PEROU
Arequipa JOUR 196 :
Lundi 7 mai : nous arrivons à 5h00 en gare routière. Nous avons une heure de moins donc maintenant sept heures de décalage avec la France. Nous sommes crevés après avoir enchaîné un peu de marche d’altitude et de voyage en bus. Nous trouvons notre hôtel après avoir galéré dans le terminal. Mais tout fini bien et nous sommes superbement accueillis. Nous nous posons dans la chambre afin de nous reposer. Nous visitons le quartier, mangeons un morceau, gribouillons deux mots sur le carnet de voyage tout en triant nos photos et terminons notre sixième vidéo.
Arequipa JOUR 197 :
Nous partons, après avoir vu nos proches ce qui nous a fait très plaisir, vers le marché Camino, encore un lieu étonnant, même si nous en avons vu beaucoup. Nous déambulons et nous réparons le petit sac de Sam qui s’était décousu. Nous buvons, une fois de plus, un grand jus naturel. Le midi nous découvrons le jus d’orge, très spécial, que nous n’aimons pas particulièrement et filons dans l’intérieur d’une cour. Un lieu commercial très atypique, joli, tout en pierre avec des sculptures et un balcon qui entoure ce site majestueux. Nous visitons ensuite de plus belle le centre historique et Mo commence à regarder les ponchos, les vrais ! Il est difficile de savoir tellement il y a de boutique ou magasins de vêtements mais l’idée de trouver un pull en Alpaga séduit beaucoup Morgane. Mais nous ne craquons pas, attendant de s’informer, et rentrons à l’hôtel.

Arequipa JOUR 198 :
Pour l’instant, la beauté des paysages, les villes, les gens et l’atmosphère nous font aimer ce pays. Arequipa est superbe et son centro en est le parfait exemple. Elle est la capitale de la région péruvienne du même nom, fondée à la période coloniale. Entourée par 3 volcans, elle regorge de bâtiments baroques construits dans une pierre volcanique blanche, le sillar. Son centre historique se situe autour de la Plaza de Armas, une place élégante où se dresse, au nord, une cathédrale néoclassique du XVIIe siècle, qui abrite un musée exposant des objets religieux et des œuvres d'art. Nous nous engouffrons dans le monastère Santa Catalina. Il a été construit en 1579 et sa surface est de 20 462 m2.
Il hébergeait 450 religieuses en clôture, qui n’avaient aucun contact avec le monde extérieur jusqu’en 1970. Aujourd'hui, il compte environ 40 carmélites. Le couvent est si vaste qu’il est semblable à une petite ville avec ses rues, ses jardins, ses cloîtres et ses parcs. Le couvent est au centre de la ville d’Arequipa, classé au patrimoine mondial. Il a conservé son architecture originale du XVIè siècle. Après trois heures de visites enchantées, nous décidons de retourner nous renseigner pour les vêtements. Sam essaie un pull mais les laines le dérange, il n’en achètera pas. Mo continue ses tests mais attend toujours avant de se décider. Le soir, c’est repas à emporter et repos mérité.
Arequipa JOUR 199 :
Nous tentons, le matin, de joindre Thierry, le père de Mo mais les connexions ne nous font pas de cadeaux. Frustrés, nous nous élançons dans les rues et filons directement dans un magasin repéré. Un poncho aux couleurs marrons, blanches et grises a fait de l’œil à Mo. Finalement, après quelques hésitations, nous repartons avec et un bonnet pour Sam. Craquage pour ce jour, veille du deux-centième quand même, et pas le dernier. Après, nous marchons quelques minutes pour se rendre au mirador de la ville.
En s’élevant, nous prenons conscience de la grandeur de la ville et de son million d’habitants. Sur place et sur la place, nous sommes déçus. L’esplanade est jolie, sans plus, et la vue est pas mal mais rien de fou. Ensuite, nous montons dans un bus, encore un mini-van bondé, pour acheter nos billets de bus direction Cusco. Sans trop y réfléchir, nous anticipons en vue du week-end. Une fois notre sésame en main nous retournons vers le centre et nous pénétrons dans un resto repéré depuis notre arrivé. Les menus du midi semblaient très bons et bon marché à 25 sols (soit un peu moins de 6€).
Lorsque nous nous hissons à l’étage, sans avoir regardé la carte, nous nous demandons ce que nous faisons là. C’est très classe, avec une déco épurée, une musique lounge légère et un accompagnement pro dès le départ. Sam, déterminé, veut un « Pisco sour ». C’est un cocktail typique de la cuisine sud-américaine. Le nom de cette boisson provient à la fois du Pisco, l'alcool utilisé et sour, mot anglais en référence à l'amertume du jus de citron et des composants édulcorants du cocktail. Le Chili et le Pérou revendiquent le pisco sour comme boisson nationale, et chacun de ces deux pays affirme être le détenteur de l'alcool de base du cocktail. Cependant, les deux types de pisco utilisés par ces deux pays et les différentes façons de préparer le pisco sour rendent ce cocktail différent au niveau du goût selon la nationalité.
Instant recette : 10 cl de jus de citron vert (pressé, pas tout prêt !), 10 cl de sirop de canne, 1 blanc d'oeuf battu en neige avec 1cc de sucre cristal, 16 gouttes d' angosturas, 4 glaçons pilés.
La préparation : Mélanger le pisco, le jus de citron et le sirop de canne. Battre le blanc d'oeuf en neige avec la cuillère à café de sucre, puis mélanger avec le reste des ingrédients. Ajouter les glaçons pilés au moment de servir dans de petites coupes. Blancs d'oeufs, autres ingrédients et glaçons à piler, peuvent être mélanger au mixer (blender) juste avant de servir. 2 gouttes d'angostura sont à ajouter à la surface de chaque coupe servie. Un délice que sert le serveur à Sam. Un délice un des plus cher depuis notre arrivée au Pérou. Il faut savoir que Le Pisco aurait été inventé par des immigrants italiens qui auraient voulu reproduire au Pérou la Grappa italienne. Pisco est la ville péruvienne où est né l’alcool de raisin du même nom. Le Pisco sour est un cocktail très utilisé au Pérou comme apéritif, il est délicieux. Dans le Pisco sour Chilien, l’amargo d’Angostura est remplacé par de la cannelle et les proportions sont un peu différentes.


Ensuite nous ouvrons la carte ! Ok, nous comprenons tout de suite le deuxième craquage de la journée. Le restaurant est gastronomique et moléculaire ! Nous en aurons donc pour notre argent et sommes pressés de découvrir nos plats. En entrée, nous dévorons un ceviche de crevettes fris et crues mélangées à de l’avocat et de la mangue, le tout accompagné de la légendaire sauce citronnée, d’oignons crus et piment. Encore maintenant en écrivant, nos papilles en sont toutes émues. La présentation est magnifique constituée sous forme d’une pyramide. Nous enchaînons avec les plats. Magret de canard, figue, accompagné d’une saucisse de confit de canard et des pommes de terres croquantes pour Sam. Sole, purée de mais, légumes croquants et sauce citronnelle citron pour Mo. Nous dégustons le tout avec un bon verre de vin. Toujours bien organisés, nous fonçons au lit, le réveil va piquer à 2h30.
Canyon de Colca jour 200 :
Le minibus tarde à arriver. 3H45, nous sommes finalement soulagés, on pensait avoir été oubliés. Notre premier arrêt sera dans le village de Chivay pour prendre notre petit-déjeuner. Vite gobé nous repartons en direction de Cabanaconde où nous laisserons le véhicule. Mais avant cela une deuxième halte nous attend au mirador des condors. Nous en prenons plein la vue, on ne s’attendait pas à ça mais ils sont tout près, volant au dessus de nos têtes, se posant à quelques mètres seulement de nous et déployant leurs ailes pour notre plus grand bonheur. Les condors sont de grands oiseaux de proie principalement charognards d'Amérique caractérisés par des ailes d'une très grande envergure.
Nous arrivons ensuite à Cabanaconde. Nous descendons un peu avant l’entrée du village. De nombreuses personnes sont déjà présentes et nous intégrons un groupe déjà existant. On se rend compte que peu importe l’agence avec laquelle on passe, tout le monde se retrouve plus ou moins ensemble. La prestation reste la même. Nous écoutons et faisons connaissance avec notre guide Jonathan. Et c’est parti pour 3h de descente, un dénivelé de 1200 mètres sur un chemin très pentu en bord de falaise.


