ARGENTINE - 3ème partie
Tandil JOUR 94 :
Nous retournons au combat en ce mercredi matin. Nacho est là pour l’occasion et c’est parti, nous mettons les mains dans la gadoue. Nous bosserons six heures à jeter, étaler et rafistoler le mur d’enduit naturel. Nous sommes contents de nous et Sylvia aussi. Nous rencontrons un jeune homme uruguayen qui cherchait à faire du volontariat. La maison étant déjà bien remplie, après avoir travaillé avec nous la matinée, il va être accueilli dans une autre famille. Au moment de ranger et nettoyer nos outils de travail, Mo se retrouve par terre ! Une planche de bois vient de lui tomber dessus. Sam se moque gentiment d’elle au départ. Il n’a pas compris ce qu’il s’était passé n’ayant pas vu la scène.
Après cette matinée très intense, nous sommes fatigués et courbaturés mais tanpis, nous puisons dans nos dernières forces, enfin surtout Sam, pour rattraper le carnet de voyage.
​
​
​
​
Tandil JOUR 95 :
Et c’est reparti pour un tour. Il n’y a pas de doute, nous allons devenir des professionnels de la boue. Notre mission du jour est de boucler le mur commencer la veille. La tâche s’annonce plus longue que prévu car nous avons les entourages de fenêtres et sorte de meurtrières créées à partir de bouteilles en verre, à faire. L’opération est plus délicate. Nous sommes tellement concentrés que nous ne voyons pas Nacho repartir.


En début d’après-midi (et oui, tout est décalé ici, nous arrêtons de travailler vers 14h00 ou 14h30), la mère de Sylvia débarque et s’écrit : « Où est la fille, elle me comprend mieux !!! » Elle veut nous expliquer que la famille est partie manger à l’extérieur donc nous devrons nous débrouiller. Pas de problème. Sam avait très bien compris, enfin il le croit… Nous cuisinons, cela fait bien longtemps, du riz et des œufs brouillés, rien de bien exceptionnel. La suite de ce mercredi est plutôt calme, nous avons bouclé notre journée sur la matinée et en plus il pleut.
Tandil JOUR 96 :
La journée s’annonce longue et difficile en ce vendredi 26 janvier. Sylvia nous avait déjà parlé la veille de ce que nous aurions à faire. Nous prenons un bon petit déjeuner avant de retrousser nos manches. Lunettes de soleil et chapeau sur la tête, c’est parti pour plusieurs heures de terre ! Et oui de nouveau. Il ne reste plus beaucoup de « barro » de prête. Il va donc falloir vider entièrement la boue restante avant de remplir l’immense trou de terre, de sable et d’eau. Pour la première étape, nous sommes obligés d’utiliser des seaux. La tâche est longue et fastidieuse mais ce n’est que le début. Nous enchaînons avec une trentaine de brouettes de terre et une douzaine de sable. La grosse difficulté étant bien sûr que nous devons creuser dans le jardin hyper sec pour récupérer la terre.
L’une des journées les plus difficiles depuis le début de notre workaway.

Tandil JOUR 97 :
Cela ne fait plus de doutes, nous avons un véritable talent ! En effet notre activité du jour sera boueuse. Nous devons finir de réparer un mur commencé il y a quelques jours par Nacho et le jeune Uruguayen .
Il y a des jours avec et des jours sans, et aujourd’hui pour Sam c’est un jour sans. Aller savoir pourquoi, ça ne marche pas comme il l’entend. Sa boue est récalcitrante alors que celle de Mo est plutôt bienveillante. Cela rend la scène plutôt comique. Heureusement les heures passant et la ténacité de Sam aidant, les choses s’arrangent, et telle une équipe de choc nous bouclons notre mur à 14h30.
Après manger vient le moment de la sieste pour nos hôtes et de l’écriture pour nous. Il faut s’activer pour publier rapidement ! Ce soir nous allons essayer de voir la famille Alodienne sur internet. Première fois en trois mois. Et demain ce sera repos ! Normalement nous allons découvrir une autre casa de barro, beaucoup plus grande à priori et finie !
Tandil JOUR 98 :
Un grand soleil nous attend à la sortie de la tente ce matin. Réveillés par le chant des oiseaux, une fois n’est pas coutume, nous nous dirigeons vers la maison. En entrant, une forte odeur de pain grillé pénètre dans nos narines gonflant notre faim. Nos hôtes, partis rendre visite à la famille, nous déjeunons seuls en se grillant donc du bon pain. Nous prenons le temps ensuite de joindre nos familles, cela nous fait du bien de les voir.
Cet après-midi, nous ne travaillons pas, et malheureusement nous ne pouvons aller voir la maison non loin de là. Nous nous asseyons donc confortablement, chargeons le PC à bloc et écrivons, mettons en page. Nous voulons terminer tout ça pour ce soir et publier des nouvelles ainsi que la troisième vidéo. Cela s’annonce très chargé !
