CHILI
Trajet +Puerto Arenas JOUR 112 :
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Le vent souffle, nous pousse dans le dos et les voitures passent. El abuelo a déjà fait demi tour, nous ne faisons pas les fiers. C'est à ce moment qu'un vieux 4x4 s'arrête devant nous. Les deux hommes vont à Punta Arenas et nous embarquent.
Un autre voyage commence alors. Nous sommes rincés, exténués et nous avons très peu dormi. Nous tombons comme des mouches dans le véhicule chilien. Lors du premier stop, nous échangeons ensemble. Les deux hommes sont surpris que nous n'ayons pas réservé de logement. En effet, les Argentins ont des jours fériés et squattent la ville. Nous repartons roulant à travers ces étendues et ces immensités. S'arrêtant net devant l'océan, nous nous questionnons : “que se passe t-il ?” Il faut prendre le bateau, pas d'autres choix, il n'y a qu'un chemin !” Nous répondent les deux gars ! La voiture se glisse donc dans cette énorme embarcation et nous voilà parti pour une vingtaine de minutes de bateau. En arrivant à Punta Arenas, Francisco et Marco nous demandent comment va-t-on faire pour le logement et la suite. Nous leur expliquons que nous allons voir dans le centre et trouver un lieu où dormir. Mais ils essaient de nous aider et après un petit nombre de coup de fil, ils nous disent que l'on pourra loger chez Marco ! Nous sommes sur le cul ! Il sont super sympa, c'est dingue. Marco nous montre sa petite maison et la chambre où on logera alors que Francisco nous demande si on a faim. Nous partons donc chercher où manger mais il est tard, nous changeons de cap et prenons de la nourriture à emporter. Nous mangeons et Marco nous explique le fonctionnement : on peut rester si on le souhaite il n'y pas de problème, il nous donne le code Wi-Fi, et nous dit que l’on peut faire comme chez nous. Incroyable !
Punta Arenas JOUR 113 :
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Après les aventures d’hier, nous nous posons aujourd’hui. Une grande nuit de sommeil nous a permis de nous ressourcer. Nous écrivons le carnet de voyage et allons faire des courses. Et oui, nous voulons acheter une nouvelle tente et dans la ville de Punta Arenas, il y a une zone franche, un peu comme à Andore. Les prix sont bas et on nous conseille d’y aller. Le site est gigantesque et nous trouvons un thermos ainsi que du maté ! Les tentes sont effet à moitié prix, si on compare à l’Argentine. Nous hésitons et finalement, nous décidons de patienter.
En rentrant, après un bon maté, nous échangeons avec Marco qui nous héberge, pour lui, pas de soucis si on reste un peu plus longtemps. C’est un garçon super aimable mais qu’est ce qu’il parle vite !
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Punta Arena JOUR 114 :
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Nous décidons de retourner au magasin de rando pour acquérir la tente. Avant nous contactons un jeune homme sur internet grâce au « bon coin » chilien ! Il vend une tente un peu plus grande que celles que nous avons vues la veille, avec des spécificités égales et dans les mêmes prix. En attendant sa réponse nous retournons donc dans les galeries histoire d’être sûrs de ne pas passer à côté d’une offre défiant toute concurrence. Nous payons pour un sac à dos multimédia pas cher car celui de Samuel est sur la fin. Pas de tente donc, nous patientons. Mais une fois posés, nous répondons, négocions un rabais et validons l’achat du bon coin ! Nous récupérerons donc notre nouvelle « carpa » à Puerto Natales, notre prochaine étape. Ce soir Mo cuisine pour remercier Marco de nous accueillir chez lui. De bonnes pizzas et bières sont au programme. Nous écoutons de la bonne musique française mais ne tardons pas à filer au lit.
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Punta Arenas JOUR 115 :
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En ce mercredi 14 février, le temps est à l’informatique. Nous devons écrire et publier, cela fait trop longtemps que nous ne l’avons pas fait. Par ailleurs, la troisième vidéo est bouclée depuis un bon moment mais toujours pas en ligne. Les semaines avancent et nous constatons qu’il est de plus en plus difficile d’être régulier avec le site. Il faut nous réorganiser afin de trouver un nouveau rythme sans que ça ne devienne une contrainte et que l’on si retrouve tous les deux. On prend le temps de le faire et même internet joue avec notre patience en coupant alors que nous voulons publier. A force de persuasion, nous y arrivons et restons tranquille. Le froid et les derniers jours nous ont bien fatigués, il faut recharger les batteries avant d’attaquer le parc de Torres Del Paine à cinq heures de routes d’ici.