Le début se passe plutôt bien mais au bout de 2h, le vertige de Mo commence à s’inviter à la partie. Il suffira d’une petite glissade entre la falaise et une pierre lisse pour que la panique arrive. Tant bien que mal nous arrivons en bas. Mo a les jambes qui tremblent mais au moins la descente est terminée. Après le passage d’un pont suspendu, une petite montée de 15 minutes nous attend. Une seule personne peut passer tellement le passage est étroit. La panique revient, Mo monte assez rapidement mais une fois en haut, c’est la crise d’angoisse. Jonathan arrive à la calmer en lui donnant des techniques de respiration et en la rassurant sur la suite du parcours. Il ne reste qu’une petite demie heure de marche avant le déjeuner et Sam, gentiment, prend le sac de Mo pour cette dernière partie.
Le déjeuner est assez léger mais cela fait du bien de faire une pause. Nous n’avons pas beaucoup dormi, n’avons pas beaucoup mangé au petit-déjeuner, sommes encore un peu malade, et avec l’altitude, cela forme un mélange assez explosif.
Après une petite heure de pause, c'est reparti pour le deuxième partie de la marche. Encore environ 2h pour arriver à l’oasis dans laquelle nous allons dormir. Mo est un peu requinquer et l’après midi se passe mieux, entre montée difficile et descente glissante. Juste avant d’arriver à l’oasis nous achetons quelques provisions à un petit marchand pour le lendemain : eau, banane.Il est 16h passé lorsque nous arrivons à l’hostel. Sam se change rapidement pour sauter dans la piscine pendant que Mo n’y trempe que les pieds en sirotant un maté. Vers 19h tout le groupe se retrouve pour le repas du soir mais personne ne tardera ensuite car le départ est prévu pour 5h le lendemain.
Canyon de Colca Jour 201 :
Réveil 4h30, quelques amandes et une banane, c’est parti pour 3h de montée et 1200m de dénivelés (forcément c'est ce que l'on a descendu la veille) avec pour récompense le petit-déjeuner à l’arrivée.
L’ascension démarre à la lampe torche mais rapidement le jour se lève. Pendant environ trente minutes nous suivons tous Jonathan avant que chacun ne parte à son rythme. Sam part rapidement en tête avec quelques personnes.
Mo : Elle préfère y aller plus tranquille en faisant un peu plus de pauses. La montée est vraiment difficile, avec de nombreux passages en escaliers, qui deviennent rapidement compliqués pour ses petites jambes. C'est un véritable effort à chaque pas ! Pour compenser Mo multiplie les arrêts afin de reprendre sa respiration et des forces dans ses gambettes. Jonathan lui indique que nous en sommes à la moitié… Chouette mais c'est encore loin ! Elle continue son ascension, des mules la doublent et le doute s'installe quelques secondes. Va-elle craquer elle aussi ? Impossible, son objectif est d’arriver en haut et dans les 3 heures données. 30 minutes avant la fin du parcours, Jonathan lui propose ses bâtons. Heureuse comme jamais elle accepte et c'est le soulagement pour ses cuisses. 8H05, Morgane arrive enfin au sommet du cerro ! Fatiguée comme jamais, rouge écarlate comme toujours, mais avec la fierté de la réussite. Elle retrouve Sam pour une petite séance photo. Elle l’a fait !
Sam : Lorsque Jonathan nous donne le feu vert pour grimper à notre propre vitesse, Sam se sent bien et part avec nos deux espagnols déterminés, eux aussi. Ils sont sur un bon tempo tout en profitant au mieux des paysages fabuleux de ce canyon. Après une bonne vingtaine de minutes, ils boivent un coup et repartent. Le rythme est effréné mais les trois marcheurs se sentent comme des aventuriers dans une côte au dénivelé certain. Mais lorsqu’un des deux acolytes de Sam se sent mal à cause d’une ampoule, il repart seul à l’attaque de ce sentier. Dans les derniers mètres, c‘est plus dur et le manque d’air se fait ressentir. Mais grâce à l’aide d’un compagnon de route rencontré par hasard, il finit la montée en 2h20. Une sacrée satisfaction pour lui où il n’a pas senti son tendon d’Achille.

Une fois les esprits retrouvés pour tout le monde, nous repartons pour 20 minutes de marche afin de rejoindre l’auberge où le petit déjeuner nous attend. Vers 10h, nous reprenons le bus pour le chemin du retour. Plusieurs arrêts sont de nouveau prévus, belvédère de la vallée, Chivay, élevage de la lamas, et mirador des volcans. On essaye de dormir entre les arrêts mais ce n'est pas évident. Nous sommes de retour à Arequipa vers 18h. La course contre la montre commence, nous devons retourner à l’hôtel, nous doucher, refaire nos sacs, et repartir vers le terminal de bus. Après un bon coup de speed et de stress, nous arrivons à la gare routière vers 19h20. Notre bus part à 20h00, direction Cusco.
Cusco JOUR 202 :
Nous arrivons tôt à Cusco, la capitale historique du Pérou. Nous rentrons dans une auberge recommandée par Julia, responsable de l’hotel d’Arequipa. Nous sommes bien accueillis, finissons notre nuit et partons rejoindre les deux M qui sont présentes dans la ville depuis quelques jours. Nous trouvons, par la suite, une bonne adresse afin de manger. Les filles doivent se préparer pour le Salkantay, trek de cinq jours que nous voulons également faire en direction du Machu Picchu, et nous devons acheter des sacs à dos d’une trentaine de litres pour remplacer les nôtres qui sont abîmés. Mais ce n’est pas chose facile puisqu’il y a beaucoup d’imitations et nous ne voulons pas faire d’erreur. Finalement nous trouvons une boutique avec du matériel qui a l’air de bonne qualité. Sam voit un sac parfait pour lui mais il doit retourner à l’hostel afin de récupérer de la monnaie. A son retour à l’échoppe, il voit Mo, armée de bâtons de rando à discuter avec la vieille dame. Nous repartons donc avec bâtons, sac et même des serviettes de toilette puisque nous en avions perdu une.
Le soir, nous sommes tranquille afin de reprendre des forces. Demain nous validerons les treks que nous voulons faire.
Cusco JOUR 203 :
Nous sortons assez tard après avoir discuté avec notre hostel qui propose aussi des excursions. Mais les prix sont surprenants et assez cher. On nous soumet une ristourne de 3 euros pour un investissement de 500€. Nous avons prévu de rester dans ce lieu et nous nous attendions à plus de considération. Mais nous attendons et traçons vers un resto français à quelques pas. Cette taverne est mignonne comme tout, nous craquons pour la raclette à environ 7 euros avec fromage, charcuterie, salade, cornichon et pommes de terres. Nous buvons un bon vin rouge chilien pour l’occasion, le Bordeaux étant hors budget ! Et puis après réflexion, nous demandons une nouvelle dose ! Ce n’est pas tous les jours que nous pourrons nous régaler de cette manière.
Ensuite, nous partons acheter le petit sac de Mo, mais c’est difficile, elle ne trouve pas ce qu’elle veut et certains modèles la gènent. Il ne faut pas faire d’erreur puisque ce sont des sacs que l’on prendra pour les treks. Ensuite nous validons pour le lendemain la montée vers la montaña colorada ! Un parcours de 2h30-3h avec un sommet à plus de 5000 m. Mais le réveil sera très tôt puisque nous partirons à 4H demain matin. De ce fait, nous filons préparer nos sacs, en effet, nous ne resterons pas dans l’auberge où nous sommes puisqu’ils n’ont pas voulu faire d’effort financier aussi bien pour le logement que pour les excursions. Partout, les Péruviens sont durs en affaire. Et ce malgré un nombre important de touristes.
Cusco [Montana Colorada] JOUR 204 :
La sonnerie du réveil résonne dans nos têtes, alors que nous émergeons, nous finissons de boucler nos affaires. Nous les stockons en sécurité et partons vers l’agence afin de prendre le bus pour deux heures de voyage. Cela nous permet de finir notre nuit, et lorsque le mini-bus se stoppe nous sommes déjà devant une maisonnette où nous mangerons le petit déjeuner. Trente minutes plus tard, nous repartons et roulons sur une route en bordure de montagne afin d’accéder au début du trek.
Les consignes de sécurités données nous nous élançons et constatons qu’un nombre important de marcheurs est présent sur le chemin, tel des fourmis suivant la même route. Mais l’espace gigantesque nous permet d’avoir ce sentiment de tranquillité. Nous discutons enfin avec les vacanciers présents dans le bus. Des Italiens que l’on chambre volontiers sur la non présence à la coupe du monde ainsi que des Français présents pour l’occasion. Mo commence la montée tranquillement avec un couple alors que Sam, accompagné de Valentin un jeune étudiant de commerce vivant au Chili, discute à une vingtaine de mètres plus loin.



