tranquille pour lui pendant que Mo s’aventure en bus jusqu’au parc Llao Llao. Il faut environ 45 minutes pour atteindre l’entrée du parc. En arrivant, Mo se rend compte que celui-ci est fermé mais malgré les balisages interdisant l’accès aux sentiers elle décide de s’y aventurer. Il faut dire que nous avions déjà discuter avec plusieurs personnes de cet aspect étrange de fermer des parcs qui finalement ne peuvent pas l’être. Après une dizaine de minutes elle rencontre des gardes du parc qui la saluent mais rien de plus. Elle commence à discuter avec eux et à les interroger sur les sentiers possible, se rendant bien compte que finalement l’ensemble du parc devait être praticable. Pendant un peu plus trois heures, elle arpente les différents chemins, la conduisant d’abord au sommet du Cerro Llao Llao, avant de continuer vers le mirador Tacul, le lac Escondida et terminer par la forêt d’Arrayanes. Une journée magnifique sous un un soleil splendide.

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En rentrant, une nouvelle mission l’attend. Sam n’est toujours pas en grande forme, Mo part donc à la recherche de pâtes à emporter, seul plat que Sam puisse éventuellement manger.

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Bariloche + trajet + Mendoza JOURS 145 & 146 :

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Nous partons à 13h de Bariloche. La beauté du trajet, pendant deux heures et demie est tout simplement exceptionnelle. La route des sept lacs et l’entrée dans le parc naturel de Nahuel Huapi ! Certes, le bus roule à fier allure et s’engage dans les virages de manière très sportive mais Samuel peut admirer cette vue, casque sur les oreilles, pendant que Mo dort.

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Le soir, nous jouons au bingo (oui, oui!) et mangeons un plat chaud avant de dormir. Un véhicule plein de surprise.

Au petit matin en ce samedi ensoleillé, nous sommes à Mendoza ! La chaleur nous interpelle mais c’est logique vu les mille kilomètres parcourus. Nous rejoignons notre auberge pour quatre nuits, nous avons besoin de nous poser après un bon mois de Patagonie. De plus cette cité regorge d’activités et de… pinards ! Parfait ! Nous prenons le temps de retirer de l’argent et de faire des courses. Au passage, Sam se fait ratiboiser la tête au grand dame de Mo qui aimait bien sa touffe tenue par son bandeau. Nous passons une soirée pépère accompagnés d’un allemand et d’un français. Demain objectif site, si internet nous laisse le faire !

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Mendoza JOUR 147 :

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Nous actualisons le site aujourd’hui et créons les nouvelles vidéos. La journée fut longue !

Mendoza JOUR 148 :

 

Aujourd'hui c'est lundi, nous bullons, une fois n'est pas coutume, dans l'auberge et validons la location d'une voiture. L'idée ici est d'en découvrir plus de cette région grâce aux conseils avisés de locaux mais aussi d'un allemand croisé autour d'une bière et d'un verre de vin rouge. Des kilomètres seront parcourus à partir de mercredi et nous dormirons à l'arrache histoire de rentabiliser la loc !

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Mendoza JOUR 149 :

 

En ce mardi 20 mars, l'air chaud de Mendoza nous accompagne durant toute la journée lors de la rencontre avec cette cité au calme certain. Bien sûr, cette ville est grande mais on y sent un parfum de tranquillité ambiant ainsi qu'une forme de chaleur des habitants retranscrite dans son climat. De plus, les espaces verdoyants aussi nombreux les uns que les autres renforcent cette idée du paisible. On s'y plaît bien et nous grimpons le cerro de la ville : Gloria ! Après un trajet en bus, au silence surprenant reflétant complètement l'état d'esprit des citadins, nous descendons du bolide lorsque le conducteur hurle Gloria !