Punta Arenas JOUR 116 :
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Aujourd'hui nous devons commencer à rassembler nos affaires, nous décollerons demain à 10h00. Une fois que nous avons rangé un peu, nous nous dirigeons vers le centre pour faire les courses de ce soir et anticiper le trek de Torres del Paine. Dans la zone de ce parc naturel, les prix sont exorbitants, nous suivons donc les conseils de locaux. Il nous faut des réserves pour 5 jours maximum. Nous exécutons et revenons à la maison de Marco tout heureux. Un peu plus tard, les garçons reviennent et nous attendons quelques minutes avant que Francisco ne passe en cuisine. En fait, il a récupéré des saint-jacques. On coupe de l’ail, il place les St Jacques dans le plat, les badigeonne de crème, met des herbes, du piment ainsi qu'une couche fine de fromage. Dix minutes plus tard, le fromage a fondu et nous dévorons le plat, c'est succulent, un goût très fin puisque les St Jacques ne sont pas cuites et que la sauce est délicieuse. On en redemande et on sauce plusieurs fois. Mais c'est le départ pour Francisco, il retourne chez lui en avion à Conception. On le remercie grandement pour tout ce qu'il a fait.
Trajet + Puerto Natales JOUR 117 :
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Aujourd’hui nous voyagerons en bus, une petite nouveauté puisque cela fait longtemps que nous n’avons pas utilisé ce moyen de transport. Trois heures nous séparent de notre point de chute pour ensuite entrer dans le magnifique et réputé parc national Torres del Paine. Lors de notre arrivée en gare routière, nous constatons que beaucoup de gens voyagent, comme nous, sacs sur le dos et de tous pays. On est surpris et pas très enchantés par ce spectacle et cette cohue vers les bus. Nous attendons un instant afin de récupérer notre tente. Le gars, avec qui nous avons échangé sur internet, nous montre la bête, nous la montons, inspectons le produit et validons l’achat. Nous la payons moitié prix, elle a déjà servie mais elle semble pas mal du tout avec de la place, un haut vent spacieux en forme tunnel et pesant 3 kg environ. C’est tout de même un prix puisque c’est une tente de trekking. Bref, nous partons heureux avec notre nouvelle habitation et nous dirigeons vers une auberge. Nous suivons les indications données, pénétrons dans la grande maison et acceptons les termes pour une nuit.
Demain nous partirons en direction du parc. Nous sommes enjoués et déterminés en nous installant dans le dortoir de 10 lits. Nous ne perdons pas une minute pour nous diriger vers le centre et demander des réservations de camping. Ici, le parc est payant comme partout : 29€. Mais il faut réserver des campings (et ce longtemps à l’avance, ce que nous ne savions pas) : entre 15 et 65€. Ah oui et il faut rajouter le transport pour 16€. Tout cela par personne bien sûr. En prenant les prix et les additionnant, on se rend compte que c’est très cher, trop cher pour nous en tout cas. Nous nous interrogeons, réfléchissons pour trouver la meilleur solution et entrer dans le parc. Nous lisons des témoignages, certains entre dans le parc lors de sa fermeture et réussissent à camper, d’autres payent le parc et campent quand même en payant. Cette industrie de la rando nous fait mal au cœur, aux tripes. Lors de nos passages dans les deux boutiques spécialisées des campings, les réponses sont les mêmes : Nous avons de la place à 100$ la nuit par personne ! Nos réactions doivent amuser les vendeurs et bien que neni, ils s’en foutent, le but c’est de vendre, faire du chiffre.
En lisant des blogs et des forums nous nous rendons compte de la supercherie. Depuis un an et demi environ le parc est réglementé de cette manière. Des gens réservent des mois à l’avance à prix fort pendant que d’autres tentent les coups de vices. C’est cinquante-cinquante ! Une nature commercialisée pour le plaisir des backpackers de luxe qui alignent la monnaie. Horrible, déconcertant et indigne d’une Patagonie qui se veut être le rendez-vous des amoureux de l’aventure et de la liberté. Nous nous vengeons sur un resto et nous couchons avec le mal de bide et ce pas à cause de la nourriture engloutie.