Le début est plaisant et sert de bon échauffement puisqu’il s’agit d’un faux plat avant d’attaquer un chemin plus pentu.
L’ascension est moins brutale que la remontée du Canyon de Colca mais nous sommes plus haut en altitude, nos pas sont plus lourds et la difficulté à respirer est de plus en plus présente à mesure de notre avancée. Sur le chemin, les lamas, alpagas et chevaux (pour ceux qui ont plus de difficultés à grimper) nous accompagnent. Arrivés au premier mirador, à un peu plus de 5000 mètres, la tête nous tourne un peu mais le paysage est à couper le souffle (que nous avons déjà du mal à retrouver). Une chaîne de montagnes aux ondulations de couleurs jaune, rouge, orange, marron, vert, bleu… incroyable. Dernière grimpette et pas des moindres pour atteindre le 2ème mirador. Nous sommes à 5200 mètres d’altitude et observons une vue à 360 degrés sur l’ensemble de la vallée. Splendide ! Rapidement nous remettons bonnets, gants et manteaux car le froid se fait vite ressentir. Le temps de prendre quelques photos, d’apprécier le moment qu'il est déjà temps de redescendre.
1h30 durant laquelle bizarrement le léger mal de tête apparu au sommet s’accentue sévèrement. Tupak, notre guide félicite le groupe et nous reprenons le minibus pour déjeuner et revenir sur Cusco.
Une journée bien remplie, beaucoup de route mais çela en vaut vraiment la peine !
Cusco, Jour 205 & 206 :
La nuit nous a fait du bien. Nous sommes en forme. Le programme d’aujourd’hui a été calé en fonction d’une chose: la finale de L’OM en coupe d’Europe à 13h30 ici au Pérou. Nous partons donc le matin nous battre avec les banques pour retirer des sous, toujours une vraie galère. Au bout de 2 heures à tourner en rond et attendre, nous pouvons enfin aller régler notre Trek Salkantay pour aller au Machu Picchu. Déjeuner rapide et achat de sac pour Mo avant de retourner à l’auberge. L’après midi sera tranquille entre le match et l’avancée du site, nous sommes très en retard.
Journée tranquille en ce 206ème jour où nous réglons les derniers détails pour notre trek. Nous joignons le frère et la mère de Sam ce qui nous rempli de joie. Demain le réveil sonnera à 4h00.
SALKANTAY TREK : DE CUSCO AU MACHU PICCHU JOUR 207 à 211 :
Jour 1 départ de Cusco + ascension vers le lac “Humantay” :
Nous nous réveillons encore aux aurores pour l’aventure. D'un commun accord, tous les voyageurs se retrouvent devant l'agence pour le grand départ. Le voyage est relativement long mais nous arrivons tout de même à dormir un peu. Dans le véhicule, des gens se connaissent déjà, parlant hollandais, et nous comptons le nombre : 11 ! Et bien nous voilà embarqué avec une bonne dizaine de bataves qui parlent très bien anglais, il va falloir se faire violence et pratiquer la langue de Shakespeare ! Deux Belges, une Danoise et une Italienne complètent ce joyeux groupe motivé. Nous mangeons le petit dej’ sur une terrasse, perdue entre montagne verdoyante et le ciel bleu aux nuages éparses. Les discussions débutent alors et nous faisons connaissance en échangeant sur nos destinations respectives ainsi que sur celles à venir. L'atmosphère semble très sympathique mais nous sommes bloqués par la langue.
En espérant que nos acolytes seront conciliants. Après soixante minutes de route sinueuse en bordure de précipice, superbe mais de temps en temps assez flippante, nous sortons du van et commençons la première ascension. Nous nous dirigeons vers le laguna “Humantay” pour deux heures. L'effort est intense et l'air se raréfie au fur et à mesure que l'on progresse sur le flanc de ce sommet. Au loin nous apercevons déjà le "Salkantay” pic enneigé mythique ici, car il est très dangereux et donc difficile à gravir. Lorsque nous arrivons, le lac s'offre à nous pour plusieurs minutes. Notre guide, Vladimir, nous raconte de belles légendes et des réalités historiques surprenantes mais souvent logiques et animées par la nature.
Celle-ci est au centre des croyances des Incas. D'ailleurs, il ne faut pas parler “des Incas” nous dit-il. Il n'y a qu’un seul Inca qui était le leader de cette civilisation si mythique. Nous restons donc un bon moment afin de profiter de la beauté de l'eau cristalline du lac. Nous profitons de cet instant pour grimper sur un monticule situé sur notre gauche, rejoints par deux gars du groupe. Mark et Tom deux néerlandais discutent gentiment avec nous, alors que nous découvrons le drone du premier cité. Une machine assez incroyable qui surplombe tout cet espace d'une facilité déconcertante. En descendant, nous parlons du voyage (ils le font en moto) et des Français. Ils ne les aiment pas trop. A ce moment, nous ne sommes qu'à moitié surpris et comprenons leurs dires. Ce n'est pas la première fois que l'on nous décrit de manière négative car nous restons de notre côté sans essayer de parler une autre langue. Mais nous leur montrons que nous ne sommes pas comme d'autres et nous leur disons que c'est une réalité qui semble inconsciente mais vérifiable avec beaucoup de Français.
Ensuite l'heure du retour a déjà sonné et nous embrayons le pas de Vladimir afin de redescendre au premier camp. La nuit sera fraîche nous dit-il, il faut se préparer à cela en installant nos affaires dans de petites cabanes en forme de tipi. Nous nous reposons un moment et filons rejoindre nos compagnons. C'est alors qu’une fille du groupe propose de jouer au loup-garou. Nous acceptons car nous connaissons le jeu mais cela va être fun en anglais… Finalement nous rigolons bien alors que le repas arrive et que Vladimir nous explique le plan pour demain. Il nous propose aussi une randonnée dans une cité inca méconnue qui semble très sympathique. Mais tout a un prix ici et cela nous coûtera 30€ de plus si on est intéressé. Très tôt nous rentrons vite dans nos duvets en espérant ne pas avoir trop froid.