 

Le petit monticule se dresse alors devant nous, et très vite l'élévation rapide nous donne des points de vues aussi sympathiques que surprenants. La cordillère, saupoudrée d'une poussière stricte, les favelas très colorées mais dignement dessinées en carré d'une quadra pas plus et cette végétation dense par endroit qui contraste drôlement avec ce décors désertique faisant penser à des oasis. Nous n'arrivons pas à observer la ville, cachée par d'immenses arbres mais l'édifice historique est très joli. Il se compose d'une base de roches de plusieurs tonnes, et de grandes sculptures en bronze qui ont été faites à Buenos Aires . L'image du Monument à l'Armée des Andes du Cerro de la Gloria est populairement reconnue en Argentine car elle est imprimée sur le dos des billets de cinq pesos.

 

Il est l'heure pour nous de regagner le centre, toujours en transports en commun, et de continuer d'en arpenter les rues nombreuses. Nous allons vers le quartier historique mais il n'y a pas de bâtiments riches en architecture. La balade se poursuit par une glace, elles sont délicieuses ici. En rentrant, nous préparons nos affaires pour explorer la région et ses paysages désertiques.

Mendoza [San Rafael] JOUR 150 :

 

Nous sommes efficaces ce matin afin de libérer la chambre bien à l'heure et de foncer, le pas sûr et enjoué, vers le véhicule de location. En effet, nous avons eu une réponse positive d'une femme pour un couchsurfing à Salta, une des dernières étapes Argentine. Après avoir fait les vérifications nécessaires nous embarquons sous un soleil de plomb vers San Rafael. Cette destination est choisie grâce aux conseils avisés d'un des responsables dans l'auberge de Bariloche. Après trois heures de trajet, chaudement ensoleillées et à la vue magique, nous arrivons à destination. Nous nous dirigeons de suite vers la Vallée Grande. Trente minutes plus tard, nous arrivons à la fin de la route en asphalte et le spectacle est à couper le souffle. Un gigantesque barrage stoppe l'eau qui forme un lac aussi immense que le barrage. L'eau est très belle et des aménagements existent sur les flancs de la falaise. Bars, restos, excursions… c'est un site très touristique mais nous profitons de l'arrière saison et de la faible affluence pour boire une bonne bière fraîche en bordure de falaise et admirer la vue.

Seuls ou presque.

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Nous reprenons la voiture ensuite pour regagner Nihuil qui semble ne pas être loin d'ici. Nous roulons alors sur une route de gravier, de sable et de terre. C'est à chaque virage une nouvelle surprise qui attend Morgane, la pilote des litres (heu d'élite !) : caillou imposant et pointu, trou sur la chaussée ou poussière qui s'élève avec le vent. Une véritable course de rallye avec bien sûr les précautions à prendre sur ce genre de chemins escarpés. Mais ça en vaut la peine. Alors que Mo coupe le moteur, Sam attend tranquillement laissant celui-ci fumer et se refroidir. Morgane se saisit de l'appareil photo. Nous sommes déjà haut et, surplombant le lac, nous n'en croyons pas nos yeux. Les couleurs des roches sont variées. Il faut savoir que ce canyon a été formé par l'érosion du fleuve et de vent. Il a une extension d'environ 56 km et une profondeur moyenne de 260m.   [les photos sont ICI !]

 

Nous ré-embarquons dans l'automobile qui est de nouveau prête pour le rallye. La prochaine petite bourgade ne doit plus être loin. Nous roulons donc entre les pics de roches rouges, ocres ou même noires. De temps en temps nous voyons des monts dit “normaux” mais qui sortent de l'ordinaire. Ces formations rocheuses rappellent le grand canyon au États-Unis ! Ce genre d'images que l'on a vu ici ou là mais jamais de nos propres yeux. Pour nous ce n'est pas les States mais l'Argentine et le canyon de l’Atuel ainsi que la grande vallée. Des stops sont obligatoires afin d'apprécier encore plus ce délicieux moment. Sauf que c'est interminable ! La gorge antique n'en finit plus, ce n'est pas pour nous déplaire mais nous devons manger et dormir, il nous faut trouver un endroit et la nuit commence à pointer le bout de son nez.

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Nous roulons donc passant de barrage en barrage, de surprise en surprise. Ce premier site est tout simplement incroyable ! Nous sommes vraiment pressés de découvrir le reste. Finalement dans l'arrière du village de Nihuil, nous trouvons un coin pour dormir et manger.