Puerto Natales JOUR 118 :
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Réveil douloureux mais la nuit porte conseil dit-on. En déjeunant nous entendons des canadiens et leur demandons des indications et leur expérience : Ils ont fait le parc et c’est fabuleux mais ils ont dépensé beaucoup d’argent, plus que prévu. Cela ne nous rassure pas mais l’histoire qu’ils nous racontent du gars ayant fraudé nous redonne un espoir.
Nous allons après maintes changements d’avis, nous filons en gare routière retrouver le frère de Nina, une copine du club de basket. Sans avoir d’indication si ce n’est qu’ils arrivaient à 11H30, nous filtrons les individus : « Tiens regarde celui-la, il a l’air français, non ? -Ouais, t’as raison je vais m’approcher pour écouter s’il parle bien notre langue ! » Finalement nous trouvons Théo et ses deux amies Cécile et Marie. Il sont, eux aussi, en trip en Amérique latine et vont étudier au Chili et en Argentine. Le contact se fait simplement et facilement et nous leur indiquons notre auberge. Ils finissent dans la même chambre puis nous allons manger un morceau en ville. Eux c’est pareil, ils ont squeezé le parc car il est trop cher et ils veulent se concentrer sur El Chalten et ses campings gratuits, remplis de trek.
Nous continuons d’échanger, de réfléchir et validons une bonne fois pour toute : Nous ne mangerons pas de ce pain là. Nous ne voulons pas dépenser pour dépenser, surtout pour du trekking même si le paysage doit être exceptionnel. Et puis il faut faire des choix et nous pensons à ce moment là que, même s’il nous faudra dépenser beaucoup aussi, nous préférons aller à l’Ile de Pâques !
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Les trois jeunes étudiants français tracent le lendemain à El Calafate, pour admirer le Perito Moreno, un géant de glace extraordinaire paraît-il. Nous leurs emboîtons le pas et réservons nos billets.
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Le soir, nous grignotons ensemble et délirons sur nos expériences autour d’une bonne bière.
Nous serons donc de retour en Argentine le lendemain, et la suite de nos aventures sera ici
Chile Chico + Puerto Rio Tranquilo JOUR 127:
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De nouveau au Chili, nous pénétrons dans la gare routière de Chile Chico et sommes accueillis par deux françaises un peu déprimées. Elle n'ont pas réussi à quitter la ville depuis deux jours car il n'y a pas de bus et les informations qui leurs sont données changent plusieurs fois par jour. Elles ont été rejoint par une autre française, un suisse, un américain et une japonaise. Nous sommes avec une belge, croisée à la frontière un peu plus tôt. Tout ce beau monde désire aller dans la même ville : nous sommes donc en position de force afin de trouver un véhicule. Ici, tout se monnaye, les locaux sont durs au mal en négociation, nous achetons donc un billet plus cher que le prix de base et affrétons un minibus pour douze. Au vue de la situation de nos acolytes, on préfère ne pas trop s'éterniser et tracer vers la Carpilla de Marmol ! Après quelques heures de trajet poussiéreux, nous débarquons à Puerto Rio Tranquilo.

C'est un pueblo au bord du lac “Général Carrera “ engouffré dans les montagnes et les pics enneigés, superbe ! Le groupe se sépare et nous dégottons une chambre chez l’habitant pendant que d'autres partent camper ou vers d'autres auberges. Nous réservons le bateau pour demain afin d'admirer la Capilla de Marmol. Ce sera pour dix heures lorsque le soleil sera de la partie. Nous retrouvons Marlène et Morgane et faisons des courses. On retrouvera le groupe demain pour le tour de bateau. La nuit dans un bon lit va faire du bien.

Puerto Rio Tranquilo JOUR 128 :
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Nous sommes chaud ce matin, il fait un temps radieux. Tania, Konomi, Marlène, Morgane, Laurent, Freeman sont donc de la partie et nous embarquons pour une heure quarante cinq d'observation des roches de marbres à 10 minutes de là sur l'eau. Il ne manque que notre belge Anne. Lors de ce moment nous en prenons plein les yeux, les couleurs sont sensationnelles, les roches ont été creusées et même sculptées par l'eau minéralisée du lac. C'est vraiment impressionnant et toute la troupe enchaîne les prises de photos et de vidéos. Il y a, comme dans les grottes montagneuses en France, des références à des animaux lorsque l'angle le permet. Nous voyons aussi une maison privée, le propriétaire est caché, dans la végétation sur un petit monticule surplombant le lac. Le guide est plutôt sympathique et rigolo. Au retour, nous passons la seconde, et prenons une petite douche au passage.