Jour 2 montée au Salkantay et descente en jungle à Chawllay :
Nous n'avons pas eu froid et nous avons bien dormi. Nous sommes prêts à affronter le pic légendaire avant de plonger dans la haute jungle. En arrivant au petit déjeuner, nous sommes les premiers, rejoints peu à peu par le reste du groupe. Après cela, tout ce petit monde bien équipé pour affronter le froid commence à marcher. L'air est frais et nous sommes haut, à 3900 mètres. Mais cela se passe bien et très vite nous enlevons des couches de vêtements. Nous grimpons gentiment encore dans la plaine ancrée entre le Salkantay et le “Humantay”. Ce dernier sommet s'efface et alors que nous enjambons le ruisseau limpide les premières vraies difficultés commencent. C'est un chemin caillouteux en lacet qui s'élève franchement. Sam part devant mais attend Mo pour qui la côte est plus difficile. Ensemble nous arrivons au sommet et rejoignons les aventuriers de notre groupe. Nous continuons, aujourd'hui la rando est la plus difficile du trek avec neuf heures de prévues.
Il nous faut avancer et le terrain nous montre qu'il est dur de progresser, l'altitude faisant son effet et nos muscles manquant d'oxygène. Mais nous y arrivons. Tantôt en parlant avec les uns et les autres. L'ambiance est vraiment positive et notre guide est un bon animateur. Lorsque nous arrivons en haut du pic du Salkantay, pour Mo c'est la délivrance, c'était compliqué pour elle, ses jambes ne répondant plus par moment. Accompagnés de Ruben l'aide guide, très gentil, nous avons monté à notre rythme et nous l'avons fait. Nous faisons les photos de groupe et c'est toute une histoire, à chaque fois, Vladimir nous met en scène pour faire des clichés rigolos et les rendus sont très réussis la plupart du temps.
Quelques instants plus tard, nous faisons une cérémonie pour la “patchamama” ! Le principe est de remercier le soleil pour sa puissance et sa luminosité ainsi que le sol pour sa fertilité et de remercier aussi les êtres présents autour de nous en buvant cul sec une tequila péruvienne (inka tequila) dans un petit bouchon. C'est très original et le moment est spécial, tout le groupe se prend au jeu et nous nous dirigeons ensuite vers le lac du Salkantay. Encore une prouesse de la nature avec sa couleur bleue intense et ses pics qui l'entourent.
Il est déjà l'heure de descendre et une belle pente nous attend pendant un bon bout de temps. Nous nous enfonçons donc dans la vallée magnifique par ses reliefs et sa flore puis nous restons une heure dans une petite auberge afin de se ravitailler. Toujours accompagnés de cette joyeuse ambiance, nous reprenons des forces et dévalons pendant de longues heures le chemin. Nous observons les changements climatiques avec l'apparition d'une végétation plus dense, humide et des arbres exotiques.
A l'arrivée, après avoir bien discuté avec Morgane et Harry le couple Belge du groupe, nous sommes soulagés, la journée fut longue ; nous sommes heureux de pouvoir nous reposer et prendre une douche… froide ! En effet, la chaude est payante et nous préférons boire une bière. Cette toilette est glaciale mais nous fait un bien fou. La soirée est encore un bon moment de jeu où des parties mythiques de loup garou sont jouées et où les bières coulent à flot.
JOUR 3 de Chawllay à Santa Teresa en passant par la cité inca Llactapata :
Le réveil est encore tôt ! Nous avons validé l'idée de Vladimir et nous allons découvrir une petite cité Inca méconnue des touristes et peu visitée. Cette proposition n'est pas comprise dans le Trek et nous devons payer 50 soles par personne essentiellement pour les transports. En effet nous roulons une bonne heure avant de nous arrêter devant le chemin des incas. Encore en jungle haute, nous démarrons de pieds fermes, en attendant de voir ce que cette rando va nous offrir. Le premier arrêt est déjà surprenant et très intéressant, nous découvrons une maison de production de café artisanal. La femme crée son café avec un peu de matériel, du feu de bois et le vend aux visiteurs. Nous goûtons le jus péruvien, il est excellent et accompagné de bananes frites et de manioc préparé, le tout est savoureux. Bien sûr plusieurs voyageurs craquent et achètent le café moulu ou non !
Nous aussi nous acquérons la graine. La marche est encore longue pour arriver à notre destination. La sensation de fatigue est complètement différente, ici pas de problème de respiration à cause de l'altitude mais une humidité très forte, une chaleur lourde et des escaliers naturels en nombre. Mais nous nous sentons très bien, Mo n'est plus gênée par le manque d'air et galope comme jamais. « Peut-être que notre connaissance de la jungle Bolivienne nous aide » se dit-on. Nous débarquons sur un premier mirador très impressionnant où nous sommes reçus par une famille vivant là et vendant des articles tels que de l'eau et de la nourriture, ils ont tout compris. Après avoir soufflé, mangé et bu, nous attaquons la dernière partie. C'est très difficile, encore une sévère pente fait face à nous. Alors qu’il a pris du retard sur les leaders, Sam les rejoint pour l'ultime ascension où l’oxygène est de plus en plus dur à trouver et où les cuisses sont en feu. Mais nous arrivons sur le mirador incroyable donnant sur le Machu Picchu au loin.
Les mots sont introuvables pour décrire ce sentiment du devoir accompli et récompensé par ces paysages sensationnels. Mo rejoint ce premier groupe dix minutes plus tard et nous retrouvons les autres vers la cité. Oui elle existe et cet instant d'explication est plus qu'enrichissant. La civilisation inca est une civilisation précolombienne du groupe andin. Elle prend naissance au début du XIIIè siècle dans le bassin de Cusco dans l'actuel Pérou et se développe ensuite le long de l'océan Pacifique et de la cordillère des Andes, couvrant la partie occidentale de l'Amérique du Sud. À son apogée, elle s'étend de la Colombie jusqu'à l'Argentine et au Chili, par-delà l'Équateur, le Pérou et la Bolivie. Llactapata (Quechua) est un site archéologique situé à environ 5 kilomètres à l'ouest de Machu Picchu . Le complexe est situé dans la région de Cusco , province de La Convención , district de Santa Teresa, au sommet d'une crête entre les bassins versants d'Ahobamba et de Santa Teresa. Le site a des murs avec des niches et il est situé sur quelques ravins.
De cet endroit, vous avez une vue vers Machu Picchu et Huayna Picchu . C'est tout simplement un enchantement de voir ça et de contempler le Machu Picchu avant de l'escalader dans deux jours. Nous restons là un bon moment, prenant de nombreuses photos et repartons pour une descente de folie accompagnés de Anna, l'Italienne et Martin, un Hollandais en couple avec Kiki depuis quelques d'années. Cette glissade est hilarante, nous rigolons bien tous les quatre malgré l'interminable devers qui nous pique les genoux. La chute, à chaque virage n'est pas loin mais nous restons dignes et debout jusqu'au final : un pont suspendu magnifique que Mo a adoré traverser pendant que Sam le faisait bouger de toute part. Ensuite, nous grimpons de nouveau dans un bus pour rejoindre Santa Teresa et notre prochain camping. L'après-midi sera consacrée à soigner nos corps douloureux en profitons des eaux thermales du coin. La soirée est arrosée, nous pourrons dormir tard demain matin, jusqu'à sept heures ! Soirée où les chanteuses du groupes dévoilent leurs talents alors que d'autres jouent à un jeu d'adresse, dansent ou sirotent leurs boissons autour du feu. Demain, nous nous séparerons, Mo marchera en direction d’Hydroeléctrica pendant que Sam ira s'amuser sur les cinq ziplines traversant la vallée à plus de 80km/h.




JOUR 4, de Santa Teresa à Aguas Calientes en passant par Hydroeléctrica :
Réveil plus tardif, le couché fut également plus tard mais la fatigue se fait tout de même sentir. Sam part avec la majorité du groupe pour l'activité zipline. Comprenez cinq tyroliennes à travers les montagnes. Mo fera le parcours à pieds avec d'autres aventuriers d'un autre groupe.
Sam : lorsque nous arrivons, des jeunes tout équipés nous attendent. Il faut se dévêtir car il fait chaud même en haut et mettre de l’anti-moustique. Ensuite ils nous équipent et nous grimpons dans un van histoire de s'élever et commencer les choses sérieuses. Les consignes de sécurités nous sont expliquées et nous commençons le parcours de cinq tyroliennes. C'est très impressionnant et la vitesse prise renforce ce sentiment alors que le paysage nous entourant est superbe. Lors de la dernière corde, nous pouvons nous mettre en position oiseau ou superman. Un délice où l'impression de voler est incroyable. Finalement, nous terminons l'activité par un pont suspendu où nous sommes sécurisés par des mousquetons. Presque deux heures de sensations fortes et nous rentrons vers Hydroeléctrica en minibus.
Mo : c'est parti pour 2h30, 2h45 de marche. J'aurai pu m'en passer mais cinq tyroliennes me paraissent beaucoup trop pour mon petit coeur. Nous sommes cinq à faire le chemin sur un parcours qui est loin d'être aussi palpitant que les derniers jours. Nous longeons une route poussiéreuse le long de la rivière. Le soleil tape fort et les petits montées deviennent vite transpirantes. Nous arrivons à Hydroeléctrica en seulement 2h15.
Une fois le repas avalé, nous partons pour Aguas Calientes la dernière étape de notre périple. Une marche de 3h en longeant la ligne de chemin de fer. Une session moins difficile que les autres mais mentalement "hard" au vu de la fatigue et de l'investissement de ces derniers jours. Mais nous arrivons tous à destination, dans un hostel, avec un vrai lit et une douche chaude. Nous nous retrouvons dans un resto où nous dévorons un bon repas à base d'avocat, de poulet et de pâtes aillées. Tout le monde se couche à l'heure des poules, une énorme dernière journée nous attend demain.
JOUR 5, de Aguas Calientes à Cusco en passant par le Machu Picchu :
Jour J, jour des braves. Après quatre jours magnifiques d'aventures, nous sommes cuits, le réveil est compliqué. Mais courageux et forcément impliqués pour voir ce vestige inca, nous préparons nos sacs, embarquons un en-cas et filons, tous ensemble vers l'entrée du parc. Celle-ci ouvre à cinq heures et nous sommes les premiers à avoir l'autorisation de pénétrer sur le pont afin de gravir les 1900 marches et pénétrer enfin sur LE site.
Armés de nos frontales et lampes puissantes nous éclairons les escaliers naturellement inégaux et crevants. Heureusement nous ne voyons pas ce qui nous attend. Mo prend son temps pour escalader cette dernière difficulté mais elle arrive en haut complètement épuisée et énervée alors que Sam, arrivé quelques minutes avant, est comme un gamin pressé que les portes ouvrent. Mais une foule déjà impressionnante attend devant l’entrée. « Il devrait y avoir un privilège pour les courageux qui montent les marches !» cri alors Samuel au milieu de l’affluence. « On devrait rentrer en premier et avoir une heure de tranquillité dans la ville !» Finalement, les portes s’ouvrent et nous faisons la visite guidée en compagnie de notre mentor péruvien au nom russe.
Nous débutons par l’endroit de La photo que tout le monde connaît, il y a peu de monde et nous pouvons prendre de beaux clichés. Le soleil est encore caché par les hauts sommets entourant la citadelle. Nous continuons de nous élever pour pouvoir assister à la pose des premiers rayons de soleil sur les massifs verdoyants et les constructions antiques. Par la suite nous descendons pour nous introduire à l’intérieur et visiter, comprendre l’histoire de ce lieu si singulier et précieux. On passe dans les couloirs, les allées, les maisons. L’architecture y est magnifique, toutes les pierres sont posées bord à bord, sans ciment, l’irrigation et l’évacuation des eaux usées est magnifiquement pensée et encore fonctionnelle, ainsi que l’architecture en terrasse pour l’agriculture.
Quand à la vue, c’est tout simplement magnifique. Le Machu Picchu est posé sur une montagne qui surplombe une rivière et encadré de sommets qui ont cette forme très caractéristique de pics vertigineux. Deux heures d’information sur le site mais aussi sur la démonstration qu’il y a beaucoup d’inconnu concernant ce vestige prodigieux. Et puis nous sortons, il y a un chemin qui poussent les touristes vers la sortie un peu comme un magasin suédois bien connu. Nous faisons tamponner notre passeport d’un magnifique cachet du parc et rentrons pour une dernière, seuls cette-fois ci. Nous nous baladons et prenons de la distance afin de voir que la cité est imbriquée dans cette jungle d’altitude, même de loin ce paysage est incroyable. En revenant nous parcourons, accompagnés de nos deux potes Belges Morgane et Harry, les lieux non visités lors du premiers passage. Mais le temps file et nous devons redescendre pour prendre le bus de 15h.