Mendoza [San Rafael, Los Reyunos et Cacheuta]

JOUR 151 :

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Levé de soleil qui n'en n'est pas un puisque monsieur est déjà debout depuis un moment mais de grandes montagnes cachent les rayons et la lumière qu'il dégage. Lorsque les rayons puissants s'élèvent au-dessus du pic le plus haut nous sommes éblouis ! Nous enchaînons par le lac où quelques reflets seront, nous l'espérons, bien retranscrits sur les photos que nous prenons. Ensuite direction Los Reyunos pour encore se faire mal aux yeux. Le soleil nous accompagne durant le trajet où la route plus clémente est de mise.

Une fois arrivés à destination, nous empruntons un nouveau chemin de l'enfer. Sorte de piste pour quatre-quatre. Tout à coup nous voyons un panneau “mirador” nous dérapons, glissants, freinons, arrêtons le moteur fumant et sortons le matériel pour le petit dej’! Pas mieux que d'enlever le tee-shirt à dix heures du mat’ afin d’engloutir un bon café, des fruits et des tartines de dulce de leche, le tout face à un autre lac et des montagnes heureuses de notre présence !

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Nous leurs rendons leur bonheur, que c'est bon de profiter en silence de cette nature d'une beauté rare. Nous descendons alors vers un hameau aménagé pour les touristes mais où nous ne rentrons pas. L'entrée est payante, pas chère, mais nous n'avons pas le temps de passer la journée ou même la nuit sur ce site hors du temps. Demi tour fait, nous partons alors vers Cacheuta et ses termes mythiques. Durant ces jours de vadrouille, les trajets sont aussi une visite puisque nous roulons en bordure de cordillère ou même dans cette immense chaîne de montagnes.

 

Nous trouvons difficilement les thermes, cachés par une végétation dense et à l'abri de la route. Nous dénichons un parking, un peu proche de la route mais parfait, près du torrent et engouffré dans ces roches sèches. Nous préparons le terrain pour y passer la nuit, c'est parfait pour demain, nous sommes à deux pas des thermes et d'un pont suspendu de plusieurs mètres. Nous commençons à cuisiner lorsque le gaz se coupe. Et oui c'est ça l'aventure et le camping sauvage : il faut anticiper. Heureusement, nous avons du pain, nous préparons donc des sandwichs improvisés avec des saucisses pré-cuites et un peu d'oignons.

 

L'heure est maintenant venue de monter la tente. La nuit est tombée c'est bien plus discret. Un quart d'heure plus tard nous voilà installés dans… la voiture. Le sol est formé de cailloux et ce jusqu'en profondeur ! Impossible de piquer les sardines sous peine de les casser, et vu que le vent se lève nous ne prenons aucun risque ! Aie aie aie, nous sommes vraiment des boulets !

Mendoza [Cacheuta] JOUR 152 :

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Réveil matinal et nous filons vers le lac non loin de là. L'idée est de profiter du lever du soleil sur les montagnes entourant celui-ci en étant seuls. C'est très beau, les couleurs évoluent en fonction de la lumière et de l'élévation de l'étoile lumineuse. Nous enchaînons ensuite par le pont suspendu de Cacheuta. Cette passerelle mesure plus de 40 mètres de long, c'est assez dingue. Mo ne fait pas la fière en traversant pendant que Sam s'amuse à faire bouger le tout !

 

Ensuite nous nous dirigeons vers les thermes à l'entrée peu chère. En accédant aux services nous nous engouffrons dans les gorges au plus bas des aménagements. C'est très beau, le tout est en pierre et les bassins sont formés sur des plateaux afin de profiter de la vue. Dans un premier temps nous déambulons dans la partie inférieure des équipements qui font penser aux parcs aquatiques que l'on connaît. Ensuite nous remontons et nous voyons que beaucoup de personnes squattent les différents bassins. A ce moment, nous comprenons que ces thermes sont géniaux avec des différences de températures impressionnantes.