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Après cela nous mangeons un morceau et changeons de cap : Villa Cerro Castillo. La ruta 7, la carretera austral est, sur cette portion, caillouteuse et poussiéreuse. Les virages serrés sont gérés de main de maître par le chauffeur qui de temps en temps utilise même les dérapages afin d'éviter les véhicules arrivant en face. En arrivant, nous trouvons une auberge toute de bois vêtue où les prix sont attractifs. Tout le groupe se retrouve dans le même dortoir mais nous resterons plus longtemps car nous voulons faire le treck de quatre jours autour du village. Nous demandons des informations et après réflexion, réservons une deuxième nuit afin de bien nous préparer.
Nous mangeons en groupe le soir partageant de bonnes pâtes, assaisonnées de bien belle manière (et beaucoup de persil ! ). Nous accompagnons le tout de vin, blanc et rouge, pas forcément terrible voire dégueulasse. En même temps, ce sont deux briques qui font penser à du jus d'orange ! Nous allons nous coucher rempli de joie et de motivation.
Villa Cerro Castillo JOUR 129 :
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Nous laissons les cinq copains partir pour leur rando qui sera la fin du trek pour nous. Mais en demandant les infos, nous replongeons dans l'atmosphère commerciale du Chili. Parc payant, ça on le savait mais bus aussi et auberge qui fait payer la garde des sacs pendant la durée de la randonnée. Nous essayons de négocier car nous dormirons une nuit au retour. On a du mal, beaucoup de mal ! On réfléchit mais Samuel est énervé. Il a carrément envie de quitter le Chili. Mo calme le jeu et nous décidons de rester, se balader dans les environs pour prendre la route avec nos amis. Nous retrouvons Anne qui nous rejoint dans notre dortoir. Elle arrive sur le tard puisque elle visitait le glacier hier dans le village précédent.
Dans l'après-midi, nous partons pour une randonnée payante de 2h environ. Mais lorsque nous arrivons le prix est plus élevé : sept euros par personnes pour deux à trois heures de randos pour monter sur un mirador. Nous changeons d'avis et trouvons une route annexe le long de la rivière. Ici des particuliers achètent des terrains qui sont donc privatisés. Les prix sont différents en fonction des propriétaires et permettent l'accès au parc, affligeant ! Mais tout le pays fonctionne de cette manière. Après notre petite balade, nous prenons un petit goûter et les randonneurs arrivent petit à petit. Ce soir encore nous mangerons tous ensemble avant de partir vers Coyhaique demain matin.
Trajet + Coyhaique JOUR 130 :
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Une fois de plus, les incohérences chiliennes : nous voyons de nombreuses personnes attendre le bus de 10h celui pour lequel nous sommes inscrits. Un bus blanc patiente le long de la route avec des gens confortablement assis à l'intérieur. Nous demandons au conducteur ce qui se passe et lui précisons qu'il y a un listing avec des noms français. Nous avons un peu peur de ne pas embarquer puisqu’il y a une vingtaine de personnes à attendre pour seulement douze places. Finalement, nous pouvons tous grimper et prenons la route. L'objectif est de faire un parc ensemble avant de se séparer vers des routes différentes. En arrivant dans la ville nous trouver une logement chez l’habitant pour tout notre petit groupe. Nous sommes accueilli par Mamie Emma, qui possède un super Wifi. Retour à la civilisation cybernétique, nous redevenons tous un peu insociable et en profitons pour mettre à jour nos blogs.
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​Nous sortons tardivement de notre tanière afin de nous ravitailler pour les prochains jours et se restaurer. Nous nous retrouvons chez notre abuela et rigolons autour de gros sandwichs et d’une bonne bière. La nuit va être bonne, demain direction Puyuhuapi pour les dernières aventures communes de ce groupe.
Trajet + Puyuhuapi JOUR 131 :
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Nous organisons le départ, certains garderont les sacs à la gare routière pendant que d’autres iront retirer de l’argent et faire des courses. Le groupe part donc de Coyhaique et de l’habitation de mamy Emma, la grand-mère qui nous a accueilli la dernière nuit. Nous voyageons quatre heures environs sur une route à l’asphalte retrouvée mais aux virages toujours aussi capricieux et aux paysages toujours aussi incroyables ; mélange de montagnes enneigées ou arborées, de jungle, de lacs et aux couleurs du ciel qui diffèrent.