Tandil JOUR 99 :
Nous sommes lundi 29 janvier, et dans deux jours nous repartons vers Buenos Aires. Nous avons prolongé, et pour cause, notre séjour car après les consultations des billets d’avion pour Ushuaïa nous voulons passer plus de temps ici. Gabriel part pour son concert assez tard dans la matinée pendant que nous finissons les derniers détails du « website » ! Lors des heures qui suivent nous sommes sous le choc : Sylvia dort toute l’après-midi, ne disant rien, sans aucune communication. Nous restons là, dans la pièce qui nous sert de bureau à bosser informatiquement. Un décalage se fait sentir dans nos pensées, comme dans nos attitudes nerveuses et l’incompréhension est palpable comme la frustration. Nous restons dignes et courtois mais cela aurait été court pour toi !
​
Finalement, le couteau entre les dents mais pas médisants, comprenant la situation en cet instant non bruyant mais tellement harassant ; nous partons, cultivant notre corps, en nous lavant dans la boue promptement !
​
Le repas est rapide et nous partons, au trot, dormir.
​
​
​
​
Tandil JOUR 100 (et oui déjà !) :
​
Au réveil, nous nous rendons compte que Gabriel est déjà rentré. Le programme de la journée est déjà établi. Nous devons aller au terminal de bus acheter nos billets du lendemain, cela fait déjà plusieurs jours que nous sommes en attente et Sam doit aider Gabriel à boucler le travail commencé quelques jours plus tôt à savoir l’extension du toit.
Nous attaquons très rapidement le travail, notre petit-déjeuner à peine engloutit. Pour le bus, il faudra attendre ce soir. Morgane, après avoir gentiment demander à Sylvia s’il était possible de changer d’activité, ira à la peinture aujourd’hui. Enfin nous laissons la boue de côté tous les deux. Mo s’éclate à peindre ses poutres alors que Sam trouve le temps long. Il aide uniquement à tenir les poteaux pendant que Gabi fait ses découpes.
Après quelques bonnes heures de travail, nous nous mettons à table avant de faire la sieste. Et oui il fait très chaud et Gabi nous propose donc de ne reprendre le travail qu’à 16h00, quelle bonne idée. Nous validons, mais à l’heure prévue tous nos hôtes dorment encore. Après une quinzaine de minutes, Mo se décide à y retourner. Sam lui emboîte le pas et prend un pinceau pour l’aider. L’air est calme et nous sommes de paire, on ère ici, pinceau en main, pépère sur cette terre chaude et nourricière. C’est comme quand ton frère ou ta sœur t’aide, quand t’as peur, que dans ton dur labeur qui t’écœure, tu pleures et qu’ils écoutent les douleurs et les couleurs de ton corps. Bref, nous positivons, rigolons et apprécions ce moment quand tout à coup, Gabriel appelle Samuel pour l’aider. Les deux garçons poursuivent l’extension du toit qui empêchera l’eau de ruisseler sur les murs et de l’abîmer.
Mo continue de peindre mais change d’objectif : une porte jaune l’attend et telle une canarie du fcn, elle se jette dessus ! Hésitante mais débordante d’énergie, elle se coupe le doigt voulant bien faire. Un bout de pouce en moins, ce n’était pas un coup de … du destin ! Pendant ce temps, Sam kiffe la life : il faut soulever les structures de plexi à emboîter avant qu’elles soient fixées. Tenant à peine sur son escabeau, il n’est pas loin du décès tout comme notre bon Johnny Hallyday. A l’idée d’y penser cela fait rigoler, quoi que la réalité nous dépasse même quand on est apeurer.
Le climat, alors, en décide autrement. On le voit, on le sent. Des bourrasques de vent menacent lentement. Très rapidement, les deux mecs désertent, rigolant du travail accompli mais plein de manquement. De sont côté, Mo peint les poutres en blanc, comme une réelle artiste, volontaire et déterminée.


L’air est de plus en plus frais, le climat se déchaîne. Tout le monde se retrouve dans la maison puisque la nature le décide. Nous observons notre tente d’une petite fenêtre en se disant que ce sera dur pour elle ! Pendant une dizaine de minutes nous croisons les doigts mais la réalité nous rattrape : en cent vingt secondes, la toile vacille, se penche, se plie et se couche sur le sol humide de la pampa de Tandil. Sans réfléchir, ou presque, nous sautons dans nos souliers, enfin Sam le fait, car Mo est déjà chaussée, et courrons sous une pluie torrentielle, constater les dégâts. C’est dingue. En un rien de temps, notre bonne vieille terre nature a tout inondé ! La tente n’est plus, les piquets sont sectionnés, la toile éventrée. Mais nous savons nager. Plus sérieusement, nous aimons l’eau et analysons vite : regroupons les affaires, embarquons le tout et nous verrons.