 

Notre préférence ira tout de même au bassin le plus froid. Après cela, nous prenons la route vers Uspallata, un “pueblo” proche du mythique "Aconcagua" ! En y arrivant nous galérons à trouver du gaz mais réussissons et partons à la nuit tombée. C'est en arrivant proche de la frontière Chilienne que nous comprenons que nous sommes arrivés au parc.

Mendoza [Aconcagua ] JOUR 153 :
 

La nuit passée dans la voiture ne nous a pas empêché de bien dormir. Nous marchons alors une bonne heure dans le parc afin d'admirer, au loin, le deuxième plus haut sommet au monde. Le sentier est rapide mais le paysage est très impressionnant et nous sommes déjà à 2900m d'altitude. Faute de temps, nous ne pouvons pas faire plus mais nous nous rattraperons en Bolivie. Après ce nouveau bijou naturel, nous enchaînons vers las Bovedas près d’Uspallata. Ces ruines sont devenues musée depuis peu de temps et nous apprenons un peu plus de l'histoire de cette région. Dernière étape de notre petit périple de quatre jours, nous filons vers le Cerro 7 colores, proche également d’Uspallata. Nous empruntons de nouveau un chemin chaotique avant d’arriver nez à nez avec cette étrangeté de la nature ! Une montagne où l’on distingue très clairement les différentes couleurs : vert, bleu, gris, blanc, orange, rouge, marron ! C’est encore très impressionnant. Nous commençons son ascension gentiment mais la dernière partie est proche de l’escalade. Mo panique, son vertige lui fait défaut. Les jambes tremblantes et les nerfs à vifs, elle décide de faire demi-tour lorsqu’un homme discute avec Sam, déjà en haut, et nous indique qu’il existe un autre chemin, plus « tranquille » sur le côté de la montagne. Quelques minutes après, elle retrouve Sam pour savourer ces derniers moments hors du temps, nichés en haut de ce sommet, profitant de la vue jusqu’à l’Aconcagua. L'heure tourne et nous devons rentrer sur Mendoza, nous validons l'idée de dormir dans une auberge afin de nous préparer à un autre grand trajet de dix-huit heures vers Salta.

Mendoza JOUR 154 :

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Aujourd'hui nous profitons du temps à notre disposition pour se poser, effectuer un peu de rangement et sympathiser avec un des responsables de l'auberge. Le bus est à vingt heures ce soir. En allumant internet nous voyons que nos deux copines de route, Marlène et Morgane, seront aussi à Salta dans quelques jours. L'occasion de se retrouver pour de nouvelles aventures !

En avant pour quasiment vingt heures de bus et une nouvelle étape argentine !

Salta JOUR 155 :

 

Nous arrivons à 14h à Salta et notre objectif est de trouver une connexion internet. Et oui, notre hôte doit nous envoyer son adresse pour rejoindre son habitation. Après quelques minutes de recherches et en sautant dans un taxi, nous voilà en route. En arrivant nous sommes chaleureusement accueillis dans une petite maison où vit Viviana avec ses deux chiens et un petit chat noir. Nous nous installons et dormons, le voyage nous a épuisé comme jamais.

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Après cela, nous partons vers le centre visiter “by night” la cité du Nord d'Argentine. On constate que les architectures coloniales sont magnifiques, éclairées de bien belle manière. Nous déambulons plusieurs minutes, prenant même le temps de demander des locations de voitures pour la suite des aventures. Mais nous essuyons beaucoup de refus car les jours qui arrivent seront fériés. Avec un peu de chance et par hasard, nous enregistrons le numéro d'un responsable d'agence qui aurait notre sésame.

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Avec le sourire retrouvé, nous replongeons dans la ville et visitons une église ainsi qu'une basilique qui sont très impressionnantes : colorées à l'extérieur, magnifiquement aménagées à l'intérieur. Nous en profitons pour manger puisque notre hôte mangera sur le tard avec son ami. Une grosse entrecôte pour Sam et une salade pour Mo ! La viande est délicieuse et très tendre, la salade est bien garnie, nous nous régalons avant de retourner chez Viviana pour nous reposer.