Vu et revu des milliers de fois en photos on peut vous assurer que si vous allez au Pérou il ne FAUT PAS louper cette visite.
Comme nous avons les genoux bien chauds, nous finissons la matinée par une descente à pic de ces presque deux milles marches, pour foncer à Hydroeléctrica et manger un bon repas mérité !
Une fois le déjeunons englouti, nous grimons dans le bus en direction de Cusco pendant six heures. Ce voyage est long, le temps passant lentement car nous ne réussissons pas à dormir. Il faut souligner que le parcours est encore chaotique et que le conducteur aime la vitesse, augmentant notre peur. Finalement, nous arrivons vers 21h à Cusco, nous mangeons, nous nous douchons et nous couchons lessivés… mais avec des milliers d’étoiles dans les yeux. Ces cinq derniers jours seront à jamais gravés dans nos mémoires et ce trek est fabuleux. Nous avions peur au départ de ne pas pouvoir assumer de telles difficultés mais à force de persuasion et de courage nous avons réussi. Un moment qui se glisse tranquillement dans le top trois de notre voyage, à coup sûr.
Cette aventure fut aussi humaine car tous les participants ont donné de leur énergie et de leur gaieté afin que le déroulement soit extra. Nous remercions donc Anna, Rosa, Tessa, Kelly, Isha, Maudie, Anouck, Kiki, Sofie, Morgane & Harry, Thomas, Mark, Martin et Tom. Bon vent à tous en espérant que vous aimerez les français maintenant ;)
Cusco JOUR 212, 213 et 214 :
Ce mercredi 23 mai est un jour de repos bien mérité pour nous. Nous allons à l’agence redonner les sacs prêtés pour le trek et partons boire un verre dans le pub le plus anglais de Cusco. Encore un super moment où nous prolongeons la soirée jusque tard dans la nuit dans une discothèque du coin.
Le jour suivant est difficile, surtout pour Sam, qui s’est couché tôt le matin même. Encore une journée placée sous le calme et l’actualisation du carnet de voyage. Nous prenons le temps de voir Muriel la sœur de Mo ainsi que son cousin et son papa. Apres des jours de risques en montagne et en jungle cela fait du bien. Nous validons aussi notre départ vers Lima, la capitale du pays, où nous serons logés par Morgane ( encore une c’est fou ! ) que Sam connaît depuis son boulot dans l’animation à Nantes.
Le lendemain, nous bouclons nos « mochilas » et restons à travailler sur le pc : photos, vidéos et écrits sont mis à jour pour votre plus grand plaisir. On l’espère.
Lima JOUR 215:
Nous arrivons dans la capitale péruvienne en début d’après-midi et vingt deux heures de voyages, rien que ça ! La ville a l’air gigantesque et nous continuons de progresser dans les entrailles de cette mégalopole ou hurlent les citadins, foncent les voitures dans tous les sens et où grondent les klaxons toutes les deux secondes : nous sommes les bienvenues en ville. Et oui cela fait plusieurs semaines maintenant que nous visitons des cités à taille humaine : centres historiques et coloniales tranquilles et paisibles. Mais là, en cet instant, nous sommes bouleversés. Nous demandons à un taxi de nous emmener vers notre destination mais elle est trop loin pour lui. Le second refuse aussi mais pas le troisième, nous sautons dans le véhicule rouge et c’est parti pour une bonne demi heure de route ! Cette ville qui compte quasiment 9 millions d’habitants est toujours en circulation, peut importe l’heure du jour ou de la nuit.
Mais nous arrivons à bon port et sommes reçus par Morgane. Elle vit ici depuis deux ans et demie, avec son compagnon Fernando. Sam l’a connaît depuis l’époque ou il travaillait dans l’animation sur Nantes. Nous nous posons et discutons autour d’une bonne bière fraîche pendant un bon moment. C’est sympa d’échanger sur ce que peut-être la vie ici et l’adaptation que cela demande. Fernando arrive et sert un bon cocktail à base de gin, de mangue et d’épice à Sam. Le programme de la soirée est trouvé : cinéma en anglais sous-titré espagnol ! Nous grimpons dans la voiture et arrivons dans un grand centre commercial pour finalement pénétrer dans la salle obscure. Le film démarre, un dérivé de la saga Star Wars, Han Solo, avec en prime des sièges qui bougent et qui vibrent à chaque action. Impressionnant ! Mo, qui n’a rien suivi à cette série de film, a du mal à rentrer dans l’histoire et lorsque Sam penche la tête, il l’a voit en train de ronfler dans la salle… Elle a adoré ce long métrage ! Ensuite nous mangeons un ÉNORME bout de poulet, rentrons vers leur appartement et nous couchons lessivés, cela va faire du bien de dormir allongé.
Lima JOUR 216 :
Nous nous levons vers dix heures, quel plaisir de prolonger la nuit de telle manière. Nous prenons notre temps et joignons la mère de Sam, pendant que nos hôtes sortent manger en famille. Ensuite nous partons nous aussi déjeuner non loin de là mais en ce dimanche 27 mai, nous ne faisons pas grand-chose. Le soir est tranquille, nous jouons tout de même au fameux « Jenga » et ses petits bâtons de bois à enlever et remettre sur la tour initiale. Rires assurés. Finalement, Morgane et Fernando travaillent le lendemain, enfin, tous les deux se lèvent tôt car Fernando révise un examen important.





Lima JOUR 217 :
Aujourd’hui, grande motivation pour nous avec comme programme la visite du centre et de musées. Vu la taille de la ville, ce sera bien assez et si nous pouvons faire plus on avisera. Nous nous élançons sur l’apprentissage des transports à Lima. Vous allez comprendre que ce n’est pas une mince affaire. Au démarrage, tout va bien, nous trouvons facilement notre bus après avoir demandé aux locaux qui bien gentiment nous aident. Même en sortant, un homme en jogging bleu, queue de cheval et lunettes posées sur le crane nous oriente vers la « Plaza de Armas » tout près.
Nous le remercions et avançons dans les larges et bruyantes rues de la capitale pendant une dizaine de minutes et arrivons sur cette fameuse esplanade qui nous fait du bien. Elle nous rappelle les autres villes, Ariquepa et Cusco ( notez que l’on peut écrire les deux, Le « s » est semble-t-il préféré des péruviens). Architecture coloniale, couleurs variées, arbres en nombre et cerise sur le gâteau, la relève des gardes présidentiels. Nous ne serions pas venus pour ça mais étant présents à ce moment, nous avons profité pour observer.
Par la suite, nous partons manger dans un resto recommandé dans notre guide touristique. Nous pénétrons à l’intérieur, après avoir cherché l’enseigne quelques instants, et sommes surpris par la décoration typiquement… parisienne !Et oui cela nous fait penser aux bistrots avec ce bois, ce bar gigantesque et l’atmosphère qui y règne.
Nous regardons la carte et sommes étonnés des prix ne reflétant pas du tout ce qui était indiqué sur le « lonely ». Mais nous sommes là, donc nous commandons.
En sortant, nous nous sommes régalés : sandwichs typiques, ceviche mixte énorme et avocat rellena langoustine. Bref, un poil cher mais délicieux.
Pour continuer nous visitons un monastère et des catacombes. La découverte est rapide mais complète et en espagnol s’il vous plaît !
Lorsque nous nous engouffrons dans les catacombes c’est un spectacle mortel. Mais suffocant, quoique, nous serions bien restés plus de temps à arpenter les couloirs interminables de l’antre. Maglré notre plaisir, nous devons revoir la lumière du jour en abandonnant cette galerie pour un autre type. En effet, nous nous dirigeons ensuite vers le musée Larco. On peut vous spécifier que ce n’est pas une mince affaire pour y accéder à pied mais nous avons réussi. Bon, d’accord, nous avons grimpé dans un taxi- fort heureusement- et sommes arrivés à destination.
Le musée Larco est l’un des principaux musées de Lima. Fondé par l'archéologue péruvien Rafael Larco Hoyle, il présente de nombreuses pièces d’art précolombien. Principalement connu pour sa collection mochica, sa compilation de plus de 45 000 œuvres de natures variées (sculptures, textiles, céramiques, bijoux et métaux) couvre près de 4 000 ans d’histoire et de nombreuses cultures, notamment cupisnique, lambayeque, virú, chimú et inca. Le musée Larco est aussi l’un des rares musées au monde à ouvrir les portes de son dépôt au public. De plus, son extérieur est somptueux, un jardin possédant de nombreuses plantes et fleurs toutes plus belles les unes que les autres. Nous repartons en bus, le trajet est chaotique puisqu’on nous oublie. [A chaque fois, nous demandons de nous signaler nos différents arrêts et dans la majeure partie des cas, les locaux conducteurs et/où contrôleurs nous indiquent gentiment le moment opportun pour descendre du bus… et bien pas ce coup-ci]. Mais bien aidés par des Péruviens, notamment un qui descend avec nous, nous regagnons l’appartement de nos hôtes après trois quart d’heure de marche.
La soirée est paisible en contradiction avec la folie de cette ville, ça ne fait pas de mal.
Lima JOUR 218 :
Miraflores, Barranco, vous connaissez ? Non, et bien venez découvrir avec nous ces deux districts de Lima. Nous ne décollons pas de bonne heure, une fois n’est pas coutume et montons dans un bus direction le quartier des affaires, classe et des boutiques : Miraflores. Mais avant nous visitons le marché de Surquillo qui nous semble bien ridicule comparé aux marchés Boliviens, à Sucre par exemple. En arrivant à Miraflores, le constat est cinglant, oui c’est un quartier plus aisé et bourge. Mais nous ne rechignons pas à déambuler au milieu des parcs et nous nous posons dans une sandwicherie classe du coin. Des casses-croûtes de luxe à bon marché dans une enseigne rappelant les fast-foods mais chic. L’idée, après ce bon repas est de flâner dans ce lieu tout en se dirigeant vers Barranco, le coin des artistes, des graffs’ et des photos. Après avoir erré durant un long moment en longeant le Pacifique que l’on retrouve après des semaines, nous passons un pont et débarquons dans le quartier. Au départ c’est, comment dire… quelconque. Mais en s’avançant dans les méandres des minuscules ruelles, nous en décelons les beautés et le caractère bohème. Finalement c’est pour Sam le district le plus charmant de tout ce qu’on a pu voir ici. Mo, hésitante au départ se laisse conquérir et nous nous abandonnons dans cet ambiance décontracte et artistique.