La suite est plus difficile à encaisser, lorsque nous arrivons dans la maison, nous sommes trempés, Mo encore plus que Sam, puisqu’elle a fait des allers retours pour garantir la sûreté des affaires prioritaires : personne ne nous aide. Nous sommes remplis d’eau et débordant de bonne volonté mais c’est la goutte qui fait déborder le vase. Pour nous c’est incompréhensible que l’on ne nous donne pas de coup de main. Une serviette ? Un geste ? Non. Rien. La vie nous permet d’apprendre, hein. Elle nous permet de philosopher, nous avons eu plus de deux heures pour le faire. Bien sûr, rien de grave à déclarer, juste deux épaves, pataugeant dans l’eau grisâtre et pourave mais restant braves. En regardant nos hôtes tels des zouaves, nous restons suaves mais pas esclaves de cette situation concave . Après avoir étendu nos affaires et en espérant que tout le matériel soit sec demain, nous allons nous réchauffer en prenant une bonne douche. Nous mangeons, ensuite, en ce dernier soir, tous ensemble, et prenons une photo clin d’œil de la tribu.
Tandil + trajet + BA Jour 101 :
​
Départ pour 9H00 et c’est finalement Gabriel qui nous emmène. Nous n’avons pas nos billets et espérons pourvoir sauter dans le bus de 10H00. C’est chose faite, nous nous installons confortablement à l’avant du bus, à l’étage. Première fois que nous sommes à cet endroit, c’est plutôt classe, on voit bien et il y a de la place pour les jambes. Mo dort les trois premières heures comme si c’était plus fort qu’elle pendant que Sam regarde des vidéos.
A l’arrivée à BA (Et oui, Buenos Aires a son diminutif!), encore assez loin du terminal dans le quartier Retiro, nous tombons en panne. Après 30 minutes, nous décidons de partir à la gare la plus proche afin de continuer la route puisque le dépannage n’est pas prévu pour tout suite. Nous grimpons dans un train, quinze minutes après nous montons dans le métro et finalement nous décidons d’aller à Monte Grande.
Notre hôte du couchsurfing habite là-bas, nous n’avons pas trop de nouvelles mais on se dit qu’il faut avancer et tenter le coup. Nous pénétrons dans le train et nous nous asseyons sur nos sacs alors que Sam s’endort. L’arrivée dans la capitale nous assomme véritablement. Un bon coup dans le dos, pas vu et comme si un poids énorme nous était tombé dessus. Deux semaines de calme à la campagne ont eu raison de nous. Le train nous emmène donc dans une autre ville à 45 minutes de Buenos Aires. En sortant, toujours pas de nouvelles et nous n’avons pas internet. Nous squattons alors devant une chaîne de restauration rapide et chopons enfin le wifi.
Quelques instants plus tard, Tony nous rejoint, tout c’est finalement bien goupillé. Il nous accompagne chez lui mais ne traînera pas trop car il travaille de nuit. Il habite à une vingtaine de minutes en voiture de la gare ferroviaire. Sa maison est en construction et il y a déjà une Vénézuélienne qui dort chez lui. Nous nous poserons donc dans le salon. C’est grand mais l’espace habitable est petit et au fond de la demeure dans les parties les plus sombres, il n’y a aucune fenêtre. Mais l’accueil est conviviale et nous sommes vraiment reconnaissants. Avant de partir bosser, Tony nous cuisine des pâtes avec de la viande et nous mangeons tous les trois. La soirée est tranquille et nous sommes seuls puisque la fille travaille très tard et ne rentrera que demain matin.
Monte Grande JOUR 102 :
​
En ce premier février, nous glandons. Le réveil est très tardif et nous bougeons vers 17h00 dans la ville. Nous nous baladons tous les quatre dans le centre puis rentrons pour manger vénézuélien ! Kimberley nous cuisine donc du poulet, des galettes de maïs avec des oignons, poivrons et tomates. C’est excellent. En fait, la farine de maïs est malaxée pour en faire des galettes que l’on coupe en deux afin d’insérer les ingrédients souhaités à l’intérieur ! C’est vraiment bon. Nous en profitons pour discuter de son pays. Elle ne comprend pas tout notre argumentaire car le Venezuela est au plus mal. La majorité des gens ne mangent pas à leur faim. Les aides sociales ont fonctionné un temps, dit-elle, mais ce n’est plus le cas et les gens ne se battent pas pour travailler. Elle a un discours très américanisé que nous ne saisissons pas trop à notre tour. Pour elle, c’est là-bas qu’il faut vivre, les personnes sont heureuses et la politique sociale menée est bonne. Nous lui expliquons que c’est plus difficile qu’il n’y paraît, que chez nous c’est aussi délicat mais elle n’est pas d’accord. Surprenant !