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Salta JOUR 156 :

 

En ce mardi 27 mars, nous partons à la découverte du Cerro San Bernardo qui s'élève à plus de 1700m et qui domine la ville. Le bus dans lequel nous grimpons est étrangement calme, avançant entre les quadras alors que le soleil tarde à apparaître. Nous descendons et marchons un peu avant de monter dans le téléphérique. Nous aurions pu le faire à pied mais la vue au-dessus d'une végétation dense en vaut la peine. Comme à son habitude, Mo n'est pas forcément en confiance dans cette boîte d'acier volante qui se… stoppe même quelques instants en suspension dans les aires à une centaine de mètres de hauteur. Le visage de Morgane commence alors à se décomposer mais le téléphérique repart de plus belle et nous arrivons au sommet.

L'espace est superbement aménagé avec des cascades qui dominent un passage entre les arbres et autres plantes vertes. Après s'être faufilés dans ces chemins humides, nous profitons du mirador très impressionnant sur la cité. Nous redescendons ensuite via le sentier qui est en fait un interminable escalier de 1070 marches ! Sam s'est amusé à les compter. Nous nous posons alors tous les trois et regrettons de ne pas avoir pris l'eau "caliente" et le maté. Mais nous repartons de plus belle vers le musée De Alta Montaña ! Une fois nos sandwichs engloutis, nous pénétrons dans l'enceinte moderne, blanche et épurée. Viviana a préféré nous attendre dehors en s'occupant dans les magasins alors que nous arrivons au deuxième étage.

 

Pendant une bonne heure nous sommes en immersion dans ces sommets et ces cultures incas qui dégagent une force et une attention particulière. Ces cultures sacrifiaient des objets mais aussi des humains, plus particulièrement des enfants. Ils étaient déposés sur les sommets les plus hauts de la cordillère entre l'Equateur et le Chili en passant par la Bolivie et l'Argentine. Des chercheurs et archéologues ont grimpé ces pics grâce aux chemins incas et ont pu récupérer des offrandes. A qui étaient elles destinées ? Les Incas pensaient que ces actions aideraient leurs peuples et civilisations à durer encore plus dans le temps et épargner le malheur. Ce musée garde trois corps d'enfants âgés de 7 à 15 ans grâce à une technologie de pointe et un travail acharné. Si cela peut déranger, c'est une façon de s'immerger et d’observer des comportements historiques ancrés dans ce continent. Un moment frais en température mais à la chaleur et à la philosophie certaine.

 

A la suite de cette visite, nous repartons chez notre hôte afin de faire à manger : ce sera tomates et courgettes farcies. Accompagnées de vin et d'un guacamole en apéritif nous dévorons les farces et échangeons ensemble durant une soirée très plaisante.

Salta JOUR 157 :

 

Aujourd'hui, nous partons ravis de notre séjour ici. Nous avons réservé une auberge pour une nuit afin de s'organiser pour notre découverte de la région. Cela s'annonce assez compliqué puisque nous n'avons pas de voiture mais nous trouverons une solution en cas d'échec. Nos copines de voyage arrivent sur Salta demain matin, nous espérons que les nouvelles seront bonnes et que nous pourrons foncer dans un bolide sur ces routes qui ont l'air magnifiques.

Salta + Cafayate JOUR 158 :

 

L'aventure c'est l'aventure. Pas de news de Marlène et Morgane, ni d'éventuelles possibilités de louer un véhicule. Nous partons tout de même vers la gare routière espérant peut-être retrouver les filles et filer vers le sud. Manque de bol, nous ne les trouvons pas et les premiers bus partent sous nos yeux. Nous trouvons par chance un accès à internet et échangeons avec nos deux amies ! Elles resteront visiter la ville et descendront plus tard. Nous achetons dans la continuité un billet vers Cafayate, 4h de trajet assez folklorique qui nous ont rappelé le Paraguay avec un nombre incalculable de gens debouts ou assis dans les escaliers. Mais nous arrivons à destination et nous mettons à la recherche d'une auberge. 3 heures après nous y arrivons avec l'impression de s'être fait… avoir ! Mais c'est comme ça, nous aurions dû aller directement au camping. Nous nous rattrapons au bar pour nous calmer et analyser les choses. Encore une fois, nous ne nous y retrouvons pas dans cet état d'esprit. Il faut que nous changions nos actions, nos directions peut-être. La remise en question est perpétuelle surtout quand cela ne tourne pas comme on le souhaiterait. Quelques fois, l'idée d'en finir du voyage est proche mais nous gardons notre calme et positivons, toujours. La chance ne sourit qu'aux audacieux paraît-il ? Nous sommes vernis, nous le savons en effectuant un voyage de cet ampleur aussi fort en émotions, en rencontres et en découvertes ! Nous irons demain en stop visiter la Quebrada de las Conchas.