Arrivés à Puyuhuapi, nous trouvons des cabanes pour les huit voyageurs. Il y en a deux, dont une qui est vraiment grande, où tout ce petit monde pourra manger et se retrouver. Nous validons la réservation pour le trajet menant au parc national Queulat et au glacier suspendu. Nous filons faire des courses et mangeons chacun nos plats mais ensemble autour de la table dans le chalet.
Puyuhuapi JOUR 132 :
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Le bus est prêt pour 9h00. Le temps est pluvieux mais toute la bande est motivée pour cette balade. Nous roulons 1h environ avant d’entrer dans le parc. Sur le site, il y a des sentiers à emprunter afin d’observer les différents points de vue de la rivière ou des pics enneigés. Mais nous nous engouffrons dans un frêle chemin au cœur d’une végétation dense. Le parcours est pentu et original car c’est la première fois que nous marchons dans un environnement aussi humide. Cela donne chaud mais c’est une sensation plutôt positive et le sentier est, même si quelques passages sont vraiment gadoueux, un plaisir pour les jambes et les yeux.
Malheureusement, le bruit des randonneurs présents en nombre nous empêchera de voir des animaux mais c’est une côte très sympathique à pratiquer. En haut, pendant que chaque personne arrive à son rythme, quelques nuages restent collés au glacier avant de se disperser laissant place au spectacle. Le glacier suspendu fond en une cascade immense où les proportions sont difficiles à apprécier. Nous restons là, pendant quelques minutes en prenant des photos et en regardant médusés cette nature resplendissante.

Nous redescendons, alors que la pluie a fait son apparition, rapidement en évitant de glisser sur les troncs boueux ou la terre gorgée d’eau. Nous filons ensuite voir le Laguna « Tempanos » mais la pluie redouble donc nous ne traînons pas. Ensuite, nous nous regroupons sous des pierres, à l’abri, afin de manger un morceau. Mais, boulets que nous sommes, nous avons oublié nos sandwichs pendant que nos compagnons se régalent. Sympas ils nous proposent à manger et nous acceptons de grignoter. Nous prenons froid et traçons vers le site où l’on prendra le mini-bus lorsque nous apercevons une cabane où se sont réfugiés d’autres randonneurs.
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En entrant, nous enlevons nos coupe-vents trempés, et regardons, langue pendante, une tablée se délecter d’un bon plat chaud. Nous sommes un peu envieux surtout que nous n’avons pas beaucoup mangé. Anne vient se réchauffer auprès du coin cuisine aménagé lorsque le cuisinier lui donne un bout de pain. Deux minutes plus tard, il nous sert son plat, sorte de poulet basquaise, dans une petite assiette. Nous sommes super contents et nous jetons sur l’assiette garnie de poulet en sauce et pommes de terres. Nous proposons à nos copains de goûter mais ils hésitent gentiment pour nous laisser reprendre des forces. Mais lorsque la grande poêle avec les restes arrive, tout le monde se jette sur ce succulent repas. Un moment assez improbable ! Nous remercions grandement notre sauveur chilien avant de reprendre la route.
En rentrant on fait des équipes. Il faut faire des courses pour l’anniversaire d’Anne, la jeune du groupe !
Aussi, nous aimerions savoir quelles sont les options pour rejoindre Chaiten, la prochaine étape. Et puis, il faut faire un feu afin de tous se réchauffer.
Après cela, nous préparons le repas et l’apéro pour la belle soirée. Nous buvons du Pisco, l’alcool local du Chili, de la bière, et mangeons un bon repas soigneusement préparé par la troupe. Nous rigolons toute la soirée, remplie d’anecdotes aussi délicieuses qu’inattendues. Entre l’apprentissage du karaté par Konomi, le jeu collectif où il faut deviner un mot, le gâteau aux pommes succulent, nous nous couchons, assez tard pour certains, tous ravis de ce moment perdu en Patagonie.

Trajet + Chaiten JOUR 133 :
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L’équipe de huit va se réduire aujourd’hui. Konomi a décidé de faire marche arrière pour mieux avancer et retourner en Argentine. Laurent, le suisse, qui veut passer par Futaleufu et El Bolson en Argentine, fera un bout de chemin avec nous mais nous quittera aussi avant l’arrivée. Notre japonaise, part plus tôt alors que nous autres et nos cinq compagnons prenons un mini bus. Lors de ce voyage, juste après avoir déposé Laurent au village Santa Lucia, nous passons par une route réouverte depuis peu. En effet, l’effondrement d’un bout du glacier situé un peu plus loin a entraîné une gigantesque coulée de boue dévastant le village chilien. Nous roulons subjugués en traversant la zone ravagée par cette terre qui a dévalé un terrain immense. Un moment marquant où l’on se dit que nous sommes tout petit face au déchaînement de la nature.