Nous buvons quelques verres et nous couchons. Nous partons demain vers midi, notre hôte à gentiment accepté de nous déposer à la gare.

Monte Grande + BA JOUR 103 :
​
L’heure argentine… Quinze heures nous décollons, Tony nous dépose et nous le remercions pour son accueil. Nous sommes tout de même mi figue mi raisin avec le couchsurfing. C’est une plateforme très intéressante, certes, mais on sent que l’échange peut parfois être intéressé. Rien de méchant dans nos propos mais nous remarquons que la volonté d’aider peut parfois avoir un côté un peu profiteur. Bref, sans en être persuadés, mais en continuant les expériences, nous observons que cela peut avoir un coté malsain et peu ouvert à l’accueil véritable.
Il nous faut à peu près deux heures pour rejoindre notre nouvel hostel réservé pour deux nuits. En arrivant, Samuel est loin d’être conquis par cette ambiance très commerciale. Après avoir déposé nos affaires nous partons faire un petit tour de quartier et surtout trouver un endroit pour manger. Nous avions repéré un petit mexicain juste à côté de notre auberge mais celui-ci est fermé définitivement. La réalité de Buenos Aires nous rattrape alors. Et oui nous sommes de retour dans la capitale, les prix sont plus élevés ! Nous tournons un peu avant de lancer notre dévolu sur un petit resto qui semble correspondre à notre budget. Et il s’avère au top !
Nous ne tardons pas ensuite à nous coucher. Il ne nous reste que deux jours sur BA et le planning est chargé !
BA Jour 104 :
​
Depuis que nous avons posé nos premiers pas dans cette cité, nous entendons ici et là qu’il faut absolument faire le bus touristique. Tous les deux réticents et novices, nous hésitions à nous dépuceler de l’activité purement commerciale où l’affluence sera excessive. Mais nous nous lançons et entrons dans le grand véhicule jaune ! Il y a deux parcours et nous voulons tout faire aujourd’hui, cela s’annonce difficile. Mais ça nous donnera encore plus de souvenirs entre ce que l’on connaît déjà et ce qu’on va découvrir. Nous nous dirigeons, pour commencer, vers le sud car nous voulons voir le quartier mythique de la Boca ! En arrivant sur place, nous sommes conquis. Ce quartier était réputé par le passé pour être le premier port de la ville.
De nombreux migrants arrivèrent ici, dans ce quartier, sans le moindre sous et se logèrent dans de gigantesques maisons de taules colorées ou s’entassaient les familles. Les couleurs vives sont le cœur de ses ruelles où les pavés sortent de terre afin de vous faire perdre l’équilibre et tomber dans les bras d’une ou d’un danseur de tango. La foule est par contre d’une densité folle et nous ne préférons pas nous attarder. Nous allons alors en direction du stade de l’équipe locale Boca Junior : la Bombonera. Stade légendaire et d’une grandeur incroyable il résonne comme aucune autre enceinte de football. Malheureusement, nous ne rentrons pas à l’intérieur. Pour Sam, c’est pour voir un match ou pas du tout. Et puis le voyage sera long et nous aurons l’occasion de voir plein d’autres belles choses. Nous remontons dans le bus jaune et enchaînons les quartiers déjà visités, sous le soleil puissant de février : Puerto Madero (le centre des affaires et l’immense parc dans la ville), Centro (le plus ancien centre commercial, l’obélisque), Recoleta (l’école de droit, la fleur d’Eduardo Catalano).
​
​
​
​
​
​
​
​
​
​
​
​
​
En arrivant sur Palermo, nous descendons pour enchaîner sur le deuxième parcours, vert, des bus jaune. Après le planétarium, nous découvrons toute une partie, inconnue jusqu’alors. Nous passons devant l’aéroport Jorge Newberry. Cela peut nous être utile pour lundi. Puis nous longeons le Rio de la Plata, ce fleuve aux courants puissant et à l’eau marron, sépare les côtes Argentines des côtes Uruguayennes. Nous sommes à son embouchure et 219 kilomètres séparent les deux pays, il est impossible alors d’apercevoir l’autre rive. Il fait partie des fleuves les plus larges du monde.
Nous continuons notre avancée dans cette partie plus arborée jusqu’à apercevoir un parc payant magnifique. D’extérieur cela ressemble un peu à un désert, nous apercevons du sable, des vieux bâtiments orientaux aux couleurs jaunes chaleureuses et une multitude de palmiers. Nous sommes tous les deux tentés de revenir découvrir réellement ce parc jusqu’à ce que l’audio-guide nous le présente : le parc de la Terre Sainte, retraçant l’histoire de Jésus.
Nous continuons donc notre tour vers le stade de River Plate, que nous n’apercevrons que de loin car un barrage de policier nous oblige à dévier notre route. Il y a une rencontre le soir et nous imaginons que cela en est la cause.