Cafayate JOUR 159 :
 

Direction l'intersection nous menant aux roches somptueuses aperçues hier en bus. Nous ne patientons que mille huit cents secondes et pénétrons dans une voiture où un couple de touristes nous accueille chaleureusement. Ils filent vers Salta mais ils sont d'accord pour nous déposer où nous le souhaitons à savoir “la Gargantua del Diablo”, le site le plus connu du coin. Très sympathiques, ces quinquagénaires profitent de la route et se garent afin d'explorer les beautés de ces pierres aux couleurs multiples. Lors du premier arrêt nous marchons quelques minutes et nous pensons être dans le grand canyon.

La Quebrada de las Conchas, qui oscille entre 1500 et 2000m d’altitude, bénéficie d’un climat relativement tempéré. Sculptés par l’eau et le vent, après un travail de sédimentation puis d’érosion, des paysages de roches, de ravins ou de dunes, incroyables par leurs formes et leurs couleurs, s’étirent sur environ 50km le long de la route 68. Le rio de las Conchas a participé au façonnage de ce canyon, qui dévoile des pierres tortueuses et extraordinaires, aux silhouettes évocatrices comme l’indiquent certains noms qu’on leur a donné : la Ventana, el Sapo, los Castillos. Deux failles d’effondrement, creusées par des chutes d’eau aujourd’hui à sec, forment la Gargantua Del Diablo et l’Amfiteatro, roches déformées par les mouvements tectoniques et sillonnées de couloirs insolites.

Nous en prenons plein les yeux et sommes surpris par l'orientation des roches qui sont inclinées alors qu'elles devraient être parallèles. Cette impression est confirmée par le nom de ce premier site : El Colorado !

Nous enchaînons ensuite par le Mirrador de Las Tres Cruces. Un point de vu génial où les cerros volcaniques surplombent la vallée qui est constituée de pierres aux couleurs incroyablement différentes et où la végétation est, au centre, d'un vert étonnamment clair. Le fleuve est à l'origine de ces visions fantastiques. Nous repartons directement vers notre destination quand tout à coup, nous demandons notre route : et oui nous avons déjà dépassé la gorge du diable depuis vingt bornes ! Nous étions bien tous les quatre à discuter. Demi-tour fait, seconde et troisième enclenchées, agrippé au volant notre pilote repart de plus belle. La “Gargantua del Diablo” est impressionnante comme son nom l'indique. Imaginez vous entourés de roches, rouges et orangées, mesurant plus d’une trentaine de mètres de haut. L'acoustique est magnifique et il est possible de monter des roches pour s'enfoncer dans les profondeurs de ce mini canyon. C'est fabuleux et un peu casse gueule, il faut l'avouer, surtout en redescendant.

Nous finissions par “l'Amphithéâtre” qui est pour nous encore plus beau que la gorge précédente. Ici pas d'élévation mais un sentiment de hauteur encore plus décuplé. Ce spot est plus étroit et le son que dégage la flûte et le groupe Argentin développe cette sensation de poésie et de bien être, et ce, malgré la bonne quantité de touristes présents.

Toute bonne chose a une fin et nous laissons notre couple reprendre sa route, nous trouvons un endroit pas mal à la vue de tous, avec un petit parking sur le bas-côté mais en plein cagnard pour reprendre le stop. C'est parti pour l'attente dont nous ne calculerons pas les secondes. Après cinquante minutes nous sentons bien la force du soleil et au bout de deux heures nous nous questionnons : “Quel est le plan B ?” Nous réfléchissons mais le temps passe, le soleil se cache derrière la montagne. Nous allons alors vers le parking non loin de là et demandons directement aux gens. Banco ! Ouf, à l'initiative de Mo, nous embarquons direction notre camping.