Mais l’heure tourne et le temps passe. Il nous faut rentrer, déjà. Insistants et confiants, nous empruntons de nouveau les services de bus pour une vraie réussite comme on les aime. Grace à l’aide, il faut l’avouer d’une excellente application fonctionnant hors connexion, nous arrivons chez Morgane et Fernando une heure après, tel des locaux péruviens connaissant la mégalopole sur le bout des doigts. Le soir, nous mangeons un super repas typique : Thaï ! C’est succulent et travaillé à l’aide d’ingrédients spécifique et des goûts péruviens. Un délice.
Lima JOUR 219 :
« Nous aimons le bus, le bus nous aime aussi » C’est la réflexion que l’on se fait en partant en direction de « Patchacamac » cité archéologique à une quarantaine de minutes de Lima !
Nous sommes maintenant de vrais professionnels du réseau et c’est de l’économie d’énergie. Nous voila donc embarqués dans un mini-van, dans lequel on est monté sous un pont sur la quatre voie, on aime l’Amérique du Sud. A l’arrivée, nous payons l’entrée au site et au musée.
Nous pénétrons dans les murs bétonnés de celui-ci et commençons la visite des 1 000m², qui en font le plus grand de la côte centrale péruvienne. De l’ancien musée, construit en 1965, il ne reste plus que les fondations, réutilisées pour la construction de ce nouvel édifice d’architecture moderne.
En plus de la collection de 277 pièces préhispaniques, dont le fameux totem en bois de Pachacámac, haut de plus de 2,30 mètres, le musée possède désormais un auditorium, plusieurs salles de recherches archéologiques, un restaurant et une boutique. Encore une possibilité pour nous d’en apprendre plus sur le passé des différentes civilisations historiques péruviennes.



Ensuite nous commençons à découvrir l’extérieur et un site incroyable. Sous ce temps bruineux, nuageux, gris et suspicieux, nous avançons dans un décors de science-fiction. Au loin, la ville de Patchacamac nous apparaît enfoncée dans les dunes où des lampadaires jaunâtres, créent un faisceau lumineux qui contraste avec cette opaque nébulosité. Le vent soufflant fait glisser les nuages dans ce ciel turbulent et inquiétant alors que l’on discerne au loin les rouleaux du Pacifique se briser sur la plage.
On s’attend à voir un vaisseau s’élever au dessus de nos têtes ainsi qu’un stormtrooper ou un répliquant nous courir après. L’effet est renforcé par ce terrain sableux, ancestral et savant. Réellement, on se croirait dans un roman de Philip K. Dick. Pendant de longues minutes notre imagination est mise à rude épreuve mais nous reprenons nos esprits et circulons tranquillement sur l’aménagement pendant deux heures environ.
Le site archéologique de Pachacamac, situé à environ 30 km de Lima, présente des ruines allant de la civilisation Lima (200-600 après Jésus-Christ) aux Incas (1450-1530). Ce lieu regroupe plusieurs constructions imposantes et révèle une ville qui occupa à différents moments dans le temps les fonctions de centre religieux, de carrefour commercial et de centre administratif. Ce parc archéologique s’étend sur 460 hectares et comprend plus de 50 structures architecturales dont la plupart sont faites de pierres et d’adobes. Une claque et une visite calme à l’abri des touristes.
Finalement, enjoués, nous faisons le chemin retour et rentrons nous poser dans l’appart’ de nos hôtes.
Le soir, nous jouons au « Love Letter » jeu mythique de notre voyage qui commence à s’user fortement. Fou rire garanti, mauvaise foie constante et suspicion de triche, bref une partie comme on les aime qui se termine sur une égalité rassurant tout ce petit monde.
Lima JOUR 220 :
Aujourd’hui c’est plus calme. Cette ville, définitivement immense, est stressante et nous voulons oublier ses klaxons, ses hurlements et ses mouvements incessants. Nous faisons nos sacs afin d’anticiper notre départ ce soir pour Huaraz et une altitude certaine dans la Cordillère blanche. Nous faisons un bref tour, mangeons et rentrons.
Avant de changer de cap, nous prenons l’apéro, dévorons de très bon morceaux de poulets tel des ogres, en jouant de nouveau à notre jeu fétiche. Puis, le temps est venu de partir vers le terminal de bus. Là-bas, c’est un bordel sans nom où les véhicules partent avec une heure de retard. Tant bien que mal, nous arrivons à nous enregistrer et grimpons dans l'auto-car. Nous dormons comme on le peut une partie de la nuit.

Nous remercions fortement Morgane et Fernando pour leur générosité et leur accueil. Lima nous a semblé rempli de contradictions mais il fut difficile pour nous de l’aimer après avoir rencontré d’autres capitales au charme plus ancré. Bien sûr, l’ambiance grisâtre, le quartier de Barranco et la gastronomie nous ont fait passer de très bons moments mais nous n’avons pas tellement apprécié cette mégalopole trop bruyante pour nous.
Huaraz JOUR 221 :
Bien conseillés par les deux M, qui ont une grosse avance sur nous maintenant puisqu’elles sont en Équateur, nous nous rendons dans la même auberge qu’elles, et retrouvons Anne qui séjourne ici depuis peu. Nous rencontrons foule de Français mais aussi un Australien et mangeons un petit déjeuner offert par la maison. L’accueil est parfait ! Nous profitons ensuite des terrasses et du panorama exceptionnel : tout autour de nous s’élèvent des pics enneigés aussi beaux et blancs les uns que les autres. Mais le trajet nous a taclé ! Nous nous reposons afin de nous ré-habituer à l’altitude.
Huaraz JOUR 222 :
Sam traîne des pieds. Même pour monter les trois étages et gober son petit dej’. Au retour de celui-ci nous mettons le temps afin de partir parcourir la ville. Celle-ci n’est pas belle et pour cause. Elle fut rasée par un séisme en 1970 et reconstruite comme les locaux le pouvaient donc sans grand moyen. Nous admirons tout de même la place des armes et patientons, galérons encore dans les banques. Au Pérou c’est difficile de retirer et les banques sont surpeuplées, surtout un samedi. Après cet épisode et sous les conseils avisés de Mo, nous mangeons dans une bonne auberge dont le style et la décoration sont superbes. Finalement, nous faisons des courses pour demain, réservons un trek de six heures et rentrons travailler sur l’organisation des prochains jours et sur le site. Nous ne ressortons que rapidement dans la soirée pour avaler quelque chose. Demain nous serons debout à 4h30.