C’est assez drôle d’ailleurs car nous sentons le conducteur du bus complètement perdu. Après une bonne vingtaine de minutes, nous retrouvons enfin le fil du parcours et retournons dans des endroits déjà connus, tel que le quartier chinois ou le parc de la Roseraie. Nous bouclons la boucle en s’arrêtant visiter une galerie commerciale à ciel ouvert. En effet, ce centre a ouvert dans des anciens bâtiments d’installations ferroviaires donnant à ces commerces un charme complètement atypique. Les enseignes internationales se suivent mais ce qui amuse le plus, ce sont les nombreux foodtrucks posés un peu partout. Mo veut prendre une glace avant de retourner à l’auberge et Sam lui a envie d’un bon jus d’orange frais. Malheureusement une mauvaise surprise nous attend : nous avons perdu ou nous sommes fait voler de l’argent… Tanpis ce sera une glace pour deux !
​
Pour finir cette journée plus qu’ensoleillé où notre peau a bien souffert, nous décidons de sortir manger mexicain. Et oui, nous prenons notre revanche de la veille.

BA JOUR 105 :
​
Déjà notre dernière journée sur Buenos Aires et le programme est tout aussi chargé que la veille. Nous partons donc de bonne heure en direction du quartier San Telmo. A notre grande surprise, un énorme marché artisanal se tient tout le long de la rue qui nous emmène à notre destination. Nous prenons donc le temps de regarder les produits des différents exposants, fringue pour Mo, maté pour Sam et prenons un bon bain de foule sous une chaleur insoutenable. Nous rentrons ensuite dans « El Zanjon ».
Il s’agit d’une ancienne maison réhabilitée en musée. Lors de la rénovation des bâtiments ils ont finalement découvert que plusieurs maisons avaient été construites les unes sur les autres mais aussi qu’il y avait tout un enchaînement de tunnels souterrains à la ville. Depuis notre première arrivée sur BA, Mo veut faire cette visite. C’est donc un grand jour pour elle ! 45 minutes à parcourir les différentes pièces et quelques tunnels : la visite est très intéressante mais nous laisse un peu sur notre faim, avec l’envie d’en voir encore davantage et de se perdre dans l’obscurité de l’ancienne ville souterraine.
​
Nous repartons ensuite vers notre base de campement (même sans tente) en retraversant la marée humaine du marché. Nous reprenons le temps de nous arrêtons devant différents stands. Les vendeurs ambulants crient au milieu du chemin « agua, agua ». La chaleur est encore très pesante. Nous avons fait un seul achat sur ce parcours, lequel ? Non Mo n’a finalement pas acheté de fringues, et Sam après avoir hésité une centaine de fois n’a finalement pas pris son pot à maté non plus. Notre unique dépense aura finalement été un portefeuille pour éviter de reproduire l’épisode de la veille : ranger la monnaie, trier les billets, voilà notre nouvelle résolution.
Nous serons bientôt en Patagonie et nous pensons donc avoir besoin d’une nouvelle « carpa ». Après avoir fait plusieurs magasins spécialisés, et oui ils sont ouverts le dimanche, nous sommes très déçus… Les prix sont exorbitants ! Nous repartons donc bredouille vers le quartier de Palermo et n’ayant plus assez de temps pour visiter le jardin japonais nous décidons finalement de nous poser dans un parc voisin.
​
Ce soir, nous retournons chez Victoria, la gentille Argentine chez qui nous avons passé Noël. Nous mangeons chez elle et elle a accepté de nous héberger pour notre dernière nuit avant de partir vers l’aéroport, non loin de son appartement. Nous passons comme les fois précédentes, un super moment en sa compagnie, ainsi qu’avec Nacha et Nicholas, deux de ses amis que nous avions rencontré pour son anniversaire. Ils nous disent que nous avons progressé en espagnol : Yes ! La soirée est bon enfant, nous parlons de notre périple durant ce dernier mois, des étapes à venir et Nacha, Chilienne, nous donne pleins de conseils pour la suite. Ce sont de belles rencontres, trois personnes que nous espérons vraiment revoir.
BA + Trajet JOUR 106 :
​
7h00, le réveil pique pour tout le monde. Il faut dire que nous avons un peu tardé en se couchant à 2h00 du matin. Après avoir englouti un bon p’tit dej, nous partons en taxi vers l’aéroport national. Aucun souci pour l’enregistrement puisque nos sacs font 12 et 14,5 kilos ! Le voyage se passe bien et au fur et à mesure nous constatons que le paysage évolue. Quand nous arrivons, notre hôte nous accueille gentiment à l’aéroport ! Nous sommes subjugués par deux choses : la première, cette chaîne de montagnes d’environ 1000 m qui nous fait face avec ses sommets enneigés ; la seconde, la température, nous avons perdu un peu plus de vingt degrés.