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Le soir nous assistons à une messe publique en plein air . Un évènement assez incroyable pour nous puisqu’une foule dense s'est réunie, cierges en main, afin de prier et marcher derrière des représentations de Jésus et de la Vierge Marie. Une scène qui nous rappelle la croyance puissante dans ces pays sud américains. Un spectacle marquant et même dérangeant pour nous qui ne sommes ni croyants ni pratiquants. Finalement nous rentrons dormir dans notre tente au camping du centre du village. Nous allons être tranquille et bien nous reposer avant les cent-cinquante kilomètres de stop qui nous attendent demain.

Cafayate + ? JOUR 160 :

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Quel idée de foncer avec sa moto moteur ronronnant dans le camping à deux heures du mat ? Mais pourquoi répondre à un appel téléphonique vers 5h et gueuler comme si de rien était, entouré d'une dizaine de tentes ? Que faire pour un chat sinon se batailler avec un autre chat ? Ou chasser des oiseaux près de ton oreille ? Nous n'aurons pas de réponse à ces questions, dommage. Mais notre nuit aura été chaotique. Bref nous remballons notre maison que nous posons sur NOTRE dos. Mais nous tombons dans une embuscade de français avec lesquels nous échangeons. Nous avons, maintenant, de bons plans en Bolivie.

 

Même intersection qu'hier. Dix minutes plus tard, nous embarquons dans une voiture qui nous dépose à vingt kilomètres de là. Yes la journée commence bien il ne nous reste plus que 130 km. Bien situés à la sortie de la ville nous attendons à l'ombre d'un arbre bien aimable de sa présence. Nous patientons une heure, des voitures passent mais personne ne s'arrête. Deux heures, Sam a finit son œuvre d'art dans le sol, toujours rien. Aucun arrêt pour nous. Nous préparons un maté, deux heures et demies de patience, il en faut. Au bout de trois heures Sam part dans le village afin d'essayer de trouver un véhicule : nada ! C'est une sorte de village fantôme. Au bout de trois heures, Mo perd patience, à contrario de la maman accompagnée de sa fille qui sont sagement assis sur le sol poussiéreux de San Carlos. A l'heure où nous écrivons ces lignes, cela fait 4h50 minutes que nous attendons. Une soixantaine de véhicules sont passés devant nous et seulement deux nous ont demandé notre direction. Notre moral et notre patience en prennent un sacré coup.

 

Mais nous avons une solution de secours : A 22h un bus part pour nous avancer mais seulement de cinquante km. Nous attendrons donc jusqu'au dernier moment. Lorsque Mo retourne au kiosco demander des informations , elle revient voir Sam pour lui annoncer que oui il y a un bus à 22h00 mais… demain ! Au bout de sept heures d’attentes infructueuses, nous décidons de rebrousser chemin.

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Retour donc à Cafayate où le dernier bus de la journée nous passent sous les yeux. Nous patienterons donc encore et encore jusqu’à huit heure trente demain matin.

Cafayate + Salta JOUR 161 :

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C'en est finie de l’Argentine, nous sommes frustrés, fatigués et énervés de la tournure des événements de ces derniers jours. Heureusement que nous sommes deux pour nous remonter le moral car pendant ce temps la vie continue et nous sommes seuls à l’autre bout du monde. Le bilan argentin est tout de même positif : Les gens rencontrés furent parfaits, la cuisine, certes, grasse, est délicieuse et les paysages aussi fous que variés resteront gravés dans nos mémoires. Deux mois en compagnie de cette culture, ses richesses et ses contradictions : nous aurons beaucoup appris dans cet immense pays. 

Arrivés à Salta il nous faut attendre minuit un nouveau trajet vers la ville frontalière avec la Bolivie. Une journée sans grand intérêt mais nous allons devenir des experts des gares routières en Amérique du Sud !

Virage à 180°, nous filons en Bolivie. C'est par ici.

MOCHILAS JUNTOS

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