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Plus tard, nous arrivons à Chaiten, nouvelle étape où nous ne sommes donc plus que six. Sam est heureux accompagné de cinq filles à présent. Nous trouvons une nouvelle auberge chez une autre mamy : Rita ! Plus speed que Emma mais tout aussi sympa, nous posons nos « mochilas » ici pour deux nuits. Nous ne savons pas encore où nous allons ensuite. Sam a demandé à Morgane de décider, elle aimerait beaucoup aller sur les Iles Chiloé.
Après s’être installés, nous partons en direction de la gare routière et maritime, une agence propose des trajets variés. Mo se décide alors, nous irons bien à Chiloé et nous suivrons les filles. Le soir, nous mangeons pizzas et burger pour le suivi de notre ligne. Demain direction le Volcan encore en activité !
Chaitèn JOUR 134 :
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Théo, le frère de Nina notre pote de Rezé, est aussi dans ce village. Après s’être croisés deux fois, nous nous retrouvons dans le bus pour escalader le « sendero » du volcan. Le véhicule conduit par un papy assez sympathique nous dépose au départ de la rando. Les locaux nous l’ont dit, le stop au retour sera facile même à huit avec des directions opposées. Nous nous élançons donc à l’assaut de cette montagne. Le sentier de pierre et surtout de bois organisé en escalier monte sévèrement dès le début. Ce n’est que l’entrée avant le plat de résistance où le cardio commence à monter, nous nous élevons vite et constatons déjà les résidus naturels et les arbres morts, nombreux, sur une pleine sectionnée de manière tranchée.
En continuant l’ascension de 600 mètres nous sentons nos cuisses chauffer. Comme pour le glacier chacun trouve son rythme et Marlène s’envole avec Théo sur le final où la pente rude est intense et terrible. Sam en troisième position doit s’arrêter deux fois dans les derniers mètres pour reprendre son souffle. Tous le monde arrive ensuite : Marie et Mo puis quelques instants après Anne et Tania et enfin Morgane habituée à fermer la marche. Mais ces efforts en valent la peine. Le volcan crache encore une épaisse fumée à certains endroits. C’est magnifique. Nous sommes sur une crête, le volcan face à nous mais nous pouvons aussi observer la vallée, le lac au loin et même la mer. Nous restons ici, à contempler et prendre des photos. Le soleil pointe le bout de son nez donc nous restons un peu plus pour manger. Un moment paisible et incroyable encore une fois.
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Ensuite il nous faut descendre et Mo préfère enfiler sa genouillère pour se sentir plus à l’aise. La descente demande moins d’efforts cardiaques mais sensibilise les cuisses puisque les escaliers de bois sont inégaux. Pendant cette inclinaison, nous sommes à l’opposé du cratère et observons cette splendide vallée. Une fois que tous les participants sont arrivés, nous nous dirigeons vers la route pour faire du stop. Nous demandons aux gardes du parc mais ils ne retournent pas vers la ville. Nous patientons tranquillement au soleil. Mais le temps passe et aucun véhicule n’est visible sur la route. Lorsque nous voyons une voiture au loin, nous sommes ravis mais à part nous envoyer de la poussière nous ne voyons rien d’autre. Il faut positiver, nous improvisons donc une pétanque pendant que d’autres s’allongent dans l’herbe. Heureusement le temps est clément.
Tout à coup des randonneurs se dirigent vers leur voiture. C’est tout bon pour nos jeunes étudiants qui ont trouvé leur taxi. Ils pourront continuer leur route vers l’Argentine. Cela nous donne de la force et beaucoup de véhicule foncent sur la route poussiéreuse. Mais aucun ne s’arrête ! Nous savons qu’un bus doit passer, ce sera notre solution de secours. Les minutes passent, nous l’apercevons au loin et lui faisons de grands signes. Nous sommes heureux mais il trace, nous frôle et nous ignore. Incroyable, nous allons devoir encore attendre. Une demie heure plus tard, un camion se stoppe devant Morgane, notre copine de route. Malheureusement, il n’y a qu’une place, elle embarque et nous sommes encore cinq à patienter.