Nous grimpons dans la voiture et elle nous présente la ville. Nous nous stoppons sur un terrain vague pour prendre les première photos où nous admirons Ushuaïa et ces pics dominant l’espace. Lors du trajet, Eve nous explique et nous montre les incontournables.
A notre arrivée dans sa maison, nous sommes accueillis par les quatre chiens de la famille. Willy le plus vieux, Rosita, une jeune femelle, Mini et Loky, le cadet. Nous rencontrons également les enfants de la maison : Sofia, 15 ans et Nara, 8 ans. Nous sommes superbement accueilli et nous discutons de plein de choses ensemble. Eve nous montre l’endroit où nous dormirons, nous avons une pièce pour nous avec la douche et les toilettes. Nous sommes ravis et nous nous plaisons, alors que nous sortons une carte afin de prévoir des activités pour les jours qui vont suivre. Le soir nous mangeons de bonnes milanesas accompagnées de pâtes et rencontrons Nelson le papa des deux filles qui rentre du travail sur le tard. Et oui il est cuisinier et finit le boulot vers minuit. Fatigués, nous nous douchons et dormons vite fait !
Ushuaïa JOUR 107 :
​
L’œil encore collant, les joues marquées par le matelas ou l’oreiller. C’est le premier réveil à Ushuaïa. En se levant nous pouvons voir la chaîne de montagnes la plus proche de la ville d’une altitude d’environ 1200 mètres pour les plus haut sommets. En étant au niveau de la mer ou presque, c’est très impressionnant.
​
Le réveil est tardif, tout est décalé ici et nous prenons un petit déjeuner très complet en échangeant simplement avec nos hôtes. Nous sommes bien ici. Cette famille est d’une générosité simple mais puissante et tout coule de source. Nous partons vers 15H00 pour le parc national de la Terre de Feu, un des premiers lieux cochés lors de la préparation du voyage.
Nous partons en voiture vers le parc et fort bien accompagnés avec Eve. Nara se joint à nous, la petite (enfin grande) de huit ans enfile son blouson rose, ses chaussures et nous roulons. Le premier arrêt est la découverte du train de la fin du monde. Pour Eve, c’est ridicule, c’est un attrape touriste. L’entrée coûte chère et le trajet n’a rien d’exceptionnel. Nous validons l’idée, elle connaît bien la région. Cela nous permet tout de même de prendre quelques clichés du train et de commencer donc notre festivals de photos et de vidéos.
L’entrée du parc est tout prêt et nous payons cinq fois le prix des locaux. C’est le cas pour tous les parc où les étrangers doivent débourser plus. Nous avons toujours cette impression bizarre de payer pour apprécier la nature mais nous nous habituerons peut-être un jour. Nous avons coché quatre points à découvrir :
​
Dans un premier temps, nous fonçons donc vers « Sanda Pampa » et nous nous rendons compte de l’espace, de la grandeur. Le calme et le vent qui secoue les arbres pendant que nous nous engouffrons, en marchant le long du ruisseau. Il y a des chemins mais nous piétinons le sol où nous souhaitons pendant que la p’tiote cueille des « calafates », sorte de groseilles. Nous sommes déjà sous le choc. Une impression difficile à décrire mais d’une puissance incroyable. Après une heure de balade et d’observation de la faune et la flore nous repartons quand nous tombons sur deux petits renards. Nous prenons le temps de décortiquer leur faits et gestes et nous amusons à les prendre en photo.
La visite continue de plus belle par cette baie qui fait face à un îlot et les sommets Chiliens enneigés. L’eau est d’une limpidité à couper le souffle mais tellement froide, ce n’est pas aujourd’hui que nous tremperons nos corps. Nous suivons le sentier de roches, le long de la mer. C’est superbe, en s'élevant, nous voyons le paysage évoluer. Nous marchons une demi heure et faisons le retour en osmose avec la nature, écoutant les bruits nous entourant. Lors des arrêts sur les criques longeant la mer, nous faisons des ricochets, jeu universel !

Ensuite, nous nous dirigeons ensuite vers le Lago Roca. Encore une merveille de nature où le sentier et l’eau nous rappelle notre bonne vieille Bretagne.
Et pour terminer, la fin de la route N°3, « Fin del Mundo » ! A 3289 km de Buenos Aires, un moment hors du temps qui nous montre à quel point nous sommes si petits dans cette immensité !
Nous sommes de retour à la casa vers 22h passés. Tout est vraiment décalé ici, nous mangeons donc vers 23h30 – 00h00, Nelson arrive. Nous prenons le temps de discuter tous ensemble puis vers 2h30 nous allons nous coucher.