Huaraz [Laguna 69] JOUR 223 :
Pas beaucoup dormi, c’est dans cet état que nous arrivons devant la porte de l’hostel pour filer vers le trek prévu aujourd’hui. 5H10, nous décollons pour deux heures de route environ. Le temps pour tous les passagers de finir leur nuit.
Peu avant notre destination, nous nous stoppons pour avaler un petit déjeuner payant. Mais nous avons prévu le notre et repartons. Le guide commence alors son speech en mode prof sévère et interroge les touristes en les provoquant un peu.
Humour, dérision ou sérieux ? Nous ne savons pas mais n’apprécions pas forcément son approche vis à vis du groupe. Il y a encore un peu de distance à établir avant de démarrer la rando alors que nous constatons que la pluie commence à tomber… Nous nous armons de nos k-ways et attaquons.
Nous dévalons un pente afin de réellement amorcer cette première partie où nous marchons en plaine. L’altitude est de 3800 mètres et nous gambadons de belle manière. Les cascades fines mais d’une hauteur impressionnante nous entourent alors que la nuée nous bloque la vue d’ensemble. Mais, confiants sur les changements rapides de temps ici, nous abordons la difficulté initiale de la journée. Cela monte tranquillement et par instant un peu plus mais ce n’est pas le plus compliqué. Non, la pluie et le vent, par contre, deviennent au bout de dix minutes de vrais contraintes que nous ne connaissons guère depuis le début du voyage.
En effet, nous sommes plutôt chanceux de n’avoir eu que trois heures de mauvais temps en sept mois de trek en tout genre. C’est sur ces pensées positives que nous enchaînons les obstacles, satisfaits de nos vêtements car résistants et confortables.
Chacun son tour nous voyons un premier lac, le 68, qui est le départ d’une nouvelle plaine entourée de sommets que nous n’arrivons pas à distinguer, la faute à cette épaisse couche de nuages présents, même dans la vallée.
Après cela nous affrontons le dernier segment, pour arriver au fameux « Lac 69 », qui est une artère courbée en lacet où nous sommes, quelquefois, secoués par les rafales de vents. La pente est raide et le souffle commence à être difficile à trouver. Mais nous y arrivons à dix minutes d’intervalle en espérant que le brouillard posé sur l’étendue d’eau limpide s’efface. Mais que nenni, en patientant une heure autour de cette lagune, nous ne pouvons contempler les pics qui normalement côtoient ce bassin. Fort heureusement, Clément, un français de l’auberge, nous réchauffe les cœurs et le corps avec un bon maté, cela faisait longtemps ! Par contre, le froid nous immobilise. Les mains et les pieds commencent à se durcir et nous préférons entamer le retour.
C’est beaucoup plus facile, nous dansons sur les cailloux en doublant foule de personnes sur le sentier. Nous discutons aussi de nos ressentis après 7 mois de vadrouille, et l’on se dit tous les deux que nous avons évolué. En restant les mêmes bien sûr mais en sachant que nos priorités ne seront sûrement pas identiques qu’avant cette aventure hors du commun. Nous philosophons aussi sur notre mode de vie rangé dans la routine de nos activités professionnelles et personnelles. Un bon moment d’échange et des dépenses physiques le tout bien arrosé de cette ondée qui ne s’arrête plus.
Finalement, nous arrivons à 13h45. Nous sommes contents de notre performance puisque nous n’étions pas en forme en commençant. 2H pour grimper dans ces conditions et une heure et demie pour descendre, cela nous convient parfaitement. Nous rentrons dans le car, au chaud, et mangeons nos sandwichs tout en nous reposant et en faisant sécher nos affaires comme nous le pouvons. Lorsque les derniers arrivent, le conducteur du bus fait ronronner le moteur et nous décampons au plus vite, il y a deux heures et demie de route pour le retour.
Nous arrivons à Huaraz à 18h30 et, épuisés, nous filons directement manger une bonne pizza avant de rentrer, se doucher chaudement et de dormir une nuit complète.


Huaraz JOUR 224 :
Nous réservons auberges et transports pour les prochains jours afin d’en connaître plus du pays et notamment le nord. Nous écrivons aussi les dernières nouvelles et publions le site comprenant des modifications puisque nous allongerons le voyage jusqu’en Colombie !
Trujillo [Huanchaco] JOUR 225 :
Nous débarquons sur la côte accompagnés de la pluie. Nous roulons dans l'automobile blanche, où le chauffeur de taxi peu bavard fonce sur l'asphalte abîmée par le temps. Nous constatons ce que nous avions déjà vu : la côte Péruvienne est abandonnée et délabrée. C'est dommage au vu de l'espace et des beaux rouleaux qui se forment sur la plage. Une fois entrés dans l'auberge, nous nous reposons dans une chambre de substitution et partons rejoindre Anne à deux pas d'ici pour visiter le centre ville de Trujillo. Nous grimpons alors dans un colectivo, un mini van où nous nous entassons mélangés aux locaux. Notre camp de base se situe à Huanchaco à environ quinze minutes de voiture. Ce sera un poil plus long en bus avant d’approcher de la fameuse place des armes, encore une. Elle est jolie mais moins belle que celle de Cusco par exemple. Nous avons faim et pénétrons dans un resto situé sur la place afin de grignoter quelques sandwichs. Une fois notre repas englouti, nous errons dans l'ultra centre en se disant que ce n'est pas la plus belle ville que nous avons vu. Pas résignés pour autant, nous déambulons tous les trois pendant plusieurs heures ,Sam recherchant du yerba mate. Mais il ne trouve pas son sésame, ici c'est la coca et non le yerba. Finalement nous rentrons contents d'avoir découvert cette cité côtière mais fatigués de l'enchaînement des événements.
Finalement, nous rentrons au bercail, Mo est exténuée et s’effondre sur le lit à 19h. Sam regarde un film mais ne tarde pas no plus, cela nous fera du bien de recharger les batteries.
Trujillo JOUR 226 :
Mo a fait le tour de l’horloge et même un peu plus ! Régénérés, nous sommes motivés pour attaquer cette journée. Sur la côte pacifique lors de cette saison c'est couvert mais est-ce tout le temps le cas ? Non, nous répondront les locaux surpris, eux aussi, du climat. Nous ne nous décourageons pas pour autant et filons vers le temple de la Luna y del Sol. Nous mettons un sacré moment à parvenir à ces temples tant les circuits de bus sont incompréhensibles et aléatoires, si bien que nous arrivons sur place deux heures après (alors qu'il faut trente minutes en voiture logiquement). La Huaca de la Luna en terme Quechua, est un temple construit à l’époque de la civilisation Moche avec une utilité de culte.

Quasiment tout est calculé, élaboré et pensé : le lieu religieux, l'architecture qui grandit et s'épaissit avec le temps mais aussi les couleurs représentatives.Tout colle, les animaux et le sens fort en significations. Les bâtiments sont élevés et travaillés méticuleusement et de manière évolutive. Il faut signaler que les deux temples sont actuellement séparés par un terrain vague qui n'en était pas un à l’origine : la ville était placée ici. Comme si les édifices, lieux de cultes ou politiques, étaient les limites et le but ultime des habitants vivant ici dans cet espace infiniment grand. Lorsque nous posons les pieds sur ce sable jaunâtre, nous avons dévalé les hauteurs du sanctuaire, nous nous rendons encore plus compte de l'impensable. Les dimensions, fortes en altitude, nous laissent bouche bée ! La visite se poursuit, en français, et nous prolongeons, réjouit de ces nouvelles découvertes.
En rentrant, nous longeons la mer en observant la partie côtière de Huanchaco. Demain, nous prendrons encore un bus pour découvrir une nouvelle région du nord-Pérou.
Trujillo JOUR 227 :
Déja le départ ! Avec le temps qui passe, cela devient de plus en plus contraignant de déballer nos affaires et de les remballer. Nous avons parcouru environ trente trois mille huit cent quatre vingt treize kilomètres depuis quasiment huit mois en changeant de lieux tous les trois jours en moyenne. Le voyage au long court est une vraie péripétie. Une de celles incroyablement positives que nous n’oublierons pas mais c’est une charge physique et mentale très intense. Nous patientons à l’auberge et filons vers le nord du pays dans un bus de nuit.
Chachapoyas JOUR 228, 229 & 230 :
228 : Vendredi 8 juin, déjà ! Au petit matin et encore endormis, nous n’avons pas l’adresse de notre nouveau domicile. Les applications sur le téléphone, c’est pratique mais quand cela fonctionne. Nous demandons ici et là et deux heures après, nous débarquons dans notre hostel pour quatre nuits.
Nous récupérons une chambre, nous reposons un peu et bondissons dans nos souliers afin d’arpenter ce village. C’est charmant, plus calme que d’autres villes mais en travaux. Nous nous baladons pendant un moment, cassons la croûte et rentrons.
229 : En ce samedi, Sam est crevé et n’a pas beaucoup dormi, nous nous accordons une journée « off », contactons nos proches et bullons. Cela fait un bien fou.
230 : Le lendemain est identique. Ces derniers jours sont connus de notre part, Il y a de ces moments, incalculables où, malgré-vous, vous ne pouvez pas vous activer, comme si votre corps vous disait « stop » ! C’est le cas de Sam qui reste tranquillement dans la chambre pendant que Mo gravit les différents miradors de la ville. Dernier jour de repos et de recharge des batteries avant de reparti pied au plancher, il ne faut pas non plus s’écouter trop longtemps et s’activer afin de retrouver la forme et l’envie.