Encore et encore nous ne trouvons pas chaussures à nos pieds et commençons à douter. Cela devient détestable quand des français nous doublent en embarquant dans une voiture où nous devions monter ! Pour le respect, on attendra aussi ! Mais les gardes du parc, présents pour tondre la pelouse, nous avertissent : si personne ne nous prend, il nous ramèneront à Chaitèn ! OUF.
Nous voila donc les quatre filles et Samuel à grimper à l’arrière de la voiture, Mo est sur les genoux de Sam, Marlène sur ceux de Tania et Anne au milieu. Nous voilà soulagés… et bien serrés !
En rentrant, c’est douche et repas, nous bullons ensuite et préparons la prochaine étape : L’Ile de Chiloé.

Chaitèn + trajet JOUR 135 :
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Sam n’a pas bien dormi. Nous avons demandé à Rita de pouvoir rester à l’auberge en attendant le bateau de 23H00. Marlène et Mo vont demander des infos afin de pouvoir arpenter de nouveaux chemins à une vingtaine de kilomètres de la cité. En revenant les deux filles constatent ce que nous savions déjà, à savoir que l’organisation des transports est complexe. Il n’y a pas de retour proposé sauf lors d’excursions. Nous décidons donc de nous balader dans le village lorsque Sam se bûche en sortant de la maison. La cheville a vrillé et nous mettons de la glace, il restera tranquille cet après-midi. Pendant ce temps, Mo et ses nouvelles copines partent pour une visite qui restera mémorable avec des paysages spectaculaires et enivrants ! Ou pas vraiment !
Le soir, nous mangeons avant de prendre le ferry pour Quellon première ville étape sur l’Ile de Chiloé.
La transition est longue avant le départ du monstre des mers dans lequel nous embarquons. Mais lorsque c’est le cas tous les voyageurs ferment doucement les yeux.

Trajet + Castro, Ile Chiloé JOUR 136 :
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Nous arrivons vers 5h00 à Quellón une ville au sud de l’île principale. Il nous faut maintenant trouver un bus pour rejoindre Castro la capitale de l’archipel. Nous trouvons un siège grâce à Anne qui nous a dégoté les dernières places dans le bus. Tous séparés dans le véhicule, nous finissons notre nuit et arrivons lors d’un magnifique levé de soleil. Les lumières sont exceptionnelles alors que les voyageurs ouvrent doucement les yeux. Nous voici arrivés et en recherche d’un hébergement. A six ce sera de nouveau un chalet car ce sera encore intéressant financièrement (et bien plus sympa pour tout le groupe). Nous trouvons notre bonheur non loin de la gare routière. Le site est plutôt spacieux. Nous avons la chance de dormir dans une grande chambre pendant que les quatre filles auront la leur.
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Le voyage nous ayant bien cassés, nous restons tranquilles un bon moment avant de partir à l’assaut de la charmante cité. Sam ne marche pas longtemps puisque sa cheville est sensible suite à la chute d’hier mais les filles continuent d’explorer les environs. La balade commence par un ensemble de maisons colorées sur pilotis, caractéristiques de la ville de Castro. Elles longent ensuite la mer et ses nombreux bateaux de pêches avant d’arriver dans un grand marché artisanale. Une petite après-midi sous une brise légère nous permettant de rester éveillées.
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Pendant ce temps, Sam coupe les ingrédients pour la cuisine du soir : oignon, poivrons, ail et poulet. Tania a décidé de préparer un espèce de wok, on s’en lèche les babines. Lorsque les filles rentrent nous finissons la cuisine et mangeons ce succulent repas. Encore une bonne bouffe très chaleureuse et une bonne tranche de rigolade.
Castro, Ile Chiloé JOUR 137 :
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Nous louerons une voiture demain. La pluie redouble ce matin et nous repoussons la visite de peur de ne pas pouvoir en profiter comme il se doit. Cela permettra à tout ce petit monde de se poser et contacter ses proches. Dans l’après midi un groupe se motive pour visiter un musée pendant que d’autres restent dans la cabane. Tania ne se sent pas très bien suite à des piqûres de punaises, Sam sent encore sa cheville et Mo s’est démotivée. De retour du musée, nous apprenons que Marlène a rencontré des mayennais dans la ville. Incroyable, ils vont donc venir manger avec nous ce soir.
La soirée est très sympa, nous buvons de nouveau l’alcool local, le pisco, accompagné de très bons burritos et échangeons sur les différentes aventures.