Ushuaïa JOUR 108 :
​
Nous sommes le mercredi 7 février, il est 12h30 et nous prenons notre petit-déjeuner tous ensemble. Aujourd’hui, nous avons programmé avec Eve d’aller faire l’ascension du glacier surplombant la ville : El glaciar del Martial ! Mais nous ne partons pas tout de suite. Son frère David est venu rendre visite et il va finalement passé l’après-midi et garder la petite Nara. Il repart chercher son fils et nous partons derrière lui. Nous nous adaptons bien au rythme complètement retardé et partons en direction du glacier vers 16h.
Avec l'automobile, Eve nous dépose au bas de la montagne que l'on va s'empresser d'escalader. C'est assez plaisant, il fait frais, limite doux et le paysage nous offre, dès le commencement, un spectacle grandiose. Nous surplombons la ville et sommes entourés d'une végétation dense que le soleil ne franchit pas, caché, par ces épais nuages de basse altitude. Nous grimpons franchement et testons par la même occasion notre matériel adapté. C'est une réussite mais il faut pratiquer pour savoir réellement comment faire. Enlever et remettre les couches : on va apprendre à le faire et de mieux en mieux.
Deux heures sont prévues pour arriver au nez du glacier mais nous mettons un peu moins de temps. Sur certaine zone, la pente est très rude, nous sommes heureux de pouvoir souffrir. Plus on monte, plus le frais évolue en froid. Des dix, onze degrés en bas, nous sommes descendus, logiquement, à 4°. Lorsque nous arrivons à destination, Martial nous regarde, tout de blanc vêtu. Nous l’observons aussi, stupéfaits, en voyant cette épaisse couche de neige, glacée sur le dessus. En se retournant nous en prenons plein les mirettes ! La ville, éclaircie par les rayons du soleil, est minuscule.
La perspective est splendide, l'angle des montagnes descend sur la cité et l'eau de la mer est d'un bleu à couper le souffle. Mais il faut le reprendre car maintenant une autre activité nous attend : la luge ! Nous essayons, tant bien que mal, de monter sur le glacier en pente afin de pouvoir glisser. Mo essaye mais se rate, se bûche pendant que Sam se marre. Eve filme la scène hilare ! Sam tente aussi avant de vriller. Pas en veine, nous voulons tout de même y arriver. C'est chose faite quelques instants plus tard, nous glissons comme des gamins. Ensuite nous nous posons, admirant la vue, et mangeons un morceau.
Mais le froid s'accentue et de la neige commence à tomber. Voilà comment passer de 35 à 0°. Pour l'adaptation atmosphérique on en reparlera ! Nous courons donc vers la vallée, rejoindre Ushuaïa. Mais en descendant nous temporisions souvent, sortant l'appareil photo et profitant de ce qui nous entoure. Nous mettons finalement plus de temps au retour !

Ushuaïa JOUR 109 :
​
Eve a un rendez-vous et Nelson travaille donc nous passerons la journée seuls. Mais la générosité et l’adaptation de nos hôtes sont plus fortes que tout. Ils nous briffent, Nelson va nous déposer au départ de la rando du lac Esmeralda, un parcours renommé ici. Eve ou David, son frère, viendra nous chercher pour 19h lorsque nous aurons fini notre balade. Ils sont géniaux et ils font tout pour nous, vraiment adorables.
Nous partons donc pour cette rando, Sam est gêné par son tendon d'Achille mais au mental, nous poursuivons. Après un passage en forêt d'arbres séchés par la neige, nous pénétrons sur une immense plaine aux couleurs jaune pâle, marron et verte. Nous marchons sur des planches de bois fixées qui font office de chemin. Nous avons rarement vu un espace aussi interminable. C'est indescriptible. Les pics nous entourant, le vent nous percutant, nous avançons, médusés, vers le lac. Nous croisons des barrages de castors, des pierres aux tailles différentes, nous esquivons les racines des arbres penchés par le vent. C'est un sacré spectacle auquel nous assistons. En arrivant au bassin, c'est pareil mais en mieux : il est entouré de monts enneigés, l'eau est magnifique et le lieu calme nous offre un moment magique avec de gourmands oiseaux. Au retour, nous avançons à un rythme élevé mais n'oubliant pas d'apprécier. Tellement élevé que nous nous trompons de chemin. Mo veut faire demi tour tandis que Sam pense pouvoir passer. « Je n’ai pas envie de finir avec les pieds trempés » lâche Mo, mais Sam tente quand même et dès le premier pas s’enfonce de 20 centimètres dans la boue. Tous les deux hilares, nous faisons donc marche arrière.
Ensuite, David arrive et nous emmène sur des points de vues côté mer. Le vent est d'une puissance folle mais nous arrivons à prendre quelques clichés. En rentrant, nous apprécions, ensemble, un bon mate. Malheureusement, avec les travaux dans la rue, l'eau est régulièrement coupée car des canalisations sont cassées et ce soir elle n'est pas revenue donc nous grignotons. Demain c'est nous qui ferons la cuisine !