Chachapoyas : JOUR 231 :
Aller, on se motive ! Nous traçons, accompagnés du responsable de l’auberge, vers le mini-bus qui nous amènera vers la grotte de « Quiocta » et les sarcophages de « Karajia » ! Il y a un peu de route pour y parvenir et nous enfilons des bottes avant de pénétrer dans la cavité. Cela nous semble étrange, et oui nous n’en avons jamais porté lors de ce type d’excursion en France. Une fois arrivés sur le site, nous descendons quelques marches et, armés de lampes torches, nous entrons dans la sombre grotte non illuminée ! C’est comme ça ici, nous marchons quelques pas lorsque le guide nous demande d’éclairer en direction de la voûte au-dessus de nos têtes. Nous exécutons et voyons une colonie de chauves-souris ! Ce n’est que le début. Nous saisissons aussi l’usage des bottes car nous évoluons dans une boue collante et marchons dans des flaques d’eau assez profondes par épisode. Nous nous engouffrons largement dans cette vaste et insaisissable tanière.
Les stalactites et stalagmites sont présentes comme habituellement dans ces types de visites. C’est l'une des grottes les plus célèbres du pays : Quiocta. Avec une longueur d'environ 600 mètres, des plafonds très hauts et sept pièces. A l'intérieur on peut voir des peintures rupestres, des restes humains, des céramiques et certains ustensiles qui indiquent que la grotte a été utilisée par des groupes de la culture Chachapoyas pendant longtemps. Nous circulons une bonne heure dans l’antre avant de ressortir charmés de cette exploration.
Il est alors l’heure de l’almuerzo ! Nous dévorons, une fois n’est pas coutume, un bon poulet en deux temps, trois mouvements avant de repartir de plus belle. Le conducteur manie de belle manière son véhicule et nous arrivons au départ d’une petite balade afin d’apprécier des sarcophages dans les roches. Aussi fou que ça puisse paraître, nous descendons une vingtaine de minutes pour nous retrouver dans une vallée et contempler ce spectacle. Ils sont là, des cercueils debout enfoncés dans la falaise à la pierre jaune pale. Il y a trois emplacements et ils sont situés à plus de quinze mètres de haut, impressionnant ! Comment ont-ils été installés ici ? Nous n’avons pas la réponse, le mystère perdure.
Ensuite nous rentrons lors d’un voyage qui restera dans nos mémoires tant la routes, la pluie et la circulation ont été fortes. Le conducteur est même applaudi à la fin d’une descente dangereuse. Rassurant. De retour à l’auberge, nous mangeons de délicieux sandwichs, demain nous irons voir la cité de Kuelap.
Chachapoyas:JOUR 232 :
Nous slalomons entre les gouttes de pluie tout en ralliant le terminal de bus. Une fois arrivés, nous trouvons celui qui nous déposera à Nuevo Tingo pour que l’on puisse visiter Kuelap, une cité historique chachapoyas. Lorsque nous arrivons à l’accueil du téléphérique, nous sommes surpris. La construction est récente et nous nous dirigeons vers un bus qui nous dépose, dix minutes après vers la station de départ. Vingt minutes, c’est le temps qu’il faut pour arriver. C’est aussi pour ça que nous avons choisi de grimper à l’aide de la technologie. C’est très impressionnant ! L’engin, moderne et propre, nous trimbale pendant ces longues minutes en suspension. Nous traversons une vallée, descendons et remontons des flancs de montagnes. Le trajet n’en finit plus et lorsque nous éventrons un dernier nuage, nous voyons la station d’arrivée. Nous achetons nos billets et marchons pour entrer dans la citadelle.

« La cité dans les nuages » porte bien son nom. Tout autour de nous, les vallées sont indescriptibles, la pluie fine nous force à nous protéger alors que nous déambulons tranquillement dans ces ruines magnifiques. Rien à voir avec le Machu Picchu en terme de taille et d’architecture mais cette différence nous plaît et nous questionne. Des écrits nous éclairent sur les rôles et fonctions de certains bâtiments mais nous voulons en savoir plus. En rentrant nous chercherons les informations tant désirées.
Ignorée jusqu'en 1843, elle fut d'abord étudiée par des archéologues Français (Louis Langlois) et Américain (Adolf Bandelier), dans les années 1930. Kuélap fut construite par les Chachapoya entre 500 et 800 après JC – soit 600 à 900 ans avant le Machu Picchu, bâti par les Incas. Les architectes de Kuélap dirigeaient des centaines de spécialistes. Il y avait des tailleurs de pierres, des maçons et des porteurs d’eau, de pierres et de boue. Par ailleurs, il y avait une multitude d’agriculteurs dont la production servait uniquement à nourrir les travailleurs. Le site a été occupé jusqu’au XVIe siècle. Située à 3000 m d'altitude, cette forteresse est constituée de gigantesques plates-formes empilées les unes sur les autres. La première fait 20 mètres de hauteur et 600 mètres de long et est orientée dans un axe Sud/Nord. Deux autres plates-formes andènes suivent la première.
Ces élévations supportent presque 400 constructions de forme majoritairement cylindrique. Certaines de ces constructions sont décorées de frises d'yeux ou d'oiseaux unis, qui font le tour de l'édifice. Kuelap en chiffre, 7 hectares : sa superficie totale, 400 : le nombre de maisons rondes qu’elle compte environ en son sein, 3 000 : le nombre d’habitants à son apogée, 20 m : la hauteur que peuvent atteindre les murs qui l’entourent, 708 000 m3 : le volume de pierres utilisé pour construire l’enceinte de Kuélap, soit 3 fois le volume de la Pyramide de Khéops en Egypte.
Pour y entrer, il faut passer par un chemin qui se rétrécit jusqu'à ne laisser passer qu'une seule personne et qui est flanqué de deux murs de 20 mètres de haut. Les archéologues ont longtemps pensé que Kuélap était essentiellement une forteresse. Mais d’après leurs dernières études, ils viennent de déterminer que l’aspect religieux y était encore plus important. C’est pour cela qu’elle a aujourd’hui le nom de cité fortifiée.



Plusieurs gouvernements de différents pays – dont la Chine et le Japon – ont aidé à réaliser des recherches sur Kuélap. Toutefois, jusqu’à aujourd’hui, on n’a pu fouiller que 20% de la superficie. C’est incroyable qu’une telle forteresse puisse exister et que nous en sachions si peu. Il y a tellement de questions qui sont restées sans réponse – mais cela n’entretient-il pas le mythe ?
L’idée, ensuite, au retour de cette superbe visite, est de se préparer psychologiquement à un voyage de deux jours pour passer la frontière et rejoindre l’Équateur. Nous prendrons deux bus, le premier part en début de soirée, le second de Chiclayo le lendemain après midi, vous suivez ? En attendant, nous prenons les informations nécessaires sur notre prochaine étape, écrivons le carnet de voyage et nous renseignons – déjà – pour les billets d’avions retour vers la France !
Le premier voyage se passe tranquillement, nous sommes dans des sièges qui sont des lits ! Un véritable confort.
Chiclayo JOUR 233 :
Nous arrivons au petit matin dans le terminal de l’entreprise de transport péruvienne. Nous attendons l’ouverture d’un autre pour réserver nos billets vers Cuenca et visitons le centre en se promenant dans la ville. Encore beaucoup de bruit et de klaxons, une habitude au Pérou. Après avoir acheté des provisions et mangé un morceau, nous revenons au terminal.
A dix-sept heures, nous sautons dans le bus pour changer de pays. Le voyage se passe bien jusqu’au moment où des douaniers vérifient rapidement les identités des voyageurs. Mais ce n’est que le début d’un trajet des plus difficiles depuis plus de sept mois. Deux heures après, nous attendons quarante minutes à un poste de douane alors que nous passons le frontière sans encombres et vite fait. Finalement, le reste de la nuit se passera bien mais il est difficile de trouver le sommeil.
Nous quittons donc le Pérou après un mois et une semaine où nous avons avancé très vite. Cela ne nous a pas empêché de vivre des expériences dingues, de rencontrer des gens extra aussi bien locaux que voyageurs. Il nous semble que les habitants de ce pays pourraient être encore plus sociable pensant plus à l'argent qu'au vrai contact par moment. Mais la réalité de est bien présente avec une pauvreté certaine, des personnes qui se débrouillent comme il le peuvent pour vivre et le tourisme en fait partie. Entre le canyon de Colca, le Salkanty trek et le Machu Picchu, la découverte de Lima, la Cordillère blanche ainsi que Chachapoyas et son environnement tropicale nous avons vu des paysages à couper le souffle. Nous comprenons mieux pourquoi ce pays est une destination phare pour bon nombre de français.
Le Pérou s'achève déjà, voici la suite en Equateur sur ce lien !