Castro, Ile Chiloé JOUR 138 :
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La voiture est louée mais nous avons d’abord dû changer de cabane après une nouvelle attaque de punaises dans la nuit. Encore sur Tania, la pauvre ! Il a fallu un peu de temps mais c’est réglé. Nous partons donc sur les îles avoisinantes.
Il y a un peu de trajet puisqu’une heure de route nous attend. Nous prenons le ferry pour passer de l’île principale à une autre plus petite. Nous allons au bout de celle-ci à Détif. Un endroit assez quelconque mais très sauvage, comme une bonne partie de la région. Nous repartons et Sam veut se mettre dans le coffre. Et oui, nous sommes six et serrés à l’arrière. Une vingtaine de minutes pour arriver devant un resto qui est en fait une cantine où nous mangeons du porc et du merlu ! Nous repartons car nous volons voir un pont suspendu en pleine nature. En y arrivant il faut payer, comme d’habitude. Nous marchons quelques pas et arrivons devant : c’est beaucoup plus impressionnant en photo ! Nous terminons la journée par le petit village côtier de Dalcahue où l’esprit de la pêche est très présent. Nous mangeons dans un restaurant où l’accueil laisse à désirer mais où les proportions sont encore gigantesques.
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Castro, Ile Chiloé JOUR 139 :
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Arrivés à Cucao et après avoir payé, nous marchons trois quart d’heure environ pour atteindre une passerelle en pleine nature nichée entre les falaises. Le parcours est vallonné mais sans réelle difficulté et nous arrivons rapidement sur le site. C’est superbe et ce décors de vent aux rafales puissantes, de ciel chargé de nuages, de mer au courant qui s’emballe et de verdure marquée nous rappelle notre bonne Bretagne. Nous profitons de cet endroit fort sympathique pour faire chauffer les appareils et admirer une vue magnifique.
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Ensuite, nous traçons vers « Puñihuil » pour admirer les pingouins. C’est raté, le vent présent empêche les bateaux de circuler et donc de contempler les mammifères. Nous finissons la journée par Ancud, la seconde ville de l’île où nous nous marchons en plein vent dans une ancienne forteresse qui ne nous marquera pas plus que ça. L’heure est venue de dresser un bilan de Chiloé : décevant, nous n’avons pas réussi à déceler le potentiel de cette région, certes, sauvage mais aux paysages connus qui nous ont rappelé ce que nous pouvons voir tout près de chez nous. Une légère frustration qui est aussi économique et de bon sens : la nature se paye toujours ici en Patagonie.
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De retour à Castro la fine équipe cherche et trouve un resto pour enfin manger des plats typiques de l’île. Du ceviche, du porcs finement préparé, des poissons grillés ou en sauce, ce repas est succulent et nous l’accompagnons de plusieurs pisco (naturel, au fruit ou même au Yerba Maté!).
La soirée se poursuit tout près dans un bar. Le pisco a fait son effet et tout le monde est bien joyeux ! La nuit est alors interminable alors que notre bus part à six heures.


Castro, Ile Chiloé + trajet + Bariloche JOUR 140 :
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Les préparations sont bouclées, nous filons vers la gare pour changer de cap. Les filles continuent ensemble vers Puerto Varas et restent au Chili. Voici presque quinze jours que nous étions accompagnés. Ce fut très appréciable pour nous de rencontrer des voyageuses et d’échanger ainsi que de vivre ensemble lors de ces deux semaines ! Bonne route à toutes et nous nous retrouverons peut-être ici ou là, si la vie est bien faite.
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Le trajet est dicté par le sommeil que nous avons à rattraper. Nous changeons de bus à Puerto Montt et continuons notre route. A la frontière, nous attendons trois heures avant de passer côté argentin et débarquons à San Carlos de Bariloche pour quatre jours. Il y a de bonnes randos à faire, des chocolats, de la viande et des lacs à perte de vue.
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Les choix sont difficile à faire mais nous les faisons. Nous tirons une croix sur Valparaiso, L’île de Pâques et Atacama : c’en est fini du Chili. Un pays au goût d’inachevé, mais nous y retournerons peut-être car beaucoup d’endroits semblent splendides et le peu de locaux rencontrés ont été super sympa. Nous changeons donc notre itinéraire qui sera rempli de bonnes surprises pour vous comme pour nous, on l’espère.
On poursuit notre route en Argentine : Venez nous lire !