​
​
​
​
Ushuaïa JOUR 110 :
​
En se couchant vers 3h30, le rythme est différent. Mais ce n'est pas grave car nous apprécions grandement l'accueil, la communication et les échanges avec le couple et les deux filles. Nous sommes chanceux de les avoir rencontrés. Nous nous dirigeons aujourd'hui vers le port d’Almanza. Lieu sauvage à une heure de route où l'on peut distinguer Puerto Williams, la ville la plus australe du continent ! 5 degrés à tout casser en plein été, nous partons avec Nara et une amie à elle pour cette découverte. En arrivant nous observons un lieu typique resté sauvage. Ce hameau de pêcheurs est d'une simplicité magnifique. Nous nous stoppons prendre des photos, apprécions la vue et par chance, nous passons entre les gouttes et enchaînons la visite. Ici s'est posé il y des années un arbre très spécial. En effet, le vent l'a poussé vers le sol faisant de lui un banc naturel où les gens viennent photographier le paysage. Pour terminer cette escapade, nous allons un peu plus loin vers des terres historiquement indiennes. Eve nous raconte les aventures de Esteban Lucas Bridges qui donne son nom à un treck de trois jours et qui est l’écrivain du célèbre « Aux confins de la terre ».
​
Ensuite nous filons faire des courses pour la cuisine de ce soir. Mo a déjà préparé la mousse au chocolat alors que Sam veut faire des croques (madame et monsieur ! ) avec salade verte. Nous voilà aux fourneaux tout contents de régaler nos hôtes (enfin on l'espère ! ). Il y a 4 enfants, et 5 adultes donc on enchaîne les préparations au mieux. Mo, qui voulait faire autre chose en dessert, prépare des crêpes pendant que Sam s'occupe des croques. Tout ce petit monde se régale, nous sommes ravis. L'heure de la mousse au chocolat et des crêpes arrive, les enfants sont super contents. Nelson rentre après son service et apprécie tout particulièrement la salade verte et sa sauce à l’ail ! Le ventre plein et l'heure avançant nous filons au lit.
​
​
​
​
Ushuaïa Jours 111 :
​
Couchés encore plus tard, réveillés encore plus tard, c'est logique, non ? Ça va être compliqué de retrouver un rythme normal mais c'est vraiment avec beaucoup de bonheur que nous le faisons. Après avoir savourés un bon café pour Mo et Eve et un bon maté pour Sam avec Nelson, nous nous posons jusqu'en début de soirée.
L'heure pour aller voir, non loin de là, une cascade enfouie dans la forêt. En famille, nous montons une colline et au loin nous voyons des chutes d'eau. Ce n'était donc pas si loin que ça ! Mais ce n'est que le début et il faut encore s'élever pour apprécier le clou du spectacle. Nous apercevons des cabanes au sommet, tout près un bruit fort nous interpelle, la cascade finale est là tout près. Nous y accédons par un chemin pentu afin de nous rapprocher et de goûter l'eau !
En rentrant, nous sommes nostalgiques car nous devons préparer nos affaires. Le papa de Eve, “El abuelo” par en direction de Punta Arenas demain matin et il peut nous embarquer, quelle chance ! Nous grignotons et faisons nos valises. Nelson rentre du travail vers 0h30 lorsque Eve vient nous chercher : “aller, on va manger une glace ! ” Nous voilà donc tous dehors dans le froid d’Ushuaia à manger de succulentes glaces avec bien sûr la saveur “El calafate” ! Nous en profitons pour reprendre deux trois clichés et observer les sites historiques de la ville. C'est très émouvant. Arrivés à la maison de nos hôtes, la réalité nos rattrape et nous reprenons nos valises. Nous écrivons chacun un petit mot sur le mur rouge vif dédié aux couchsurfers puis transférons les photos et vidéos souvenirs.

Trajet +Puerto Arenas JOUR 112 :
Réveil difficile après trois heures de sommeil. Nous bouclons nos sacs et mangeons un morceau. Le départ est rempli d'émotion. Cette semaine restera gravée dans nos mémoires pour sûr. Nous montons dans le bolide du grand-père de Sofia et Nara. La route se passe plutôt bien, Mo conduit pour la première fois depuis trois mois et en Argentine, à l'autre bout du monde, la classe ! En arrivant à la frontière, il y a problème. Notre conducteur n'a pas de papiers en règle. Les documents de la voiture ne sont pas actualisés donc on lui refuse la sortie de territoire. Que faisons nous ? Quatre heures de route nous sépare d’Ushuaïa mais également de Punta Arenas. Après quelques minutes de réflexion, nous décidons de faire du stop. Validant la sortie d’Argentine, nous nous posons à quelques mètres du poste frontalier.
Pour la suite, direction le Chili.
Nous reviendrons en Argentine un peu plus tard...
